Bra­quage de haut vol

19 per­sonnes sont ju­gées pour le vol à main ar­mée d’une car­gai­son de dia­mants et d’or d’une va­leur de 38 M€ sur le tar­mac de l’aé­ro­port de Bruxelles en 2013. La ma­jeure par­tie du bu­tin n’a ja­mais été re­trou­vée.

Le Parisien (Val d'Oise) - - FAITS DIVERS - DE NOTRE COR­RES­PON­DANT À BRUXELLES (BEL­GIQUE) JU­LIEN BALBONI

ILS SE­RONT 19 à être ju­gés, à par­tir de ce matin, de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Bruxelles (Bel­gique) pour le vol à main ar­mée le plus spec­ta­cu­laire de l’his­toire du pays.

Le 18 fé­vrier 2013 au soir, huit hommes, au vo­lant de deux puis­sants mo­no­spaces, une Au­di A8 et une Mer­cedes Via­no, pé­nètrent sur le tar­mac de l’aé­ro­port Bruxelles-Na­tio­nal. Ils s’in­sèrent dans le tra­fic ré­ser­vé aux avions et filent droit sur un Fok­ker 100 de la com­pa­gnie suisse Hel­ve­tic Airways, qui de­vait dé­col­ler pour Zu­rich. Bien ren­sei­gnés, les mal­fai­teurs, mu­nis de fu­sils­mi­trailleurs à vi­sée la­ser, savent qu’une im­por­tante car­gai­son de pierres pré­cieuses vient d’être his­sée dans l’ap­pa­reil. Les bra­queurs main­tiennent les agents de la Brink’s en res­pect et se font ou­vrir la soute. Ils par­viennent en un rien de temps à vo­ler 120 co­lis conte­nant des dia­mants, des lin­gots d’or, des mé­taux et pré­cieuses puis dé­campent avant que les se­cours n’in­ter­viennent. Ils dis­pa­raissent par des pe­tites rues joux­tant l’aé­ro­port.

L’at­taque n’a du­ré que trois ou quatre mi­nutes, se­lon l’en­quête. L’équipe, très or­ga­ni­sée, a même pen­sé à in­cen­dier un mo­no­space non loin du lieu des faits, afin d’at­ti­rer l’hé­li­co­ptère de la po­lice fédérale et ain­si cou­vrir sa fuite.

Le bu­tin to­tal est co­los­sal. L’équi­valent de 37,919 M€ au to­tal. L’en­quête, elle, fut com­pli­quée par le manque d’in­dices ma­té­riels. Des pre­miers élé­ments em­mènent les en­quê­teurs belges vers la piste de bra­queurs che­vron­nés de la ré­gion bruxel­loise, opé­ra­tion­nels de­puis des dé­cen­nies. Toute une sé­rie d’écoutes sont mises en place.

Pen­dant ce temps, l’en­quête se pour­suit en France et en Suisse. Les po­li­ciers hel­vé­ti­pierres ques s’in­té­ressent aux re­la­tions entre le Fran­çais Marc Ber­tol­di, un an­cien pi­lote de ral­lye fi­ché au grand ban­di­tisme, et un riche homme d’af­faires de Ge­nève. Ayant suf­fi­sam­ment d’élé­ments en main, les po­li­ciers fran­çais in­ter­pellent Ber­tol­di à Metz (Mo­selle) au vo­lant d’une Porsche Pa­na­me­ra et en pos­ses­sion de 60 000 € en cash, le 7 mai 2013. Dès le len­de­main, le pro­mo­teur suisse et son avo­cat sont ar­rê­tés. On trouve sur eux la pe­tite clé d’un coffre-fort, où étaient ca­chés des di­zaines de dia­mants is­sus du bra­quage, pour l’équi­valent de 5,7 M€. Le même jour, les po­li­ciers belges mènent 36 per­qui­si­tions chez les sus­pects du bra­quage.

QUATRE MI­NUTES, PAS PLUS LES TRACES D’ADN SONT RARES

Au fi­nal, 19 per­sonnes sont in­quié­tées, qu’elles soient af­fi­liées à l’équipe des huit hommes de ter­rain ou aux spé­cia­listes char­gés du re­cel. Les élé­ments ma­té­riels sont peu nom­breux, d’au­tant qu’au­cune arme n’a été trou­vée et que les traces d’ADN sont rares. L’en­quête s’est prin­ci­pa­le­ment orien­tée sur la té­lé­pho­nie.

Quant au plus connu des sus­pects, Marc Ber­tol­di, il de­vrait être ab­sent au­jourd’hui. Dé­te­nu en France, où il purge une peine de huit ans de pri­son pour l’enlèvement de la com­pagne du mil­liar­daire Gé­rard Lopez, pro­prié­taire ac­tuel du club de football de Lille, il est au centre d’un in­ex­tri­cable pro­blème de pro­cé­dure entre la France et la Bel­gique. Son avo­cat, Me Di­mi­tri de Bé­co, pour­rait de­man­der que son cas soit dis­joint du reste de la pro­cé­dure.

Aé­ro­port de Bruxelles-Na­tio­nal (Bel­gique), le 19 fé­vrier 2013. Le bra­quage n’a du­ré que quelques mi­nutes.

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