« Nous de­vons éco­no­mi­ser par­tout »

Sta­nis­las Gue­ri­ni, dé­pu­té LREM de Pa­ris, fus­tige le « trou » lais­sé par Hol­lande et Valls.

Le Parisien (Val d'Oise) - - ÉCONOMIE - JANNICK ALIMI ET MARC LOMAZZI PRO­POS RE­CUEILLIS PAR

DÉ­PU­TÉ LREM de Pa­ris, Sta­nis­las Gue­ri­ni est membre de la com­mis­sion des Fi­nances de l’As­sem­blée na­tio­nale. Dans le bud­get 2017 vo­té fin 2016, vous af­fir­mez que des me­sures ne sont pas fi­nan­cées. Les­quelles ?

STA­NIS­LAS GUE­RI­NI. Les aides au lo­ge­ment sont un exemple mar­quant. Le gou­ver­ne­ment pré­cé­dent pré­voyait une éco­no­mie de 156 M€ pour 2017 sans mo­di­fier les condi­tions d’at­tri­bu­tion. Ce­la si­gni­fiait un coup de ra­bot de 2 € par mois. Nous avons fait l’au­truche pen­dant des mois et, en ap­pli­quant cette me­sure sur trois mois seule­ment, nous de­vons as­su­mer une ré­duc­tion de 5 € par mois. Cette fa­çon de gé­rer les bud­gets à la pe­tite se­maine est d’au­tant plus grave qu’on ne fait pas les ré­formes struc­tu­relles. Y a-t-il d’autres exemples ? Pre­nez le plan d’ur­gence pour l’em­ploi. Les 200 000 for­ma­tions sup­plé­men­taires pour les de­man­deurs d’em­ploi n’étaient pas fi­nan­cées. On a dû dé­blo­quer 259 M€, si­non les chô­meurs en au­raient été pri­vés. Il man­quait aus­si 643 M€ pour les in­ter­ven­tions mi­li­taires ex­té­rieures, 339 M€ pour l’ac­cueil et l’hé­ber­ge­ment d’ur­gence des de­man­deurs d’asile ou 1,5 Md€ re­ca­pi­ta­li­ser Are­va. A com­bien s’élève le « trou » lais­sé par Hol­lande et Valls ? Je ne sou­haite pas ren­trer dans de vaines po­lé­miques avec le gou­ver­ne­ment pré­cé­dent, mais cer­tains en­ga­ge­ments n’étaient pas fi­nan­cés et ne per­met­taient pas de te­nir notre en­ga­ge­ment eu­ro­péen de ne pas dé­pas­ser 3 % de dé­fi­cit. Or, comme nous nous re­fu­sons à aug­men­ter les pré­lè­ve­ments obli­ga­toires, nous de­vons faire 4,5 Mds€ d’éco­no­mies. Où al­lez-vous les trou­ver ? Un peu par­tout à vrai dire, sauf sur les mi­ni­ma so­ciaux. Nous avons pris par exemple 850 M€ sur les dé­penses mi­li­taires, 680 M€ grâce à une ré­vi­sion des dis­po­si­tifs d’aides à l’em­bauche, 260 M€ sur le trans­port, etc. Les bud­gets de fonc­tion­ne­ment des mi­nis­tères ont aus­si été re­vus à la baisse, de 268 M€ à Ber­cy, de 60 M€ pour Ma­ti­gnon, etc. Com­ment en fi­nir avec ce bri­co­lage bud­gé­taire ? On a pris des mau­vaises ha­bi­pour tudes qui font qu’on donne des coups de ra­bots ici ou là sans s’in­ter­ro­ger sur les po­li­tiques pu­bliques à long terme. Pour stop­per cette dé­rive, il faut rai­son­ner de fa­çon plu­ri­an­nuelle, ar­rê­ter de prendre des me­sures qui ne sont pas fi­nan­cées et ren­for­cer le contrôle par le Par­le­ment. Ce­la im­plique de sor­tir du sys­tème des ré­serves de pré­cau­tions. C’est-à-dire ? Ces ré­serves sont cen­sées faire face aux aléas. Leur mon­tant (NDLR : 13,5 Mds€) ex­plose et elles couvrent des be­soins tout sauf aléa­toires. Les mi­nis­tères en­gagent des dé­penses et vont qué­man­der le dé­gel des ré­serves pour bou­cler leur bud­get. C’est dé­res­pon­sa­bi­li­sant. Je pro­pose de les di­mi­nuer par deux. Alors, nous au­rons un bud­get sin­cère.

“NOUS

AVONS PRIS 680 MIL­LIONS D’EU­ROS SUR LES AIDES À L’EM­BAUCHE STA­NIS­LAS GUE­RI­NI

Pa­ris, le 28 juillet. Sta­nis­las Gue­ri­ni est dé­pu­té du XVIIIe ar­ron­dis­se­ment et porte-pa­role du groupe LREM.

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