Ma­nu Payet tourne un «Ve­ry Bad Trip» à la fran­çaise

L’hu­mo­riste et co­mé­dien joue l’his­toire vraie d’un en­tre­pre­neur qui or­ga­nise des en­ter­re­ments de vie de gar­çon en Hon­grie. Un ré­cit ti­raillé entre vice et mo­rale.

Le Parisien (Val d'Oise) - - LOISIRS - PAR CA­THE­RINE BALLE

Si on n’avait pas peur d’em­ployer des an­gli­cismes, on di­rait que le film se si­tue entre le « par­ty mo­vie » et le « bu­si­ness mo­vie ». Cette se­maine à Pa­ris, Ma­nu Payet tourne « Bu­da­pest ». Soit l’his­toire — vraie — de Vincent et Ar­naud, deux di­plô­més de HEC qui ont mon­té une boîte or­ga­ni­sant des en­ter­re­ments de vie de gar­çon un peu dé­ca­dents à Bu­da­pest.

Réa­li­sée par Xa­vier Gens (prin­ci­pa­le­ment connu pour ses films d’hor­reur), la co­mé­die, qui de­vrait sor­tir le 7 mars 2018, mêle le ré­cit du suc­cès de ces deux jeunes en­tre­pre­neurs et les scènes de fêtes dé­li­rantes. Et se si­tue quelque part, donc, entre « Ve­ry Bad Trip » et « The So­cial Net­work » (le long-mé­trage de Da­vid Fin­cher sur la créa­tion de Fa­ce­book).

Ce lun­di de juillet, dans un res­tau­rant chi­nois de la rue de Cha­ren­ton (Pa­ris XIIe), Ma­nu Payet est as­sis à une table re­cou­verte d’une nappe blanche. Très chic dans son cos­tume bleu, il se concentre avant une prise. Le re­gard ri­vé sur ses mains, il écar­quille les yeux, baille, fait de pe­tites gri­maces. « Ma­nu, tu veux qu’on ré­chauffe l’eau ? » de­mande une tech­ni­cienne, consta­tant qu’au fil des ré­pé­ti­tions, le thé que doit boire le co­mé­dien a re­froi­di. Au­tour, des fi­gu­rants dé­gustent des fi­lets de pois­son sur des lits de lé­gumes verts.

« Roc­co, au dé­part, s’il te plaît, lance la pre­mière as­sis­tan­te­réa­li­sa­trice en di­rec­tion d’un fi­gu­rant cos­tu­mé en ser­veur. Mon­sieur bar­bu, au dé­but, vous êtes de­bout, puis vous vous as­seyez ! » La sé­quence dé­marre. Alice Be­laï­di (« l’As­cen­sion », « le Bu­reau des lé­gendes »…) et Alix Pois­son (« Pa­rents mode d’em­ploi ») dé­boulent dans la pièce, la mine grave. « Sa­lut ! » lâche ti­mi­de­ment Ma­nu Payet/ Vincent, dans ses pe­tits sou­liers. « Ça fait plai­sir de te voir », tente-t-il au­près d’Alice Be­laï­di, qui joue sa femme. « Il est pas là Ar­naud ? » in­ter­roge bru­ta­le­ment Alix Pois­son. « Euh, non… » bre­douille Ma­nu.

« C’est une scène de rè­gle­ment de comptes, nous ex­plique Xa­vier Gens à la pause. A ce mo­ment-là du film, alors que le bu­si­ness de Vincent et Ar­naud dé­colle, leurs femmes vont ten­ter de re­prendre le contrôle de la si­tua­tion. »

« Bu­da­pest » ra­conte le ti­raille­ment entre la mo­rale et le vice : la pre­mière étant in­car­née par Vincent/Ma­nu Payet et sur­tout par les « femmes de », la deuxième par Ar­naud/Jo­na­than Co­hen, alias Serge le My­tho sur Ca­nal +, et un « ten­ta­teur » in­ter­pré­té par l’hu­mo­riste Mon­sieur Poulpe.

COMME CLINT EASTWOOD EN HON­GRIE

Dans les en­ter­re­ments de vie de gar­çon or­ga­ni­sés par les deux hé­ros du film, pas de vente de pa­pier hy­gié­nique dans le mé­tro… Mais des fêtes avec strip-tea­seuses où l’al­cool coule à flots et des ac­ti­vi­tés très vi­riles comme le tir au ka­lach­ni­kov ou la conduite de chars. « Pour écrire le film, j’ai tes­té ce que pro­pose la vraie en­tre­prise d’en­ter­re­ments de vie de gar­çon », ra­conte Ma­nu Payet, cos­cé­na­riste de « Bu­da­pest » avec Si­mon Mou­taï­rou, co­pain de pro­mo des deux en­tre­pre­neurs qui ont ins­pi­ré l’his­toire.

« Il y a cer­taines ac­ti­vi­tés que je ne re­fe­rais pas, sou­rit l’an­cien ani­ma­teur ra­dio. Comme l’at­taque de chien, où le fu­tur ma­rié est em­bal­lé dans un ma­te­las et où on lâche sur lui des ber­gers al­le­mands dres­sés pour l’at­taque… Mais j’ai ado­ré ti­rer avec l’arme de Mel Gib­son dans « l’Arme fa­tale » ou le mag­num de Clint Eastwood dans « l’Ins­pec­teur Har­ry ». Ou conduire un char, même si on se rend compte que c’est très in­con­for­table et que les sièges ne sont pas du tout rembourrés. »

Pen­dant deux se­maines, l’équipe de « Bu­da­pest » a tour­né dans la ca­pi­tale hon­groise, où elle a re­cons­ti­tué « un fan­tasme de boîte de nuit », se­lon le réa­li­sa­teur. « Le dé­cor vise à créer une sorte de mai­son de la fête et des plai­sirs, éclai­rée avec des cou­leurs fluo­res­centes », dé­taille Xa­vier Gens.

« C’était as­sez bi­zarre de sau­ter comme si on était en af­ter alors que de­hors, il était 9 heures du ma­tin et qu’on bu­vait du jus de pommes et de l’eau », s’amuse Ma­nu Payet. Qui achè­ve­ra le tour­nage de « Bu­da­pest » le 10 août en ré­gion pa­ri­sienne.

J’AI ADO­RÉ CONDUIRE UN CHAR, MÊME SI LES SIÈGES NE SONT PAS DU TOUT REMBOURRÉS Ma­nu Payet à pro­pos du tour­nage de « Bu­da­pest »

Pa­ris (XIIe), le 10 juillet. Après plu­sieurs se­maines de tour­nage à l’étran­ger, le réa­li­sa­teur Xa­vier Gens et l’ac­teur Ma­nu Payet ont re­trou­vé l’am­biance des bis­trots pa­ri­siens.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.