Et si on re­met­tait des cen­driers dans les voi­tures…

Se­lon une étude pu­bliée ce week-end, un Fran­çais sur six re­con­naît je­ter son mé­got par la fe­nêtre.

Le Parisien (Val d'Oise) - - SOCIÉTÉ - PAR AY­ME­RIC RENOU

dans ma voi­ture, alors oui, il m’ar­rive de je­ter mon mé­got par la fe­nêtre. Mais seule­ment quand il n’y a pas de risque d’in­cen­die. » L’aveu de cet au­to­mo­bi­liste pa­ri­sien peut pa­raître cho­quant. Le geste est pour­tant plus cou­rant qu’on ne le croit se­lon une étude pu­bliée ce week-end par Vin­ci Au­to­routes à l’oc­ca­sion du pre­mier grand chas­sé­croi­sé des va­cances sur les routes*.

Plus d’un Fran­çais sur six (15 %) re­con­naît je­ter des mé­gots, ain­si que des che­wing-gums, par la fe­nêtre de son vé­hi­cule. Et 20 % consi­dèrent sans gra­vi­té le fait de je­ter sur la route des em­bal­lages ali­men­taires. De fa­çon plus gé­né­rale, 35 % re­con­naissent qu’il leur ar­rive d’en­voyer val­ser des dé­chets de toute na­ture (pa­piers, em­bal­lages, mou­choirs ou noyaux de fruit) tout en rou­lant.

UN GESTE JU­GÉ SANS CONSÉ­QUENCES GRAVES

« En plus du risque d’in­cen­die très pré­sent en cette pé­riode es­ti­vale, le jet de mé­got ou de tout autre dé­chet sur la route peut avoir des im­pacts très im­por­tants, dé­plore Ber­na­dette Mo­reau, di­rec­trice du dé­ve­lop­pe­ment du­rable de Vin­ci Au­to­routes. Pour main­te­nir la pro­pre­té des abords des au­to­routes et pro­té­ger l’en­vi­ron­ne­ment, les agents au­to­rou­tiers ra­massent chaque an­née en moyenne 9 000 t de dé­chets sau­vages, soit en­vi­ron 25 t par jour. »

Suf­fi­rait-il, comme dans les mo­dèles ven­dus avant les an­nées 1990, de re­mettre un cendrier d’of­fice dans les ha­bi­tacles des voi­tures ? « Ce type de com­por­te­ment est dif­fi­ci­le­ment jus­ti­fiable mais il est vrai qu’il peut être in­ci­té par la dé­ci­sion de la qua­si-to­ta­li­té des construc­teurs de ne plus pro­po­ser de cendrier, ou alors de le faire en op­tion », ob­serve un jour­na­liste es­sayeur de la presse au­to­mo­bile.

Tou­jours se­lon cette étude, et en dé­pit des in­cen­dies qui viennent de dé­truire 7 000 ha de fo­rêts dans le Sud-Ouest et en Corse, près d’un Fran­çais sur cinq es­time que je­ter un mé­got par la fe­nêtre est un geste sans consé­quences graves. Lors­qu’elles voient quel­qu’un le faire, 68 % des per­sonnes in­ter­ro­gées désap­prouvent mais n’in­ter­viennent pas de peur d’une ré­ac­tion agres­sive. De quoi faire hur­ler les pom­piers de l’Hé­rault, qui ont re­layé il y a quelques jours sur les ré­seaux so­ciaux un mes­sage la­pi­daire : « Ce pe­tit geste qui fait de vous un gros con. » * Etude Ip­sos pour Vin­ci Au­to­routes réa­li­sée par In­ter­net du 14 au 18 juillet au­près d’un échan­tillon de 2 192 per­sonnes re­pré­sen­ta­tif de la po­pu­la­tion fran­çaise âgée de 16 ans à 75 ans.

Faute de cendrier dans l’ha­bi­tacle, le jet de mé­got par la fe­nêtre est plus cou­rant qu’on ne le croit…

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