Panne géante gare Mont­par­nasse, des mil­liers de pas­sa­gers pié­gés

En plein chas­sé-croi­sé des va­cances, une panne a pa­ra­ly­sé hier la gare Mont­par­nasse et le re­tour à la nor­male du tra­fic des TGV s’est fait at­tendre toute la jour­née. Re­por­tage.

Le Parisien (Val d'Oise) - - ÉCONOMIE - PAR RÉ­MI BALDY ET GAËL LOM­BARD

SCÉ­NA­RIO noir sur les rails des va­cances. En plein week-end de chas­sé-croi­sé entre juillet­tistes et aoû­tiens, un pro­blème élec­trique dans la nuit de sa­me­di a blo­qué hier la gare Mont­par­nasse à Pa­ris. A l’ori­gine de cette pa­gaille, « une panne du sys­tème de si­gna­li­sa­tion en gare Mont­par­nasse qui com­mande plu­sieurs cen­taines d’ai­guillages », a ex­pli­qué un porte-pa­role de la SNCF.

Dès le ma­tin, au­cun TGV ne pou­vait ar­ri­ver ou par­tir de la gare, la SNCF ayant choi­si de « pri­vi­lé­gier la sé­cu­ri­té ». Beau­coup d’usa­gers ont dé­cou­vert la mau­vaise nou­velle sur place où les voya­geurs ont conti­nué de se pres­ser dans la ma­ti­née, va­lise au bout des bras, sous les ta­bleaux d’af­fi­chage… tous éteints.

Près des quais, la si­tua­tion est ra­pi­de­ment de­ve­nue ex­trê­me­ment confuse. Les agents SNCF ont été pris d’as­saut par des vagues de voya­geurs en quête d’ex­pli­ca­tions. Dans le chaos am­biant, la des­truc­tion d’un co­lis sus­pect en fin de ma­ti­née est même pas­sée qua­si in­aper­çue.

Après être al­lés en vain à la pêche aux ren­sei­gne­ments, Lio­nel et sa pe­tite fille ont dû prendre leur mal en pa­tience. « Des agents nous ont dit d’at­tendre ou de chan­ger nos billets », ex­plique ce re­trai­té de 60 ans qui de­vait prendre un ba­teau à 16 heures de Lo­rient (Mor­bi­han) pour l’île de Groix.

Plus loin, Joa­chim et Anne ont l’air un peu per­dus. Le couple de tren­te­naires re­vient de deux se­maines en Ma­lai­sie. « Nous ve­nons d’at­ter­rir à Or­ly et nous de­vions prendre un train pour ren­trer à Bor­deaux », ra­content-ils. « C’est une mau­vaise sur­prise, d’au­tant que nous tra­vaillons de­main », s’in­quiète Joa­chim.

Si l’am­biance gé­né­rale est res­tée dé­ten­due, des pas­sa­gers fai­saient part de leur ir­ri­ta­tion. « Ce n’est pas pos­sible d’avoir un pro­blème tech­nique sur un gros week-end comme ça, ils n’ont pas de plan B ? » s’in­ter­roge Irène, 33 ans, contrô­leuse fi­nan­cière en par­tance pour Brest. « Je ne se­rai pas dé­dom­ma­gée pour l’ar­gent per­du dans la lo­ca­tion d’une voi­ture et d’un lo­ge­ment sur place », dé­plore-t-elle.

DIF­FI­CILE DE TROU­VER DU PER­SON­NEL EN REN­FORT

Pour Hugues, 48 ans, « le pro­blème c’est que les in­for­ma­tions sont contra­dic­toires. Sur In­ter­net, le train est pré­vu, puis on nous dit ici qu’il n’y a pas de dé­part, les agents SNCF sont per­dus et on en­tend une fois sur trois ce qui est dit au mi­cro. »

Le per­son­nel de la SNCF a été pré­ve­nu vers 6 heures du ma­tin par SMS du be­soin de ren­fort. « C’est com­pli­qué de trou­ver des gens dis­po­nibles un di­manche pen­dant les va­cances », ex­plique un agent.

Pour ajou­ter en­core à la confu­sion, « des voya­geurs ont été en­voyés à la gare d’Aus­ter­litz puis on leur a dit de re­ve­nir à Mont­par­nasse », ra­conte Co­rinne. En réa­li­té, seuls quelques trains sont par­tis de la gare d’Aus­ter­litz, per­met­tant à 7 000 per­sonnes de voya­ger, se­lon les chiffres de la SNCF.

A Mont­par­nasse, le pre­mier TGV est par­ti à 14 h 23 vers Tou­louse, mais la SNCF avouait hier igno­rer com­bien de trains pour­raient cir­cu­ler. La re­prise com­plète du tra­fic dé­pen­dait en fait des in­ves­ti­ga­tions me­nées dans la nuit pour éta­blir les causes pré­cises de la panne. Pour beau­coup, le dé­part en va­cances risque de se faire at­tendre.

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NE SE­RAI PAS DÉ­DOM­MA­GÉE POUR L’AR­GENT PER­DU DANS LA LO­CA­TION D’UNE VOI­TURE ET D’UN LO­GE­MENT SUR PLACE IRÈNE, EN PAR­TANCE POUR BREST

Gare Mont­par­nasse (Pa­ris), hier. Beau­coup d’usa­gers ont dé­cou­vert la mau­vaise nou­velle sur place et ont dû prendre leur mal en pa­tience.

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