Le pa­ri ris­qué d’un « bé­bé Jup­pé »

36 ans, pour­rait bri­guer lui aus­si la pré­si­dence de LR.

Le Parisien (Yvelines) - - POLITIQUE - O.B.

IRA, IRA PAS ? Alors qu’ils sont dé­jà trois sur la ligne de dé­part pour la pré­si­dence des Républicains — Laurent Wau­quiez, Flo­rence Por­tel­li et Lau­rence Sailliet —, Maël de Ca­lan, qui fut en charge du pro­gramme éco­no­mique d’Alain Jup­pé pen­dant la cam­pagne de la pri­maire, pour­rait bien se lan­cer dans les pro­chains jours. « Il tâte le ter­rain, consulte beau­coup au­tour de lui. Mais une chose est sûre, il est hors de ques­tion de lais­ser les clés du par­ti à Wau­quiez », at­taque un proche du maire de Bor­deaux. « Wau­quiez, ce n’est pas notre tasse de thé. Notre voix doit pou­voir exis­ter dans cette cam­pagne, si­non ça se­ra sans nous », ren­ché­rit un autre jup­péiste, Do­mi­nique Bus­se­reau, pré­sident du dé­par­te­ment de la Cha­rente-Ma­ri­time.

IN­CON­NU DU GRAND PU­BLIC

Mar­di soir sur France In­fo, Maël de Ca­lan, conseiller dé­par­te­men­tal du Fi­nis­tère, a pris ses dis­tances avec le grand fa­vo­ri de scru­tin in­terne : « Le pro­jet po­li­tique de l’UMP en 2002, quand elle a été fon­dée par Jacques Chi­rac et Alain Jup­pé, était de faire co­exis­ter toutes les fa­milles de la droite : une droite conser­va­trice, même très conser­va­trice, celle qu’in­carne Laurent Wau­quiez, et des droites qui sont plus ou­vertes », ex­pose-til, en ajou­tant que la pre­mière n’est pas à ses yeux « ma­jo­ri­taire » chez les Républicains.

Reste à sa­voir si Ca­lan, 36 ans, dont le vi­sage pou­pin est en­core in­con­nu du grand pu­blic, au­ra les épaules pour in­car­ner cette autre voie. « C’est un pa­ri tout de même ris­qué. Si Wau­quiez gagne, la règle veut que les per­dants se rangent der­rière le vain­queur. Est-ce ce­la que veulent les jup­péistes ? Je n’en suis pas sûr », confie l’un d’eux au siège de LR. Rue de Vau­gi­rard, on pré­fère iro­ni­ser sur cette hy­po­thèse : « Les jup­péistes sont per­sua­dés de pe­ser lourd dans le par­ti alors qu’ils ne sont qu’un groupe d’une ving­taine d’ai­gris », tacle un per­mace nent, avant de pour­suivre, plus cy­nique : « Si Ca­lan y va, il va faire quoi ? 5 % ? 8 % ? Au moins, on ver­ra ce que pèsent vrai­ment la voix du maire de Bor­deaux chez les mi­li­tants. »

Maël de Ca­lan (à d.) était en charge du pro­gramme éco­no­mique d’Alain Jup­pé (à g.) pour la pri­maire.

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