La cou­leur se joue des pe­tits es­paces

Ou­blié le blanc dans les pe­tites sur­faces. Op­ter pour de la cou­leur, c’est se créer un uni­vers dé­co bien à soi, avec une vraie per­son­na­li­té. Sui­vez nos conseils.

Le Parisien (Val de Marne) - - VIE QUOTIDIENNE - PAR SA­BINE ALAGUILLAUME

Quand on dis­pose de peu de mètres car­rés, on est par­fois ten­té par le blanc « pour agran­dir ». Er­reur. On ob­tient en ef­fet sou­vent l’ef­fet in­verse, avec, à la clé, un es­pace en­nuyeux et sans re­lief. At­ten­tion en par­ti­cu­lier au blanc écla­tant qui risque d’ac­cen­tuer une cer­taine du­re­té ou froi­deur du dé­cor. Si blanc il y a, mieux vaut que ce soit des ocres et blancs cas­sés, plus cha­leu­reux et ré­flé­chis­sant bien la lu­mière. Mais, avec un brin d’au­dace, lan­cez-vous dans de vraies cou­leurs qui per­son­na­li­se­ront votre uni­vers, tout en fai­sant ou­blier ses mo­destes di­men­sions.

Les tons pas­tel ont le vent en poupe, ap­por­tant de la fraî­cheur dans les pièces. Ils ré­flé­chissent bien la lu­mière. Aus­si re­po­sants pour les yeux que pour l’es­prit, les tons doux ou pou­drés sont donc par­ti­cu­liè­re­ment bien­ve­nus dans les chambres. Mais des to­na­li­tés plus pro­fondes, dans la gamme des verts, très ten­dance, des au­ber­gines ou des bruns, per­mettent aus­si de créer de vé­ri­tables écrins, très co­sy. Ce­pen­dant, comme ces teintes ab­sorbent la lu­mière, mieux vaut les ré­ser­ver, dans une pièce à vivre, à un seul pan de mur. A no­ter que ce mur fon­cé va­lo­ri­se­ra les ta­bleaux qui y se­ront sus­pen­dus. Il fau­dra de toute fa­çon plu­tôt choi­sir une cou­leur mate ou sa­ti­née, en évi­tant les pein­tures brillantes qui alour­dissent la cou­leur et donnent une im­pres­sion d’étroi­tesse.

DÉLIMITER DES ZONES

L’un des grands pou­voirs de la cou­leur dans un pe­tit es­pace tout-en-un est aus­si de per­mettre de délimiter des coins dé­diés aux di­verses fonc­tions du quo­ti­dien. Oser le jaune ou le rouge per­met de mar­quer et dy­na­mi­ser par exemple le coin cui­sine. A moins de pré­fé­rer le bleu, dont on dit qu’il fa­vo­rise la concen­tra­tion, pour le coin bu­reau. Comme un signe d’une évo­lu­tion de notre rap­port à la cou­leur, en 2018 les teintes de­viennent in­tenses, sans re­te­nue. « Je n’ai ja­mais vu au­tant de fa­bri­cants de pein­ture avec des gammes de cou­leurs aus­si ma­gni­fiques, constate Elizabeth Le­riche, di­rec­trice du bu­reau de style épo­nyme. On voit un be­soin de ré­en­chan­te­ment avec des cou­leurs joyeuses telles que du jaune mou­tarde ou du vert éme­raude. » Néan­moins, quelle que soit la teinte choi­sie, mieux vau­dra lais­ser le pla­fond blanc pour évi­ter toute im­pres­sion d’étouf­fe­ment.

MAέTRI­SER L’IN­TEN­SI­TÉ

L’in­tro­duc­tion de la cou­leur dans l’es­pace peut aus­si se faire à coup de pe­tites touches. Sur les murs, on peut ten­ter un sou­bas­se­ment. Ou des rayures. Les bandes ce­pen­dant ne doivent pas être réa­li­sées au ha­sard car elles ont ten­dance à bous­cu­ler les pro­por­tions d’une pièce. Ain­si, ho­ri­zon­tales, elles poussent les murs et confortent le sen­ti­ment d’es­pace. Ver­ti­cales, elles aug­mentent la hau­teur sous pla­fond et donnent une im­pres­sion de vo­lume.

Et puis, au-de­là de la pein­ture, il est bien d’autres moyens d’in­tro­duire la cou­leur dans les pe­tits es­paces. Sur les murs tou­jours, mais de fa­çon plus évé­ne­men­tielle ou du moins éphé­mère, on peut re­cou­rir à l’in­fi­nie di­ver­si­té des gammes de mas­king tape, ces ru­bans adhé­sifs fantaisie qui vont et viennent sans lais­ser de traces. Cer­tains sont dis­po­nibles jus­qu’en 7 cm de large. Idéal pour créer une frise sur un pan de mur. En­fin, reste bien sûr à jouer de l’ac­ces­soire, qui de cous­sins en lu­mi­naires, plaids ou ri­deaux, ap­porte, sans réel en­ga­ge­ment, des touches de cou­leur fa­ci­le­ment in­ter­chan­geables pour dy­na­mi­ser l’es­pace.

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