Ca­mille La­court, un fi­nal en or !

Double te­nant du titre, le Fran­çais a conser­vé, hier à Bu­da­pest, sa cou­ronne de cham­pion du monde du 50 m dos pour la der­nière course de sa car­rière.

Le Parisien (Val d'Oise) - - LA UNE - PAR ÉRIC BRUNA

Mis­sion ac­com­plie. La pe­tite Jazz, bien­tôt 5 ans, a bien ré­cu­pé­ré hier soir la der­nière pe­luche mon­diale de son pa­pa en or. Dans une ville de Bu­da­pest qui l’a vu naître à l’Eu­rope en 2010, Ca­mille La­court, 32 ans, n’a pas ra­té ses adieux au monde de la na­ta­tion. Un ul­time jet de lu­mière au cré­pus­cule d’une car­rière étoi­lée. Au terme d’une course par­fai­te­ment maî­tri­sée (24’’35), le dos­siste du CN Mar­seille a ré­sis­té au Ja­po­nais Ko­ga (24’’51), à l’Amé­ri­cain Gre­vers (24’’56) et au Fran­çais Jé­ré­my Stra­vius (24’’61) pour de­ve­nir le pre­mier na­geur de l’his­toire trois fois ti­tré sur 50 m dos aux Cham­pion­nats du monde. Le rêve éveillé après une sai­son de pré­re­traite et une fré­quen­ta­tion spo­ra­dique des bas­sins. « Je ne vou­lais pas me ra­ter sur cette der­nière, sou­rit le cham­pion du monde du 100 m dos en 2011. Il y avait beau­coup de concen­tra­tion, mais je n’étais pas stres­sé. Je n’avais pas d’émo­tion par­ti­cu­lière par rap­port au fait que ce soit ma der­nière course. J’avais juste plus en­vie de ga­gner que les autres. Et quand je vois que je suis pre­mier… là, c’est la fo­lie ! »

Sur la plus haute marche du po­dium, les yeux hu­mides, le dé­sor­mais ex-na­geur re­garde s’éle­ver le dra­peau tri­co­lore en sa­vou­rant chaque pa­role de « la Mar­seillaise ». « Avant d’y mon­ter, c’était bi­zarre, souf­flet-il. Je me suis re­fait tout le film de ma car­rière. Je suis mon­té très haut, comme au­jourd’hui, et je suis des­cen­du très bas. »

En sept ans sous les sun­lights, La­court a tu­toyé les som­mets du monde (quatre titres in­di­vi­duels), su re­ve­nir d’une tu­meur à la hanche et ra­té par deux fois l’as­cen­sion de l’Olympe. Sur­tout en 2012, où il avait tout pour de­ve­nir le sei­gneur des an­neaux avant d’échouer au pied de l’es­trade. « Mais si j’ai te­nu aus­si long­temps, c’est juste parce que j’adore la com­pé­ti­tion, sou­rit-il. J’ai eu des mo­ments dif­fi­ciles mais il y a une équipe (NDLR : à

Mar­seille) qui m’a pous­sé. Il y a une pen­sée pour Ri­chard (Mar­ti­nez, avec le­quel il a dé­bu­té à Font-Ro­meu), Phi­lippe (Lu­cas, qu’il a sui­vi à Ca­net-enRous­sillon), Ro­main (Bar­nier, ma­na­geur du CN Mar­seille) et

Ju­lien (Jac­quier, son coach au CNM). Tout ce che­min, je ne l’au­rais ja­mais fait tout seul. » Grâce au der­nier Mo­hi­can d’un âge d’or éva­po­ré, les Bleus quittent le Da­nube avec un titre (et le bronze de Me­tel­la sur 100 m NL). « On at­ten­dait Ca­mille et il a su ré­pondre pré­sent, souffle Laurent Gui­varc’h, di­rec­teur tech­nique na­tio­nal par in­té­rim. En plus, il était ca­pi­taine et il avait une double mis­sion d’en­ca­drer l’équipe et de faire sa pré­pa­ra­tion. C’est as­sez in­croyable. »

Le Nar­bon­nais peut dé­sor­mais na­ger vers d’autres ho­ri­zons avec la fier­té et le pri­vi­lège d’être par­ti tout en haut de l’af­fiche. Place au La­court pa­tron de res­tau­rant-bar-club à SaintGer­main-des-Prés et coach en en­tre­prise. « C’était beau­coup d’émo­tions, de plai­sir, lâche-t-il d’un air gour­mand, avant d’al­ler dé­fier la nuit hon­groise. Main­te­nant, je vais en pro­fi­ter ! »

TOUT CE CHE­MIN, JE NE L’AU­RAIS JA­MAIS FAIT TOUT SEUL CA­MILLE LA­COURT

LUN­DI 31 JUILLET 2017

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