« Je me mets au bou­lot ! »

Jean-Louis Bor­loo, an­cien mi­nistre de la Ville

Le Parisien (Val d'Oise) - - POLITIQUE - MU­RIEL PLEYNET

IL A DIT « BANCO » ! Der­niè­re­ment, en pri­vé, Em­ma­nuel Ma­cron l’avait en­joint de « re­prendre du ser­vice ». Re­quête im­pli­cite que Jean-Louis Bor­loo a dé­ci­dé d’ac­cep­ter. « Juste avant son élec­tion, je l’ai sou­te­nu en di­sant que, s’il y avait une né­ces­si­té un jour, j’étais prêt à me re­trous­ser les manches. Je reste co­hé­rent, nous confie-t-il. Je me mets au bou­lot dès au­jourd’hui. » C’est donc au pre­mier rang qu’il a, hier, écou­té le pré­sident de la Ré­pu­blique lan­cer un ap­pel à « la mo­bi­li­sa­tion gé­né­rale » pour les quar­tiers en dif­fi­cul­té. « Mer­ci de re­mettre les gants, Jean-Louis Bor­loo. On au­ra be­soin de vous », l’a sa­lué Ma­cron en fin de dis­cours.

Bor­loo n’au­ra pas de titre, of­fi­cie­ra gra­cieu­se­ment, mais le voi­là donc mis­sion­né par le chef de l’Etat pour éla­bo­rer un « plan ban­lieues ». « Tout le monde sait que le su­jet me tient à coeur », in­siste-t-il. Of­fi­ciel­le­ment re­ti­ré de la vie politique — « J’ai fait deux ans et de­mi d’Afrique, j’étais quand même va­che­ment loin » —, Jean-Louis Bor­loo a trois mois pour s’ac­quit­ter de sa tâche.

LE LOBBYING A FONC­TION­NÉ

Qui va por­ter quoi, quels pro­jets ? Quels sont les moyens hu­mains, ad­mi­nis­tra­tifs et fi­nan­ciers à mettre en oeuvre ? Pôle em­ploi, les of­fices HLM, les caisses d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales, le pa­tro­nat, les dé­par­te­ments… Bor­loo va ren­con­trer tous les ac­teurs de la politique de la ville, mettre « tout le monde au­tour de la table ». « Si tout le monde fait un pe­tit ef­fort, ça va al­ler très vite. On va tout bâ­tir en­semble. Je vais m’y col­ler. Sous l’au­to­ri­té du pré­sident et de son gou­ver­ne­ment. »

L’abou­tis­se­ment d’une — très ef­fi­cace — opé­ra­tion de lobbying en­ta­mée il y a plu­sieurs mois. Sol­li­ci­té par des maires en co­lère — ceux-là même qui, avec des ac­teurs de la so­cié­té ci­vile, ont in­ter­pel­lé Ma­cron, à la mioc­tobre en lan­çant l’ap­pel de Gri­gny —, Bor­loo leur a ap­por­té son sou­tien. « Il y a eu des in­com­pré­hen­sions entre le gou­ver­ne­ment et les maires. On a donc aler­té le pré­sident. On a tra­vaillé avec ses équipes, avec les deux mi­nistres (NDLR : Jacques Mé­zard et Ju­lien De­nor­man­die). Le 15 oc­tobre sur TF 1, Em­ma­nuel Ma­cron a in­di­qué qu’il pren­drait le pro­blème à bras-le-corps. Il a fait ce qu’il a dit. Sur un tel su­jet, si ce n’est pas le pré­sident qui dit c’est une par­tie de la Ré­pu­blique qui se joue là, ça ne fonc­tionne pas. Ce n’est pas qu’un pro­blème bud­gé­taire. »

L’an­cien maire de Va­len­ciennes qui avait re­dy­na­mi­sé la vieille ci­té du Nord, ex-mi­nistre de la Ville et père de l’An­ru (l’Agence na­tio­nale pour la ré­no­va­tion ur­baine), re­prend donc son bâ­ton de pè­le­rin : « Notre si­tua­tion ur­baine né­ces­site un grand plan », jus­ti­fie-t-il. In­car­na­tion de l’an­cien monde, Bor­loo vient donc à la res­cousse du nou­veau…

Tour­coing, hier. Jean-Louis Bor­loo a été char­gé d’éla­bo­rer un « plan ban­lieues » par Em­ma­nuel Ma­cron.

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