Cré­teil So­leil : pour­quoi les vi­giles ont dé­ser­té les portes d’ac­cès

La ques­tion a été sou­le­vée lors du conseil mu­ni­ci­pal. La di­rec­tion du centre com­mer­cial évoque, quant à elle, « une stra­té­gie ».

Le Parisien (Val de Marne) - - VAL-DE-MARNE - PAR AGNÈS VIVES @Vi­vesAgnes

DES BLOCS AN­TI-IN­TRU­SION DISPOSÉS AUX EN­TRÉES

Les ha­bi­tués de Cré­teil So­leil l’ont for­cé­ment re­mar­qué. Ces der­nières se­maines, plus be­soin d’ou­vrir son sac à l’en­trée du centre com­mer­cial. Les vi­giles ont dis­pa­ru pro­gres­si­ve­ment de toutes les portes. « Est-ce nor­mal ? Pour­tant Vi­gi­pi­rate est tou­jours là ? » a in­ter­ro­gé Gaë­tan Mar­zo, conseiller mu­ni­ci­pal du Ras­sem­ble­ment na­tio­nal (ex FN), en dé­but de se­maine en séance au conseil mu­ni­ci­pal. Après les at­ten­tats de 2015, des agents de sé­cu­ri­té avaient fleu­ri à toutes les en­trées et cer­taines portes avaient même été condam­nées. Cré­teil So­leil at­tire chaque an­née plus de 20 mil­lions de vi­si­teurs.

« C’est une dé­ci­sion vo­lon­taire de les mettre dans le centre, compte te­nu de l’am­biance ras­sé­ré­née », in­dique Syl­vie Si­mon-Deck, ad­jointe PS. C’est d’ailleurs le cas dans bien d’autres centres com­mer­ciaux. « En même temps, si une at­taque doit se pro­duire, ce­la ar­ri­ve­ra. Ce n’est pas un vi­gile à une porte qui peut l’em­pê­cher », souffle un élu. Par­mi les clients, les avis di­vergent. « Ça m’a fait drôle mais je me suis tou­jours dit que ça ne ser­vait à rien », ra­conte cette tren­te­naire. « Je ne sais pas. Avec les tra­vaux, je ne me gare ja­mais au même en­droit. De toute fa­çon, vu comme ils re­gar­daient… » glisse cette autre ha­bi­tuée. Mais pour Ra­chelle, « c’était quand même une pré­sence qui pou­vait dis­sua­der. On sait que les centres com­mer­ciaux sont une cible. »

« Est-ce une éco­no­mie ? » comme l’ima­ginent cer­tains. La di­rec­tion du centre com­mer­cial as­sure que les vi­giles sont tou­jours là. Com­bien ? Im­pos­sible de le sa­voir, pour des rai­sons de sé­cu­ri­té. « Nous avons tou­jours une équipe dé­diée, mais nous sommes pas­sés d’une pos­ture de contrôle sys­té­ma­tique à un contrôle dy­na­mique », ex­pliquent le di­rec­teur Yves Ro­meyer et une res­pon­sable du bailleur Klé­pierre. C’est-à-dire ? Les agents de sé­cu­ri­té veillent à l’in­té­rieur du centre, contrôlent les quais de sta­tion­ne­ment et peuvent vé­ri­fier l’in­té­rieur des sacs « de fa­çon aléa­toire à une porte, si la me­nace s’avère réelle ». De gros blocs an­ti-in­tru­sion ont éga­le­ment été disposés aux en­trées. Et des exer­cices sont ré­gu­liè­re­ment or­ga­ni­sés.

Une « stra­té­gie » qui a été dé­ci­dée « en toute trans­pa­rence avec la pré­fec­ture, confor­mé­ment à l’es­prit des consignes gou­ver­ne­men­tales », pour­suit le di­rec­teur. Bref, se­lon lui, ces agents « moins vi­sibles » aux yeux du pu­blic sont aus­si plus mo­biles, et donc… « plus ef­fi­caces ».

Cré­teil, mar­di soir. Les vi­giles sont dé­sor­mais ré­par­tis dans les al­lées du centre com­mer­cial Cré­teil So­leil mais ne sont plus pos­tés aux portes d’en­trée.

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