La cam­pagne eu­ro­péenne de Ma­cron

Le pré­sident fran­çais mul­ti­plie les ren­contres avec ses ho­mo­logues pour dé­fendre ses pro­po­si­tions.

Le Parisien (Val d'Oise) - - POLITIQUE - PAR PAULINE THÉVENIAUD (@Pau­li­ne_Th)

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de mar­di der­nier sur sa « cam­pagne eu­ro­péenne » était bien ré­vé­la­teur. Em­ma­nuel Ma­cron a pas­sé la fin de sa se­maine à as­su­rer le ser­vice après-vente de ses pro­po­si­tions pour « re­fon­der l’Eu­rope ». « Il est to­ta­le­ment en cam­pagne au ni­veau eu­ro­péen ! » avoue un proche.

Jeu­di soir, le pré­sident de la Ré­pu­blique a sai­si l’oc­ca­sion « de sen­si­bi­li­ser l’en­semble des par­te­naires » (dixit l’Ely­sée), en de­man­dant que son « ini­tia­tive » soit au me­nu du dî­ner des chefs d’Etat et de gou­ver­ne­ment eu­ro­péens réunis pour le som­met de Tal­linn (Es­to­nie) sur le nu­mé­rique. Comme celle du pré­sident de la Com­mis­sion eu­ro­péenne, Jean-Claude Jun­cker… Au châ­teau de Ka­driorg, les dis­cus­sions se sont éti­rées jusque vers mi­nuit.

Mais la soi­rée du pré­sident ne s’est pas ar­rê­tée là. A l’is­sue du re­pas, Em­ma­nuel Ma­cron s’est, pour la deuxième fois de la jour­née, en­tre­te­nu avec An­ge­la Mer­kel. Un échange « in­for­mel », « un peu plus long » que la ren­contre bi­la­té­rale d’avant le dî­ner à la de­mande de la chan­ce­lière al­le­mande. Et qui avait conduit le pré­sident à écour­ter un dé­pla­ce­ment à Lyon (Rhône). Se­lon l’Ely­sée, les Al­le­mands avaient, en outre, été « sen­si­bi­li­sés tout l’été sur ce qu’il al­lait faire ». Une proxi­mi­té af­fi­chée, alors que Ma­cron a sem­blé mettre Mer­kel au pied du mur, mar­di, en en ap­pe­lant à son « sens de l’au­dace »… « C’est son der­nier man­dat. Pour l’ins­tant, elle est Mut­ti, la mère de la na­tion al­le­mande. Là, elle peut prendre la même di­men­sion que les grands chan­ce­liers proeu­ro­péens », as­sume un proche du pré­sident.

VERS UN CA­LEN­DRIER

Mer­cre­di, à Lyon, le chef de l’Etat a aus­si soi­gné ses re­la­tions avec le pré­sident du Con­seil ita­lien, Pao­lo Gen­ti­lo­ni. Le­quel n’a pas man­qué de sa­luer sa vision pour l’Union eu­ro­péenne. Tout comme Mer­kel à Tal­linn, re­le­vant tou­te­fois qu’il fau­dra « par­ler en­core des dé­tails ». Dont les ques­tions qui fâchent, comme le ren­for­ce­ment de la zone eu­ro.

L’Ely­sée ter­mine cette se­maine per­sua­dé que l’ini­tia­tive du pré­sident a sus­ci­té de l’« in­té­rêt ». Le pré­sident du Con­seil eu­ro­péen, Do­nald Tusk, pro­po­se­ra sous quinze jours un ca­len­drier pour tra­vailler aux réformes à me­ner dans l’Union. « Ce­la met­tra un cer­tain temps à se dé­can­ter », pré­di­sait Da­niel CohnBen­dit, mar­di. « Mais au moins, van­tait-il, Ma­cron oblige tout le monde à se po­si­tion­ner. » Reste à sa­voir dans quel sens.

Em­ma­nuel Ma­cron hier en Es­to­nie.

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