« Elle re­pré­sente aus­si bien les riches que les pauvres »

A Rois­sy-en-Brie où a gran­di Paul Pogba, comme dans le Ve ar­ron­dis­se­ment de Lyon qui a vu dé­bu­ter Samuel Um­ti­ti, les Fran­çais aiment ces Bleus qui leur res­semblent.

Le Parisien (Val d'Oise) - - FAIT DU JOUR - PAR ÉRIC MICHEL À ROIS­SY-EN-BRIE (SEINE-ET-MARNE) ET AN­THO­NY FAURE, NOTRE CORRESPONDANT À LYON (RHÔNE)

de Rois­sy-enB­rie, Rois­sy la Source », ré­pète le mi­lieu de ter­rain des Bleus. Le joueur de Man­ches­ter a gran­di ici, dans une tour de la Re­nar­dière. Mais les ré­no­va­tions ont rayé de la carte le ci­ty stade où le joueur dis­pu­tait des par­ties avec ses frères Florentin et Ma­thias. La ma­man vit toujours dans cette ville de Seine-et-Marne où son père re­pose. Preuve de son at­ta­che­ment à son quar­tier, la Pioche (son sur­nom) y est re­ve­nue fin mai avec son ami An­toine Griez­mann. En cas de vic­toire de­main, son vi­sage se­ra pro­je­té en grand sur un mur du centre-ville.

« On aime les Bleus parce qu’il y a Paul, mais pas seule­ment. Cette équipe, c’est la France. Elle nous re­pré­sente mieux que qui­conque. Elle porte nos cou­leurs, nos ori­gines, nos re­li­gions. Elle re­pré­sente aus­si bien les riches que les pauvres », ré­sume Abou, 39 ans. Peu des ha­bi­tants ren­con­trés pensent que les Bleus sont des di­vas ca­pri­cieuses. Un chan­ge­ment net par rap­port à un temps pas si an­cien. « Même s’ils ont beaucoup de sous, ils ont l’air ac­ces­sibles », de­vine Ro­main, 33 ans.

Dans la ville d’un po­ten­tiel fu­tur cham­pion du monde, les dra­peaux bleu-blanc-rouge sont en réserve de la Ré­pu­blique. Ils se­ront sor­tis de­main. « Grâce à ces joueurs, on vit notre seul mo­ment d’uni­té na­tio­nale », se ré­jouit In­grid, 40 ans. A deux pas, Jean-Luc (48 ans) est prêt à re­bap­ti­ser la rue prin­ci­pale « ave­nue Paul-Pogba ou bien Didier-Des­champs. Il a créé une co­hé­sion ma­gni­fique. C’est d’abord le triomphe d’une équipe, pas ce­lui d’un homme. Ils se battent tous pour leur co­pain. Ça, on adore ».

UN EN­FANT DU PAYS EN FI­NALE

A 460 km de là, à Mé­ni­val, on re­marque le même at­ta­che­ment pour ces Bleus mil­lé­sime 2018. « Per­sonne n’a dor­mi mar­di », sou­rit une com­mer­çante de ce quar­tier po­pu­laire du Ve ar­ron­dis­se­ment de Lyon. C’est là qu’a gran­di Samuel Um­ti­ti, le buteur contre la Bel­gique (1-0).

Per­sonne au stade Alexan­dreMo­rin, où il a tou­ché ses pre­miers bal­lons à 6 ans, n’est re­tom­bé de son nuage. Une ving­taine d’en­fants par­ti­cipent à un stage. Pour la pho­to, au mo­ment de crier « ouis­ti­ti », tous hurlent « Um­ti­ti ». « C’est un ga­min de chez nous qui a qua­li­fié la France pour la fi­nale de la Coupe du monde. On est tel­le­ment fiers », se ré­jouit Djou­di Bou­za­ma, le pré­sident du FC Mé­ni­val.

Ici, on rêve à nou­veau d’un suc­cès pla­né­taire. « Pen­dant un mo­ment, les Bleus avaient la grosse tête. Eux se sont rap­pro­chés des sup­por­teurs », ajoute Alain Gon­nard, le pre­mier en­traî­neur du Bar­ce­lo­nais. Lors­qu’il évo­luait à l’OL, il ve­nait aux stages du club de son en­fance. Thi­baud, qui par­ti­cipe à la ses­sion, pour­suit : « On nous a sou­vent par­lé de 98. Mais on ne l’a pas vé­cu. On veut chan­ter, dan­ser, faire la fête à notre tour. Et être les meilleurs du monde… »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.