Merck condam­né à four­nir du Le­vo­thy­rox

Le fa­bri­cant de l’an­cienne for­mule de ce mé­di­ca­ment fait ap­pel.

Le Parisien (Val d'Oise) - - SOCIÉTÉ - FL.M.

LE JUGE s’était ren­du lui-même en phar­ma­cie. Et il n’y avait pas trou­vé de boîte d’an­cienne for­mule du Le­vo­thy­rox, le mé­di­ca­ment de la thy­roïde sous le feu des cri­tiques de­puis son chan­ge­ment de com­po­si­tion, fin mars. Or, l’ex-pi­lule est cen­sée être à nou­veau dis­po­nible — en quan­ti­té li­mi­tée et sur or­don­nance — de­puis le 2 oc­tobre.

Alors hier, le tri­bu­nal de grande ins­tance de Tou­louse (Haute Ga­ronne) a condam­né le la­bo­ra­toire Merck à four­nir « sans dé­lai » le pro­duit sous son an­cienne forme pour les 25 plai­gnants de sa ju­ri­dic­tion qui at­ta­quaient Merck.

Si les as­so­cia­tions de pa­tients tré­pignent, le la­bo, lui, ful­mine. « Qui est en charge de la police sa­ni­taire en France ? Je suis per­du ! » nous souffle son pa­tron, Thierry Hu­lot, bien dé­ci­dé à faire ap­pel de la dé­ci­sion de jus­tice, comme nous le ré­vé­lions dès hier soir sur notre site In­ter­net.

« Au­jourd’hui, j’ai un juge qui m’or­donne de don­ner à 25 pa­tients l’an­cienne for­mule, alors que mon au­to­ri­té de tu­telle, l’ANSM (NDLR : l’Agence na­tio­nale de sé­cu­ri­té du mé­di­ca­ment), m’avait fait l’in­jonc­tion de chan­ger de for­mule, ce que nous avons fait, puis de fi­na­le­ment ré­in­tro­duire des boîtes d’an­cienne for­mule le temps que des al­ter­na­tives thé­ra­peu­tiques ar­rivent sur le mar­ché. 198 000 boîtes ont ain­si été ré­in­tro­duites en oc­tobre et il en reste au­jourd’hui en­vi­ron 40 000 », ex­plique-t-il.

LES AL­TER­NA­TIVES VONT METTRE PLUS DE TEMPS QUE PRÉ­VU

Oui, mais voi­là, les pa­tients qui souffrent d’im­por­tants ef­fets se­con­daires (dou­leurs mus­cu­laires, perte de che­veux…) ont bien du mal à se pro­cu­rer l’an­cienne ver­sion.

La jus­tice a tran­ché pour la Haute-Ga­ronne, mais les boîtes viennent à man­quer éga­le­ment ailleurs. « On a eu un peu de stock, 16 boîtes en tout, les deux pre­mières se­maines, et puis plus rien. Et en­core, c’est parce qu’on ap­pe­lait notre gros­siste à 10 heures ta­pantes chaque ma­tin pour faire des ré­ser­va­tions. Une vraie ba­taille », té­moigne Lau­rence Le­vaux, phar­ma­cienne à Cuf­fies (Aisne). Cer­tains de ses clients sont par­tis s’ap­pro­vi­sion­ner en Ita­lie, en Bel­gique ou en Suisse.

« Il y a 22 000 of­fi­cines en France. Au re­gard de la si­tua­tion d’ur­gence, des pa­tients font ef­fec­ti­ve­ment par­fois deux ou trois phar­ma­cies avant de trou­ver le mé­di­ca­ment », ne nie pas Thierry Hu­lot. Lun­di, il a ren­con­tré l’ANSM qui lui a in­di­qué que la mise en place des al­ter­na­tives met­trait « plus de temps que pré­vu ». Merck an­nonce ain­si qu’il va im­por­ter 198 000 nou­velles boîtes à la fin de l’an­née, des­ti­nées aux per­sonnes ayant dé­jà eu une pre­mière or­don­nance pour re­ve­nir à l’an­cienne for­mule.

Le tri­bu­nal de grande ins­tance de Tou­louse a condam­né hier le la­bo­ra­toire Merck à four­nir l’an­cienne for­mule du Le­vo­thy­rox aux 25 plai­gnants de sa ju­ri­dic­tion, la Haute-Ga­ronne.

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