80 % des bé­bés naissent dans 200 villes !

La concen­tra­tion des ma­ter­ni­tés est telle en France que les nour­ris­sons voient le jour pra­ti­que­ment tous au même en­droit, se­lon une étude pu­bliée hier par l’In­see.

Le Parisien (Yvelines) - - ÉCONOMIE - PAR

VOUS AVEZ POUS­SÉ votre pre­mier cri à Brou-sur-Chan­te­reine (Seine-et-Marne), Joi­gny (Yonne), Mont-Saint-Mar­tin (Meur­theet-Mo­selle), Athis-Mons (Es­sonne), Saint-Jean-d’An­gé­ly (Cha­rente-Ma­ri­time) ? Vous faites par­tie d’une es­pèce en voie de dis­pa­ri­tion : celle des Fran­çais nés dans des pe­tites villes qui fleurent bon le ter­roir . Toutes ces ma­ter­ni­tés ont fer­mé, cer­taines de­puis belle lu­rette et les fu­tures ma­mans ont été priées d’al­ler ac­cou­cher dans des hô­pi­taux plus grands, plus sûrs, mais aus­si sou­vent plus loin de chez elles.

A tel point que, se­lon une étude pu­bliée hier par l’In­see à par­tir des sta­tis­tiques de l’état ci­vil, 80 % des 784 000 nais­sances en­re­gis­trées en 2016 ont eu lieu dans seule­ment… 200 com­munes. Au to­tal, seules 2 800 des 35 900 com­munes fran­çaises ont vu naître des bé­bés. Et en­core, dans la plu­part d’entre elles, soit 2 200, ce ne sont qu’un ou deux nour­ris­sons qui y ont vu le jour dans l’an­née. La plu­part du temps il s’agit alors de nais­sances au do­mi­cile des pa­rents, qu’elles soient in­opi­nées, pour cause de nour­ris­son trop pres­sé, ou par choix.

DEUX TIERS DES MA­TER­NI­TÉS FER­MÉES EN QUA­RANTE ANS

Si l’on y re­garde de plus près, l’étude ré­vèle que près de 1 en­fant sur 10 naît dans seule­ment quatre villes ! Pa­ris est la com­mune où le nombre de nais­sances est le plus éle­vé. La ca­pi­tale a vu, l’an der­nier, naître 42 000 bé­bés. Elle est sui­vie par Tou­louse (qui en­re­gistre 15 000 nais­sances), Mar­seille (14 000) et Lyon (10 000). La grande ma­jo­ri­té des nais­sances (99,6 %) se ré­par­tit sur un en­semble de 500 com­munes.

L’In­see ex­plique ces ré­sul­tats par la concen­tra­tion des hô­pi­taux : « Entre 1975 et 2015, près des deux tiers des ma­ter­ni­tés ont fer­mé. Ces fer­me­tures se sont ac­com­pa­gnées d’un ac­crois­se­ment de la taille des ma­ter­ni­tés res­tantes. » Le mi­nis­tère de la San­té fait état de « 1 369 éta­blis­se­ments en 1975 » contre « 518 en 2014 en France mé­tro­po­li­taine ».

Il est vrai­ment très loin le temps où les femmes ac­cou­chaient à la mai­son et où la carte d’iden­ti­té de leur en­fant men­tion­nait à vie la ville d’ori­gine de la fa­mille. Dé­sor­mais, seuls 3 bé­bés sur 10 voient le jour dans la com­mune de do­mi­cile de leur mère. Les fu­tures ma­mans doivent donc al­ler de plus en plus loin pour re­joindre l’hô­pi­tal qu’elles ont choi­si.

L’In­see pré­cise qu’il est tou­te­fois rare que les femmes ac­couchent en de­hors de leur dé­par­te­ment de do­mi­cile : « 9 nou­veau-nés sur 10 » sont ain­si nés « dans le dé­par­te­ment de do­mi­cile de leur mère ». Elle note par ailleurs que « mal­gré la ré­duc­tion du nombre de ma­ter­ni­tés, la moi­tié des femmes mettent moins de dix-sept mi­nutes pour al­ler ac­cou­cher ». Un chiffre stable.

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