Quand les sus­pects api­toient l’opi­nion

Le Parisien (Val d'Oise) - - FAIT DU JOUR - GEOF­FROY TOMASOVITCH

en avant de lui-même, s’il n’a ja­mais don­né d’interview, Jo­na­thann Da­val est mal­gré tout ap­pa­ru à plu­sieurs re­prises de­vant les ca­mé­ras, pre­nant par­fois la pa­role, même briè­ve­ment. Un homme ra­va­gé par les larmes, au bord de l’ef­fon­dre­ment. Pleu­rait-il sin­cè­re­ment sur les consé­quences d’un crime dont il est au­jourd’hui soup­çon­né ou san­glo­tait-il pour don­ner le change et conso­li­der son image de veuf éplo­ré ? Trop tôt pour le dire, d’au­tant que Jo­na­thann Da­val reste pré­su­mé in­no­cent. Mais il ne se­rait pas le pre­mier sus­pect à avoir trom­pé l’opi­nion pu­blique.

Di­dier Bar­bot compte par­mi eux. Cet agri­cul­teur de Vritz (Loire-At­lan­tique) si­gnale le 16 mars 2013 la dis­pa­ri­tion de son épouse, Anne. Il mul­ti­plie les ap­pels à té­moins, or­ga­nise une marche, ré­pète que « l’at­tente est in­sup­por­table ». Quand le corps de sa femme est re­trou­vé brû­lé dans sa voi­ture, Di­dier Bar­bot lâche : « Il faut que les gen­darmes re­trouvent ce­lui qui a fait ça avant moi. » Re­bon­dis­se­ment huit mois plus tard. Le ma­ri est ar­rê­té avec sa maî­tresse. Ils passent aux aveux. Lui a tué Anne à coups de bûche, elle l’a ache­vée en l’étran­glant. Dé­but 2016, Bar­bot a éco­pé de trente ans de ré­clu­sion, son amante vingt-cinq.

LE FAUX EN­LÈ­VE­MENT DE TY­PHAINE

Anne-So­phie Fau­cheur et Nicolas Willot ont joué aus­si avec la com­pas­sion de l’opi­nion pu­blique. Le 18 juin 2009, cette mère de fa­mille si­gnale la dis­pa­ri­tion de sa fille de 5 ans, Ty­phaine, à Mau­beuge (Nord). Le couple sou­tient la piste de l’en­lè­ve­ment. Il donne une confé­rence de presse : « On ne sait rien. Ty­phaine nous manque, elle va être re­trou­vée, c’est sûr. » Cette dou­leur cache une ef­froyable vé­ri­té. Mal­trai­tée, Ty­phaine est morte à la suite de sé­vices le 10 juin, puis a été en­ter­rée dans la cave. Le rapt ? Une in­ven­tion pour mas­quer le crime. En 2013, la mère et le beau-père sont condam­nés à trente ans de ré­clu­sion.

Autre en­fant mar­tyr, autre fausse dis­pa­ri­tion : Fio­na, 5 ans. Sa mère et son beau-père sont re­ju­gés de­puis hier pour coups mor­tels ag­gra­vés (lire

p.12), qu’ils nient. Ils avaient, en 2013, mé­dia­ti­sé leur dé­tresse alors qu’ils ve­naient d’in­hu­mer la fillette dans un lieu ja­mais re­trou­vé.

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