« Le rug­by fran­çais a été pol­lué par des af­faires »

Yann Rou­bert, le pré­sident de Lyon, qui se dé­place ce soir à Co­lombes, dé­voile les res­sorts d’un club en pleine as­cen­sion et ex­prime sa vision d’un sport qui pro­voque la dis­corde par­mi ses dé­ci­deurs.

Le Parisien (Val d'Oise) - - SPORTS AUTRE MATCH - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR OLI­VIER FRAN­ÇOIS

IL NE FAIT PAS BON CROI­SER le LOU en ce mo­ment. Ré­vé­la­tion de ce dé­but de sai­son, l’équipe lyon­naise joue dé­jà les trouble-fête et se po­si­tionne comme un sé­rieux pré­ten­dant à la phase fi­nale. Em­me­né par de vieux gro­gnards re­vi­go­rés, comme Mi­cha­lak ou Beauxis, et de jeunes ta­lents aux dents longues comme le de­mi de mê­lée Couilloud, le club rho­da­nien s’ap­puie sur la puis­sance fi­nan­cière du groupe GL Events, spé­cia­li­sé dans l’évé­ne­men­tiel (4e bud­get du Top 14 avec 27 M€, der­rière Cler­mont, Tou­louse et le Stade Fran­çais). Au mo­ment où son club vient se me­su­rer au Ra­cing 92, ce soir à Co­lombes, Yann Rou­bert, haut res­pon­sable chez GL Events de­ve­nu pré­sident du LOU en dé­cembre 2012 et élu au co­mi­té di­rec­teur de la Ligue na­tio­nale de­puis 2016, évoque ses am­bi­tions et re­vient sur les ten­sions qui se­couent le rug­by fran­çais.

Quels ob­jec­tifs vous êtes-vous fixés ?

On vise le plus haut pos­sible. On veut tou­jours plus et mieux. Jusque-là, ça se passe bien, mais ce n’est que le dé­but du cham­pion­nat, et il est tel­le­ment dense qu’il est dif­fi­cile de se pro­je­ter. En ga­gnant deux matchs de suite, on est en haut du clas­se­ment, mais il suf­fit d’en perdre deux pour se re­trou­ver en bas. Alors, res­tons mé­fiants.

Com­ment ex­pli­quez-vous votre réus­site ?

Nous sommes en­core en construc­tion, nous n’avons rien prou­vé pour le mo­ment ! Du­rant l’in­ter­sai­son, nous avons re­fait notre stade (NDLR : le Mat­mut Sta­dium de Ger­land) pour qu’il de­vienne un vé­ri­table lieu de vie, avec bras­se­rie, bou­tiques… C’était in­dis­pen­sable. Après, spor­ti­ve­ment, ce que nous vou­lons, c’est bâ­tir le plus vite pos­sible sans brû­ler d’étape.

Avez-vous des mo­dèles ?

Tous ceux qui ont su construire dans la du­rée sont des sources d’ins­pi­ra­tion. Le Ra­cing, bien sûr, qui a tou­jours dis­pu­té la phase fi­nale de­puis son re­tour dans l’élite (NDLR : 2009-2010) est un exemple. Son centre d’en­traî­ne­ment, son fu­tur stade (NDLR : la U Are­na) prouvent que c’est un grand club. Nous nous rap­pro­chons sans doute un peu plus, dans notre fonc­tion­ne­ment, de Cler­mont, sou­te­nu par le groupe Mi­che­lin, ou de Castres, par les la­bo­ra­toires Pierre-Fabre.

“IL

EST TOU­JOURS BON QUE DE GRANDS EN­TRE­PRE­NEURS IN­VES­TISSENT DANS LE RUG­BY

Les stars sur le re­tour, comme Cha­bal, hier, ou Mi­cha­lak, au­jourd’hui, dé­filent au LOU…

L’as­pect no­to­rié­té, mar­ke­ting, c’est un plus, mais ce n’est pas la prio­ri­té. Notre pre­mier cri­tère de re­cru­te­ment, c’est le ni­veau du joueur. Il n’y a qu’à voir Mi­cha­lak ou Beauxis cette sai­son !

Que pen­sez-vous des re­mous qui agitent le rug­by fran­çais ?

D’abord, je pense que, dans le rug­by, le mec bien est la norme. La pho­to glo­bale est celle d’une va­rié­té de gens in­té­res­sants. Après, il a été pol­lué par des af­faires et des mots mal­en­con­treux.

Par­lez-vous du pré­sident de la FFR, Ber­nard La­porte, et des soup­çons de conflit d’in­té­rêts entre lui et le club de Mont­pel­lier ?

Une en­quête est en cours, at­ten­dons.

Mais trou­vez-vous nor­mal que le pré­sident de Mont­pel­lier, Mo­hed Al­trad, soit éga­le­ment spon­sor du XV de France ?

Il est tou­jours bon que de grands en­tre­pre­neurs in­ves­tissent dans le rug­by. Je m’en ré­jouis, à une condi­tion : que ce­la se fasse dans le res­pect des règles et qu’il n’y ait pas de conflit d’in­té­rêts. Si ça pro­fite au rug­by fran­çais sans avan­ta­ger Mont­pel­lier, alors je suis d’ac­cord.

Les pré­si­dents du Top 14 semblent tous être dres­sés contre Mo­hed Al­trad…

Nous n’avons pas tous la même vision des choses. Nous en dé­bat­tons entre nous en ce mo­ment. Je trouve qu’il est par­fai­te­ment na­tu­rel que cha­cun es­saie de se faire sa place, dans le res­pect des règles, je le ré­pète. Et ce­la ne doit pas pas­ser par l’in­sulte, qui n’a rien à faire dans le rug­by.

Mat­mut Sta­dium de Ger­land (Lyon). Yann Rou­bert, le pré­sident du LOU, lors de l’inau­gu­ra­tion du stade, après sa ré­fec­tion.

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