KEMPF

Im­pres­sion­nant en Ligue des cham­pions di­manche, l’ai­lier cham­pion du monde U 19 est la star pro­gram­mée des Bleus en vue des JO 2024.

Le Parisien (Val d'Oise) - - SPORTS - PAR ÉRIC MI­CHEL

IL EXISTE à Cer­nay (Haut-Rhin), la ville où le gar­dien de but du PSG a com­men­cé sa car­rière, un gym­nase Thierry Omeyer. C’est pré­ci­sé­ment là qu’Edouard Kempf (19 ans), na­tif de Mul­house comme lui, a joué au handball pour la pre­mière fois. A l’époque, le meilleur gar­dien de l’his­toire gla­nait son pre­mier titre olym­pique et le jeune ai­lier droit ac­cro­chait un pos­ter de Luc Aba­lo dans sa chambre.

« On joue au même poste et j’ai tou­jours été fan. J’avais aus­si beau­coup d’ad­mi­ra­tion pour Ni­ko­la (Karabatic). Avec Thierry, on a par­lé une fois de Cer­nay. Là-bas, il est une idole ab­so­lue », nous ra­conte la nou­velle pé­pite du PSG.

Avant d’ar­ri­ver au centre de for­ma­tion de la ca­pi­tale en 2016, Kempf a aus­si joué à Sé­les­tat comme le doyen du cham­pion­nat. On ver­ra dans vingt ans si le jeune Al­sa­cien (1,78 m, 76 kg), nom­mé par­mi les Ta­lents du « Pa­ri­sien » en juin, réus­sit la même car­rière que lui. En at­ten­dant, le fils de Bru­no, an­cien pro­fes­sion­nel de Sé­les­tat, est très bien par­ti. Cham­pion d’Eu­rope en 2016 puis du monde cet été en équipes de France jeunes, Kempf a réus­si un coup du ton­nerre di­manche en Ligue des cham­pions contre Vesz­prem. Pro­fi­tant de la bles­sure de… Luc Aba­lo, il a mar­qué les 5 der­niers buts du match à un mo­ment où c’était en­core loin d’être plié. « Nous sommes très fiers d’Edouard » : la louange vient de la bouche de Karabatic en per­sonne. « C’est un beau com­pli­ment, sou­rit le mi­not. C’est comme le ca­deau que m’a fait Mik­kel (Han­sen) : après avoir ra­té mon pre­mier tir, il m’a don­né le bal­lon pour mar­quer dans le but vide. Ça m’a re­don­né confiance. En­suite, la dé­fense hon­groise m’a ou­blié, j’en ai pro­fi­té. C’était as­sez gé­nial à vivre. De­vant leur té­lé, mes pa­rents et mon frère qui joue en N 2 étaient comme des fous. »

IL N’AU­RA QUE 26 ANS EN 2024,POUR LES JO À PA­RIS

Trois jours plus tard, la ten­sion est re­tom­bée. Edouard Kempf a la tête sur les épaules et il sait que ces dix mi­nutes de jeu ne se­ront qu’une anec­dote s’il ne confirme pas sur la du­rée : « C’est la pre­mière chose que m’ont dite mes pa­rents : ne t’en­flamme pas et conti­nue à bos­ser ! J’en ai bien conscience. Comme je sais que lorsque Luc

(Aba­lo) re­vien­dra de bles­sure, je re­tour­ne­rai avec le centre de for­ma­tion en Na­tio­nale 1. C’est le jeu. Il y a tel­le­ment de choses que j’ai en­core be­soin de tra­vailler pour y ar­ri­ver. » Pour réus­sir, il sait qu’il a mis les pieds dans la meilleure école : « Je suis dans le groupe de­puis mi-oc­tobre. C’est juste un bon­heur. Ils sont de bon con­seil, et sur­tout, comme ils sont in­tel­li­gents, ils n’hé­sitent pas à en don­ner, même aux pe­tits jeunes comme moi. Je ne peux pas rê­ver meilleure for­ma­tion. ». Kempf est is­su de la même gé­né­ra­tion que Be­noît Koun­koud et Dy­lan Na­hi et sait per­ti­nem­ment qu’en 2024, au mo­ment des JO à Pa­ris, il n’au­ra que 26 ans. For­cé­ment… « Je suis obli­gé d’y pen­ser mais ce n’est pas en­core un ob­jec­tif, dit-il. C’est loin. Mais c’est un rêve car à ce mo­ment­là, c’est la meilleure équipe de France de tous les temps qu’il fau­dra sé­lec­tion­ner. »

Stade Pierre -de-Cou­ber­tin (Pa­ris), di­manche. Kempf a réus­si un ex­ploit en Ligue des cham­pions contre Vesz­prem : il a mar­qué les 5 der­niers buts du match. 9e JOUR­NÉE

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