La crainte d’une ruée sur l’an­cienne mo­lé­cule

Les boîtes de ce mé­di­ca­ment pour la thy­roïde an­cienne for­mule sont at­ten­dues lun­di en phar­ma­cie. Mais, hier, l’or­ga­ni­sa­tion res­tait en­core très floue.

Le Parisien (Val d'Oise) - - LA UNE - PAR ELSA MA­RI

de pied ferme le re­tour de « leur mé­di­ca­ment », par­ta­gés entre sou­la­ge­ment et ner­vo­si­té. Les mil­liers de pa­tients, vic­times d’ef­fets se­con­daires graves dus au nou­veau Le­vo­thy­rox, trai­te­ment de la thy­roïde, pour­ront-ils tous bé­né­fi­cier de l’an­cienne for­mule, ap­pe­lée Eu­thy­rox ?

De­puis l’an­nonce de son re­tour en phar­ma­cie, ce lun­di, le stan­dard du nu­mé­ro vert, mis en place par l’Agence du mé­di­ca­ment à la suite de la po­lé­mique, ne cesse de son­ner. « Com­ment peut-on s’en pro­cu­rer ? Seul mon mé­de­cin doit me le pres­crire ? J’en au­rai, c’est sûr ? » Tous es­pèrent en fi­nir avec leurs maux de tête, ver­tiges in­fer­naux, pertes de che­veux et dé­prime de­puis la com­mer­cia­li­sa­tion, en avril, de cette nou­velle for­mule en rem­pla­ce­ment de l’an­cienne et des­ti­née à ga­ran­tir « une te­neur en sub­stance ac­tive plus constante d’un lot de mé­di­ca­ments à l’autre ».

DES STOCKS VE­NUS D’AL­LE­MAGNE

Au bout du fil, l’une des per­sonnes ha­bi­li­tées à ré­pondre aux ques­tions des pa­tients l’avoue : « On a fait le cal­cul. Il n’y au­ra pas plus de quatre boîtes par phar­ma­cie ! » Pour­tant, le la­bo­ra­toire Merck, qui a fait ve­nir d’Al­le­magne des stocks de l’an­cienne for­mule, a pré­ve­nu : 90 000 pa­tients pour­ront en bé­né­fi­cier d’ici lun­di. Une ré­serve qui de­vrait être lar­ge­ment suf­fi­sante, sa­chant que le re­tour de l’Eu­thy­rox est pro­vi­soire, se­lon le mi­nis­tère de la San­té. D’autres mé­di­ca­ments se­ront en­suite pro­po­sés comme al­ter­na­tive (voir l’en­ca­dré).

Sauf que le la­bo n’est pas se­rein. « Avec l’am­pleur de la po­lé­mique, on craint que même les pa­tients qui to­lèrent bien la nou­velle for­mule se jettent sur l’an­cienne. Et puis, il y a eu 9 000 si­gna­le­ments, mais tout le monde ne s’est pas dé­cla­ré », com­mente le la­bo­ra­toire. Car 3 mil­lions de per­sonnes prennent chaque jour du Le­vo­thy­rox, l’un des mé­di­ca­ments les plus pres­crits en France. Il per­met de ré­gu­ler une trop faible ou une ab­sence de sé­cré­tion d’hor­mones par la thy­roïde, in­dis­pen­sable au bon fonc­tion­ne­ment de l’or­ga­nisme.

Chez les pro­fes­sion­nels de san­té, la confu­sion règne. Se­lon nos in­for­ma­tions, la feuille de route sur les cri­tères d’at­tri­bu­tion de cette an­cienne for­mule n’avait, hier, tou­jours pas été en­voyée aux gé­né­ra­listes char­gés de la pres­crire. Ils ne peuvent pour­tant pas faire d’or­don­nance va­lable sans ce do­cu­ment ex­pli­ca­tif. Ce qui si­gni­fie que les pa­tients qui en ont dé­jà une de­vront… re­voir leur mé­de­cin une fois que cette feuille de route se­ra ar­ri­vée dans leur boîte aux lettres, a prio­ri seule­ment lun­di !

Ce se­ra le cas à Rennes (Il­leet-Vi­laine), où un phar­ma­cien a dé­jà re­çu… près de 50 or­don­nances. Une ma­nière de contrô­ler

“ON NE SAIT PAS COM­BIEN DE BOÎTES ON AU­RA FLORENT, PHAR­MA­CIEN À PA­RIS

la dis­tri­bu­tion de ce mé­di­ca­ment très at­ten­du. Sur le ter­rain, Florent, phar­ma­cien ave­nue de Cli­chy, à Pa­ris, n’a même pas en­core re­çu les stocks. « On ne sait pas com­bien de boîtes on au­ra. » Il ne connaît pas vrai­ment les condi­tions d’at­tri­bu­tion et quels termes ju­ri­diques se­ront re­te­nus. « Est-ce qu’il fau­dra que le mé­de­cin écrive

Pour ob­te­nir l’an­cien Le­vo­thy­rox, les ma­lades souf­frants d’ef­fets se­con­daires de­vront pré­sen­ter une nou­velle or­don­nance de leur mé­de­cin.

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