«La guerre m’a les­té »

Jean-Yves Le Drian, le chef de la di­plo­ma­tie, a re­çu « le Pa­ri­sien » - « Au­jourd’hui en France » dans son bu­reau. Pour l’ex-mi­nistre de Hol­lande, Ma­cron a re­mis la France dans le jeu in­ter­na­tio­nal.

Le Parisien (Yvelines) - - POLITIQUE - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR AVA DJAMSHIDI ET HEN­RI VERNET

En quoi le monde se­lon Ma­cron est-il dif­fé­rent de ce­lui de Hol­lande ? JEAN-YVES LE DRIAN. Je ne veux pas les com­pa­rer. Dans ce que le chef de l’État a dé­fi­ni mar­di de­vant les am­bas­sa­deurs, il y a du prag­ma­tisme et de l’am­bi­tion. L’af­fir­ma­tion d’un grand pro­jet pour la France : ce­lui d’être une puis­sance qui s’af­firme, à la fois dans les do­maines di­plo­ma­tique et éco­no­mique. Le pré­sident a ir­ri­té la Po­logne. La po­li­tique eu­ro­péenne se­ra moins en­cline au com­pro­mis ? Il faut que l’Eu­rope re­vienne à ses fon­da­men­taux : pro­té­ger et faire en sorte qu’il y ait une plus grande pros­pé­ri­té, ce qui sup­pose une cer­taine in­ter­dé­pen­dance mais aus­si de la so­li­da­ri­té. L’Eu­rope, ce n’est pas le ni­vel­le­ment par le bas, c’est la conver­gence vers le haut. Ce n’est pas à ceux qui veulent em­pê­cher l’Eu­rope d’avan­cer de don­ner le ton. S’il faut avan­cer à quel­que­suns, en res­tant ou­vert à toutes les bonnes vo­lon­tés, nous le fe­rons, avec un ob­jec­tif : ti­rer l’Eu­rope vers le haut. Y a-t-il en­core un mo­teur fran­co-al­le­mand, ou est-ce la chan­ce­lière Mer­kel qui mène la danse ? Em­ma­nuel Ma­cron a lar­ge­ment em­por­té l’élec­tion sur le thème de l’Eu­rope. Il a eu cette au­dace. Ce seul fait a re­po­si­tion­né la France dans une re­la­tion plus équi­li­brée avec l’Al­le­magne. De­puis lors, la co­opé­ra­tion entre nos deux pays a re­pris de la vi­gueur, comme l’a mon­tré le Con­seil fran­co-al­le­mand du 13 juillet, avec des ré­sul­tats concrets, no­tam­ment en ma­tière de dé­fense. Il y au­ra cer­tai­ne­ment de nou­velles ini­tia­tives après les élec­tions al­le­mandes. Com­ment le pré­sident est-il per­çu à l’étran­ger ? L’ar­ri­vée de Ma­cron a gé­né­ré une nou­velle at­trac­ti­vi­té de la France. Ce­la lui per­met de par­ler avec tout le monde et d’être res­pec­té. C’est une force consi­dé­rable.

Pa­ris (XVe), le 29 août. Jean-Yves Le Drian, mi­nistre de l’Eu­rope et des Af­faires étran­gères, dans son bu­reau : « L’ar­ri­vée d’Em­ma­nuel Ma­cron a gé­né­ré une nou­velle at­trac­ti­vi­té de la France. »

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