Le dé­pu­té Fa­ven­nec va de­voir se sé­pa­rer de sa femme

Eloïse est son at­ta­chée par­le­men­taire de­puis neuf ans. Mais Yan­nick de­vra la li­cen­cier, c’est dé­sor­mais la loi.

Le Parisien (Val d'Oise) - - POLITIQUE - PAR DOMITILLE ARRIVET

« JE SUIS DÉGOÛTÉE de la po­li­tique. » C’est ce qu’ins­pirent à Eloïse Fa­ven­nec les consé­quences de l’ar­ticle 4 de la loi Confiance dans la vie pu­blique qui a été vo­tée à l’As­sem­blée na­tio­nale dans la nuit de ven­dre­di à sa­me­di. L’épouse du dé­pu­té de Mayenne, qui col­la­bore de­puis neuf ans à ses cô­tés à l’As­sem­blée et dans sa cir­cons­crip­tion, se­ra li­cen­ciée d’ici à la fin de l’an­née. « J’ai un vrai tra­vail, que je fais très bien et très hon­nê­te­ment. Cette me­sure est dis­pro­por­tion­née », juge-t-elle.

La me­sure en ques­tion — qui in­ter­dit à un par­le­men­taire d’em­ployer un proche sous peine de trois ans de pri­son et 45 000 € d’amende — était pour­tant très at­ten­due dans l’opi­nion. C’était une pro­messe de cam­pagne d’Em­ma­nuel Ma­cron, en ré­ponse à l’af­faire Fillon et au soup­çon d’em­ploi fic­tif de sa femme en tant qu’at­ta­chée par­le­men­taire. « C’est de la dé­ma­go­gie », peste en­core Eloïse Fa­ven­nec.

Son ma­ri, Yan­nick, qui va être char­gé de la ren­voyer puis­qu’il est son em­ployeur, n’en mène pas large. Sur le prin­cipe, ce dé­pu­té UDI-Cons­truc­tifs était plu­tôt fa­vo­rable à la me­sure qui vise à mo­ra­li­ser la po­li­tique. Il a même vo­té pour la loi. Mais lors de l’exa- men du fa­meux ar­ticle 4 sur le­quel se joue l’ave­nir pro­fes­sion­nel de son épouse, il a joué les ab­sents. « Si j’avais été pré­sent, je crois que je me se­rais abs­te­nu. Je com­prends la vo­lon­té de cla­ri­fier mais j’au­rais pré­fé­ré que l’on ré­serve cette in­ter­dic­tion aux contrats à ve­nir, re­grette-t-il.

D’au­tant que main­te­nant, entre ceux qui ont été bat­tus, ceux qui ont pris des dis­po­si­tions et les nou­veaux élus, ce­la ne concerne plus qu’une ving­taine de dé­pu­tés. Nous sommes les vic­times col­la­té­rales de l’af­faire Fillon ! »

Le couple en­rage. « J’em­ploie ma femme à mi-temps, en Mayenne et à Pa­ris. Tout ce que qu’elle fait est vé­ri­fiable. A l’As­sem­blée, elle a son badge, son bu­reau est dans le mien. En Mayenne, on la connaît. Son in­ves­tis­se­ment va bien au-de­là du mi-temps », s’in­surge le dé­pu­té. « Si mon ma­ri me de­mande un com­mu­ni­qué de presse à mi­nuit, je suis là, com­plète l’as­sis­tante. On tra­vaille en confiance, par­fois sans même avoir à se par­ler. On ne peut pas faire plus ef­fi­cace. »

Eloïse Fa­ven­nec, 47 ans, ignore de quoi son ave­nir se­ra fait. Mais elle sait qu’elle re­fu­se­ra de tra­vailler bé­né­vo­le­ment. Elle ne se voit pas non plus tra­vailler pour un autre dé­pu­té. Il lui reste son doc­to­rat de droit in­ter­na­tio­nal en cours…

« ON TRA­VAILLE EN CONFIANCE, PAR­FOIS SANS MÊME AVOIR À SE PAR­LER » ELOÏSE FA­VEN­NEC

Dans la per­ma­nence de Yan­nick Fa­ven­nec (UDI-Cons­truc­tifs), Eloïse tra­vaille sous l’af­fiche de cam­pagne de son ma­ri.

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