Ch­ris­tine and the Queens nous sur­prend en­core

La chan­teuse a don­né jeu­di soir au Luxem­bourg le coup d’en­voi de sa tour­née in­ter­na­tio­nale. Nous y étions.

Le Parisien (Val d'Oise) - - Loisirs - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL ÉRIC BU­REAU À LUXEM­BOURG (LUXEM­BOURG)

Aar­tiste in­ter­na­tio­nale, tour­née in­ter­na­tio­nale. Et c’est au Luxem­bourg qu’il fal­lait se rendre jeu­di soir pour dé­cou­vrir le nou­veau show de Ch­ris, exCh­ris­tine and the Queens, Hé­loïse Le­tis­sier de son vrai nom. Un show pré­vu au Rock-hal, la plus grosse salle de concerts du pays, avec 6 000 places.

Jeu­di soir, un pu­blic aus­si hé­té­ro­clite que cos­mo­po­lite at­tend Ch­ris. Une ma­jo­ri­té de Fran­çais fron­ta­liers et de Luxem­bour­geois, mais aus­si un bon contin­gent bri­tan­nique. Londres a été la pre­mière ville af­fi­chant com­plet avant Pa­ris et la pre­mière date fran­çaise, le 18 dé­cembre à l’Ac­corHo­tels Are­na, la deuxième ne l’étant pas en­core. Le Rock­hal, lui, est à moi­tié plein, mais cha­leu­reux lorsque les lu­mières s’éteignent.

On re­trouve Ch­ris comme on l’avait lais­sée, en no­vembre 2016 lors de la fin de sa pre­mière tour­née au Royaume-Uni, per­for­meuse, dan­seuse au­tant que chan­teuse. Les trois pre­miers titres, « Comme si on s’ai­mait », « Damn, dis-moi » et « le G », s’ac­com­pagnent de cho­ré­gra­phies en­le­vées et mil­li­mé­trées. Ch­ris fait corps avec les six dan­seurs de la Horde, la nou­velle com­pa­gnie qui l’ac­com­pagne.

UN SHOW BIEN RYTH­MÉ QUI JOUE SUR LES DIF­FÉ­RENCES DE SES DEUX AL­BUMS

A l’in­verse des dan­seurs, le dé­cor est im­mo­bile. Juste une im­mense toile en fond de scène re­pré­sen­tant un pay­sage al­pestre qui s’illu­mine et s’as­som­brit au fil des chan­sons. On s’in­ter­roge… lorsque, au bout d’une de­mi-heure, un haut-par­leur der­rière le pu­blic crache « Ra­dio Ga Ga », de Queen. On se re­tourne et hop, les mu­si­ciens ont bou­gé, le dé­cor a chan­gé : une pein­ture re­pré­sente une mer sombre et dé­chaî­née.

Cet im­pres­sion­nant ta­bleau ins­pire deux des plus beaux mo­ments de ce concert. Lorsque Ch­ris achève « Here », son duo de 2016 avec Boo­ba — que l’on en­tend mais que l’on ne voit pas —, seule, dan­sant en sou­tien-gorge noir dans une tempête de vio­lons. Et pen­dant « l’Etran­ger », entre éclairs et tempête, elle forme avec ses dan­seurs une ma­gni­fique scène qui rap­pelle « le Ra­deau de la Mé­duse ».

Le spec­tacle dure une heure et de­mie, un show de ro­dage dé­jà bien ryth­mé qui joue sur les dif­fé­rences des deux al­bums, ac­cen­tuant la sen­si­bi­li­té du pre­mier et l’éner­gie « vé­nère », se­lon le terme de l’ar­tiste, du se­cond. Très en voix, plus sen­suelle, plus sûre d’elle, plus éman­ci­pée, Ch­ris chante 21 titres.

«On ne s’at­ten­dait pas à une per­for­mance pa­reille, com­plète, hy­per­vi­suelle, s’en­thou­siasment Paul, Luxem­bour­geois, et ses amies Alexan­dra, Zoé et Na­tha­lie, de Metz. Ce­la ne res­semble à rien d’autre. » «C’est sur­pre­nant et tendre, ajoutent Flo­rence et Jacques, la cin­quan­taine, de Kan­fen, près de Thion­ville. Des amis ne sont pas ve­nus parce qu’ils trouvent qu’elle en fait trop, mais elle est juste ha­bi­tée. Ce n’est pas que de la chan­son. C’est de l’art. »

Luxem­bourg (Luxem­bourg), jeu­di soir. Ch­ris a lan­cé sa sé­rie de concerts avec ses dan­seurs de la Horde au Rock­hal.

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