Wau­quiez ne se re­nie pas

Le presque can­di­dat à la pré­si­dence des Républicains a plai­dé hier soir pour une droite « vrai­ment de droite », à la mode Sar­ko­zy. Quitte à s’alié­ner ceux qui lui re­prochent sa ligne très conser­va­trice.

Le Parisien (Yvelines) - - POLITIQUE - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL @oli­vier­beau­mont OLI­VIER BEAUMONT À CH­TEAU­RE­NARD (BOUCHES-DU-RHÔNE)

CEUX QUI AVAIENT en­core des doutes sur les in­ten­tions de Laurent Wau­quiez pour la pré­si­dence des Républicains ont vu hier soir leurs der­nières in­ter­ro­ga­tions le­vées. De­vant un par­terre de mi­li­tants chauf­fés à blanc, ce­lui qui se re­ven­dique comme le digne hé­ri­tier de Ni­co­las Sar­ko­zy a fait un pas de plus vers la can­di­da­ture, qu’il de­vrait of­fi­cia­li­ser di­manche lors de sa tra­di­tion­nelle as­cen­sion an­nuelle du mont Mé­zenc (Haute-Loire). « La droite n’est pas morte, le temps de la re­cons­truc­tion est ve­nu, nous al­lons faire re­naître en­fin l’es­poir ! » a-t-il lan­cé dès les pre­mières mi­nutes d’un dis­cours fleuve pro­non­cé à Châ­teau­re­nard (Bouches-duR­hône). Là même où l’an­cien chef de l’Etat avait of­fi­cia­li­sé sa can­di­da­ture pour la pri­maire de la droite il y a tout juste un an.

Un clin d’oeil par-ci, le pouce le­vé à chaque re­gard qu’il croise… Wau­quiez la joue à l’amé­ri­caine, fa­çon Trump, avec une mise en scène au cor­deau. Et le sou­tien à ses cô­tés d’Eric Ciot­ti, dé­pu­té des Alpes-Ma­ri­times, comme de tous les ba­rons lo­caux. Plus sur­pre­nante, la pré­sence de Da­niel Fas­quelle, lui­même can­di­dat, et pas for­cé­ment à l’aise dans cette as­sis­tance ac­quise à son cham­pion. « Sa pré­sence montre que nous ne re­joue­rons pas les di­vi­sions. Nous ne re­joue­rons pas la ba­taille Fillon-Co­pé ! » as­sène le pré­sident de la ré­gion Au­vergne Rhône-Alpes, ap­plau­di par un mil­lier de sym­pa­thi­sants, par­mi les­quels son épouse Char­lotte, as­sise au pre­mier rang.

Ac­cu­sé d’in­car­ner une droite dure et conser­va­trice au sein de LR, ce­lui qui fait fi­gure de fa­vo­ri pour cette élec­tion, pré­vue les 10 et 17 dé­cembre, prend le temps de se jus­ti­fier. Mais sans se re­nier. « Par­ler de mé­rite et d’ef­fort à l’école, dé­fendre le tra­vail, consi­dé­rer qu’une so­cié­té a be­soin d’au­to­ri­té, re­fu­ser le com­mu­nau­ta­risme et af­fir­mer la laï­ci­té, ce ne sont pas des gros mots. Je suis par­fois sur­pris de voir cer­tains dire que ce se­raient des va­leurs de droite dure », charge-t-il, en ci­blant no­tam­ment les jup­péistes qui me­nacent de cla­quer la porte s’il ve­nait à ga­gner. « Mais en­fin, som­mes­nous de­ve­nus à ce point aveugles ? Avons-nous dé­ci­dé de nous sou­mettre à la pen­sée de gauche ? » en­fonce-t-il.

OP­PO­SANT NU­MÉ­RO 1 À EM­MA­NUEL MA­CRON

L’an­cien mi­nistre de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur a beau plai­der pour le « ras­sem­ble­ment », il n’a pas l’in­ten­tion d’in­flé­chir son dis­cours, et re­fuse que « la droite jette un voile pu­dique sur ses idées ». Au­tant dire que le che­min du ras­sem­ble­ment de toute la fa­mille po­li­tique n’est pas ga­gné. D’au­tant que cer­tains ri­vaux l’ac­cusent de vou­loir ver­rouiller le par­ti. « Un par­ti n’est pas un clan, c’est une équipe. Et notre pro­chain pré­sident de­vra veiller à ce que cha­cun puisse s’ex­pri­mer », cor­rige Wau­quiez dans la fou­lée, his­toire de don­ner quelques gages. Lui se drape dé­jà dans la peau du fu­tur op­po­sant nu­mé­ro 1 au pré­sident de la Ré­pu­blique : « Ma­cron, c’est le vide », étrille-t-il.

Dans la salle, les mi­li­tants exultent. « C’est l’homme qu’il nous faut pour la tête du par­ti, mais aus­si pour 2022 ! Il est jeune, cash et fier d’être de droite », s’em­balle Ber­trand. Quelques tra­vées plus loin, Alain et Georges, deux sexa­gé­naires ve­nus de Ma­ri­gnane (Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur), vont plus loin : « Fi­ni la droite molle. Il nous faut une droite dure, fière de son his­toire et pa­triote. Une droite qui se rap­proche du Front na­tio­nal ! » A la tri­bune, le prin­ci­pal in­té­res­sé ne va pas aus­si loin, ou pas tout à fait, se conten­tant d’at­ti­ser par­fois la fibre po­pu­liste de la foule lors­qu’il dé­nonce l’as­sis­ta­nat et les bé­né­fi­ciaires du RSA. Bref, du Wau­quiez pur jus, bien dé­ci­dé à s’em­pa­rer de la pré­si­dence des Républicains en flat­tant la base la plus droi­tière de son camp.

Châ­teau­re­nard (Bouches-du-Rhône), hier. De­vant un mil­lier de sym­pa­thi­sants, Laurent Wau­quiez a fait un pas de plus vers la can­di­da­ture à la pré­si­dence des Républicains.

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