Fran­çais du Tour, faites-nous aus­si rê­ver !

La pre­mière vic­toire d’étape tri­co­lore se fait toujours at­tendre. En ce sa­me­di 14 juillet, les sprin­teurs Dé­mare et La­porte veulent briller à Amiens.

Le Parisien (Val d'Oise) - - LE TOUR FRANCE - DE NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX DA­VID OPOCZYNSKI ET CHRISTOPHE BÉRARD À CHARTRES (EURE-ET-LOIR)

IL Y A UN AN, War­ren Bar­guil avait mis fin à douze ans d’at­tente. En s’im­po­sant à Foix, le 14 juillet, il suc­cé­dait en­fin à Da­vid Mon­cou­tié, der­nier vainqueur le jour de la Fête na­tio­nale. En ce week-end où les Bleus de Rus­sie, fi­na­listes du Mon­dial, se­ront à l’hon­neur, les cou­reurs tri­co­lores au­ront-ils des ailes ? « Oui, les Fran­çais vont ten­ter, glisse Cy­rille Gui­mard, le consul­tant de RMC. Mais ceux qui gou­vernent le pe­lo­ton ne sont pas des La­tins et, eux, le 14 Juillet ils s’en foutent. » Dans un fi­nal pour sprin­teurs, Arnaud Dé­mare (Grou­pa­ma-FDJ) et Christophe La­porte (Co­fi­dis) sont les meilleures chances fran­çaises.

DÉ­MARE POUR RES­PI­RER EN­FIN

Les mots de ré­con­fort et les gestes tendres de Mor­gane, sa femme, alors qu’il ré­cu­père sur les marches du car de l’équipe Grou­pa­ma-FDJ lui ont fait du bien. En échouant hier à la 4e place, à Chartres (Eu­reet-Loir), Arnaud Dé­mare a en­core lou­pé une oc­ca­sion de le­ver les bras. « For­cé­ment, il y a un stress, confie-t-il. On a en­vie de vite ga­gner, que ce soit moi ou l’équipe. On est ve­nus sur le Tour de France pour ga­gner. Si vrai­ment on pas­sait au tra­vers, on se­rait dé­çus. »

La re­mon­tée vers sa Pi­car­die na­tale (il est né à Beau­vais) se­ra une belle oc­ca­sion d’y par­ve­nir en­fin. « Le 14 Juillet, à Amiens, pas loin de la mai­son… J’es­père briller oui ! » lance-til. Si at­ta­ché aux sym­boles, Marc Ma­diot, le ma­na­geur de la formation fran­çaise, rêve de vivre un jour de gloire. « Un suc­cès le 14 Juillet ? Oui, ça me parle, lâche-t-il. Mais je prends n’im­porte quel jour, moi main­te­nant ! Je n’ai pas d’exi­gence par­ti­cu­lière. Si on peut ga­gner, on gagne. »

LA­PORTE POUR CONJU­RER LE SORT

L’autre sprin­teur fran­çais, Christophe La­porte, 5e hier, ai­me­rait aus­si faire plai­sir à la France. Mais le cou­reur de la Co­fi­dis est lu­cide sur ses dif­fi­cul­tés. Tou­ché aux côtes après une vio­lente chute, le Va­rois souffre. « Je ne suis ja­mais au top et idéa­le­ment pla­cé, sou­pire-t-il. Il y a tel­le­ment d’im­menses sprin­teurs sur ce Tour qu’il est com­pli­qué de se glis­ser dans la bonne fe­nêtre. » Ce jour, évi­dem­ment, se­rait en­core plus ma­gni­fique si c’était ce sa­me­di. « Le 14 Juillet, c’est une mo­ti­va­tion sup­plé­men­taire, confes­set-il. Ce se­rait chouette qu’un Fran­çais gagne. » Il es­père aus­si que la mal­chance re­garde ailleurs : en se ren­dant à Chartres, un pneu du bus a écla­té. Et l’équipe a dû faire son brie­fing… chez un ha­bi­tant qui leur a ou­vert sa mai­son. « Les Fran­çais sont gen­tils », ex­plique un di­ri­geant. Rai­son de plus pour les fê­ter au­jourd’hui.

Chartres (Eu­reet-Loir), hier. Christophe La­porte (Co­fi­dis, à g.) et Arnaud Dé­mare (Grou­pa­ma-FDJ, à dr.) n’ont pas fait le poids au sprint.

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