Quelques gestes simples pour pré­ser­ver le cli­mat

Alors que des marches de dé­fense de l’en­vi­ron­ne­ment ont lieu au­jourd’hui, cha­cun peut aus­si agir au quo­ti­dien.

Le Parisien (Val de Marne) - - LA UNE - PAR ÉMI­LIE TORGEMEN

« TOUS LES GESTES comptent », mar­tèle Vincent Ver­zat, l’éco­lo 2.0 dont la chaîne, « Par­ta­ger, c’est sym­pa », fait un car­ton sur la Toile. La star du Net, aux cô­tés d’une ving­taine d’autres you­tu­beurs, ap­pelle à une grande ma­ni­fes­ta­tion au­jourd’hui (lire ci-des­sous) en fa­veur du cli­mat. En chan­geant un peu ses ha­bi­tudes, plaide-t-il, on peut aus­si contri­buer à ai­der la pla­nète.

I UNE CÔTE DE BOEUF, VRAI­MENT ?

Même le Groupe d’ex­perts in­ter­gou­ver­ne­men­tal sur l’évo­lu­tion du cli­mat (Giec), dans son rap­port pu­blié lun­di, in­siste sur la né­ces­si­té de de­ve­nir un peu moins car­ni­vore. La pro­duc­tion de 1 kg de viande émet de cinq à dix fois plus de gaz à ef­fet de serre que 1 kg de cé­réales.

« Pre­mier cou­pable, le so­ja, qui sert à l’ali­men­ta­tion des bêtes. Sa culture en­traîne une dé­fo­res­ta­tion à grande échelle de la fo­rêt ama­zo­nienne », ex­plique Cy­rielle Den­har­tig, du Ré­seau ac­tion cli­mat-France (RAC-F). Les émis­sions de mé­thane liées à la di­ges­tion des ru­mi­nants sont éga­le­ment très im­por­tantes. « Ça a l’air far­fe­lu, mais c’est loin d’être l’épais­seur du trait. Pets et rots de ces ani­maux comptent pour 34 % des émis­sions de l’éle­vage », sou­ligne la spé­cia­liste ali­men­ta­tion du RAC-F. Pour au­tant, pas ques­tion de de­ve­nir tous vé­ganes. Mais on peut li­mi­ter les quan­ti­tés pour pri­vi­lé­gier une viande de meilleure qua­li­té, lo­cale et nour­rie d’herbe.

I AU BOU­LOT À VÉ­LO

Un tra­vailleur qui tro­que­rait le vo­lant contre un vé­lo, une trot­ti­nette ou la marche pour al­ler au bou­lot évi­te­rait le re­jet d’une quan­ti­té im­por­tante de CO2. En­vi­ron 700 kg/an pour un tra­jet de 10 km al­ler-re­tour, se­lon l’Agence de l’en­vi­ron­ne­ment et de la maî­trise de l’éner­gie (Ademe). « C’est fai­sable et ce­la re­pré­sente un gi­se­ment énorme en France, où la moi­tié des tra­jets de moins de 5 km se font en voi­ture », sou­ligne Lo­re­lei Li­mou­sin, spé­cia­liste tran­sports au RAC-F. Quant à l’avion, il fait ex­plo­ser le bi­lan car­bone. Le même par­cours en TGV émet 40 fois moins de CO2. Un al­ler-re­tour Pa­ris - New York en avion pour une per­sonne équi­vaut à un an de chauf­fage. Mais là, il faut avouer qu’il est plus dif­fi­cile de chan­ger de moyen de tran­sport… sauf si vous avez du temps. Il faut huit jours pour re­joindre New York en car­go de­puis Le Havre.

I TRAQUEZ L’HUILE DE PALME

On es­time que l’équi­valent d’un ter­rain de foot­ball de fo­rêts part en fu­mée en In­do­né­sie toutes les dix se­condes pour cou­vrir les be­soins mon­diaux en huile de palme. Or, la dis­pa­ri­tion des fo­rêts et des tour­bières est une bombe à re­tar­de­ment. Elle li­bé­re­rait l’équi­valent de la pro­duc­tion mon­diale an­nuelle de gaz à ef­fet de serre. Alors, on sur­veille les éti­quettes des plats pré­pa­rés, des frian­dises et autres pâtes à tar­ti­ner sou­vent riches en huile de palme. Et on évite au­tant que pos­sible… le die­sel. C’est peu connu, mais près de la moi­tié de l’huile de palme consom­mée en Eu­rope fi­nit en bio­car­bu­rant dans nos ré­ser­voirs.

I JE N’ENVOIE PAS DE MAILS DE CHA­TONS RI­GO­LOS

Moins im­pac­tant mais fa­cile à faire, évi­tez d’en­voyer des e-mails in­utiles. Se­lon les cal­culs de l’Ademe, un sa­la­rié qui ex­pé­die pen­dant un an en moyenne 33 cour­riels par jour (avec une pièce jointe de 1 Mo) émet au­tant qu’un au­to­mo­bi­liste qui au­ra par­cou­ru 1 000 km. C’est sur­tout le sys­tème de re­froi­dis­se­ment des da­ta cen­ters ser­vant à ache­mi­ner les mes­sages qui pol­lue.

I DITES-LE AVEC DES FLEURS… DE SAI­SON

Plus sur­pre­nant : un bou­quet de six fleurs cou­pées re­pré­sente jus­qu’à 4 kg de CO2 se­lon le lieu où elles ont été culti­vées. Tout n’est pas qu’af­faire de ki­lo­mètres; les roses ve­nues du Ke­nya sont deux fois moins émet­trices que celles culti­vées aux Pays-Bas sous serre. Il existe des al­ter­na­tives, comme celle pro­po­sée par la start-up Fleurs d’ici qui vend uni­que­ment des fleurs de sai­son et lo­cales.

Le 8 sep­tembre, Pa­ris (IVe). La pre­mière Marche pour le cli­mat avait ras­sem­blé plu­sieurs di­zaines de mil­liers de per­sonnes.

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