Des tests plus conformes à la réa­li­té

Les nou­veaux mo­dèles lan­cés sur le mar­ché sont dé­sor­mais sou­mis à des pro­to­coles bien plus dras­tiques pour ten­ter de dé­cro­cher leur ho­mo­lo­ga­tion.

Le Parisien (Yvelines) - - ÉCONOMIE - PAR ER­WAN BENEZET @er­wan­be­ne­zet

MIEUX COL­LER aux condi­tions réelles d’uti­li­sa­tion. Tel est l’ob­jec­tif que s’est don­né l’Union eu­ro­péenne en mo­di­fiant les tests qui per­mettent de me­su­rer la consom­ma­tion et les émis­sions de gaz ou de par­ti­cules des nou­veaux mo­dèles, avant leur ho­mo­lo­ga­tion.

Mis en place de­puis ce ma­tin, ces nou­veaux tests, plus exi­geants, de­vraient four­nir des don­nées plus pré­cises. Et ré­duire ain­si l’écart ob­ser­vé au­pa­ra­vant par les au­to­mo­bi­listes entre les in­for­ma­tions conte­nues dans les fiches tech­niques de leur vé­hi­cule, no­tam­ment sur la consom­ma­tion de car­bu­rant, et ce qu’ils ob­servent à l’uti­li­sa­tion.

IDE QUOI S’AGIT-IL ?

Jus­qu’à hier, les construc­teurs sui­vaient un pro­to­cole ap­pe­lé « nou­veau cycle eu­ro­péen de conduite » (New Eu­ro­pean Dri­ving Cycle — NEDC — en an­glais). Un pro­to­cole qui n’avait de nou­veau que le nom, puis­qu’il avait été mis en place en… juillet 1973.

Il a d’ailleurs été lar­ge­ment dé­crié au mo­ment du scan­dale des mo­teurs die­sel tru­qués de Volks­wa­gen, en sep­tembre 2015. Pour­quoi ? Réa­li­sé qua­si ex­clu­si­ve­ment en la­bo­ra­toire, le NEDC n’était que très peu re­pré­sen­ta­tif des condi­tions réelles de conduite sur route. Avec des ac­cé­lé­ra­tions d’es­car­got, et des chan­ge­ments de rap­ports pré­dé­ter­mi­nés.

IUN NOU­VEAU PRO­TO­COLE ?

Exit le NEDC. Bon­jour, donc, au WLTP (World­wide Har­mo­ni­zed Light Ve­hicles Test Pro­ce­dure — « pro­cé­dure de test des vé­hi­cules lé­gers har­mo­ni­sée au ni­veau mon­dial », en fran­çais). Con­crè­te­ment, sur l’un des tests par exemple, les phases d’ac­cé­lé­ra­tion ont été mul­ti­pliées par trois, pas­sant de 0 à 50 km/h en 15 se­condes (pas de quoi être dé­coif­fé) à une four­chette com­prise entre 5 et 10 se­condes, plus conforme à la ma­nière dont nous ap­puyons sur le cham­pi­gnon après un feu rouge.

QU’EST-CE QUE CE­LA CHAN­GE­RA ?

Les mo­teurs étant plus sol­li­ci­tés, les consom­ma­tions et les quan­ti­tés de re­jets pol­luants se­ront for­cé­ment plus éle­vées. Les voi­tures nou­vel­le­ment mises sur le mar­ché dans les pro­chains mois sem­ble­ront donc plus éner­gi­vores et pol­luantes que leurs grandes soeurs.

« Mais c’est sim­ple­ment la ma­nière de les me­su­rer qui au­ra chan­gé, ob­serve un construc­teur. Ce­la va nous pous­ser à être en­core plus ver­tueux dans les an­nées à ve­nir. » Plus ver­tueux certes. Mais ces mêmes construc­teurs pour­raient être ten­tés de chan­ger éga­le­ment le pro­fil de leurs mo­to­ri­sa­tions pour s’adap­ter aux nou­velles contraintes. Ce qui était dé­jà le cas sous l’ère NEDC, avec des pe­tits mo­teurs sou­vent mous du ge­nou au dé­mar­rage, pour li­mi­ter jus­te­ment les émis­sions, et do­pés avec des tur­bo­com­pres­seurs. Le nou­veau WLTP pour­rait donc re­lan­cer la pro­duc­tion de mo­teurs de plus fortes cy­lin­drées.

ILE CA­LEN­DRIER ?

Le lé­gis­la­teur eu­ro­péen a pré­vu une mise en place du nou­veau pro­to­cole en trois temps. Seuls les nou­veaux mo­dèles se­ront dans un pre­mier temps concer­nés. Puis dans un an, à par­tir du 1er sep­tembre 2018, c’est l’en­semble des mo­dèles en vente sur le mar­ché qui de­vra s’ali­gner.

En­fin, dès le 1er jan­vier 2019, l’af­fi­chage des ré­sul­tats se­ra ren­du obli­ga­toire en conces­sion, ain­si que dans les fiches tech­niques des vé­hi­cules.

Mis en place ce ma­tin, les nou­veaux tests de­vraient être plus re­pré­sen­ta­tifs des condi­tions réelles de conduite sur route.

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