Une ren­trée brû­lante C’

FOOT­BALL Qua­li­fi­ca­tions Mon­dial 2018. Après leur dé­faite en Suède, les Bleus de­vront écar­ter les Néer­lan­dais de leur route ce soir pour re­prendre leur marche en avant.

Le Parisien (Yvelines) - - SPORTS - PAR DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC

est un soir à mon­trer sa sou­plesse et re­bas­cu­ler du bon cô­té alors que les Bleus ont glis­sé sur la pente de l’in­quié­tude le 9 juin der­nier, à l’is­sue d’un Suède - France moche en tout et per­dant (2-1). La meilleure des acro­ba­ties consiste à se re­mettre à l’en­droit et à rac­com­pa­gner po­li­ment les Pays-Bas vers la sor­tie. L’équipe de France peut es­pé­rer sur­vivre ce soir à un nou­vel échec, même si ce n’est pas l’idée, pas les Néer­lan­dais, sur un fil, ce qui les rend au­tant dan­ge­reux et mo­ti­vés que prêts à tom­ber.

Qui au­ra plus de souffle pour pous­ser l’autre dans les or­ties et les affres d’un bar­rage ou d’une Rus­sie qui de- vien­drait une chi­mère ? On vé­ri­fie­ra l’état des Pays-Bas ce soir, cette na­tion ma­jeure du jeu que l’on n’a pas en­vie de voir, au fond de nous, ra­ter une Coupe du monde 2018 après avoir dé­ser­té l’Eu­ro 2016. Mais les Bleus n’ont pas le choix et il n’y a plus de po­li­tesse du coeur qui tienne ce soir dans un match brû­lant, l’un des plus ten­dus et in­cer­tains de­puis des lustres en éli­mi­na­toires.

« ON VA SE SURPASSER » HUGO LLORIS, CA­PI­TAINE DES BLEUS

Pour l’ins­tant, ce sont les Bleus qui nous pré­oc­cupent. Leur état de forme ne ras­sure en rien. C’est une at­taque à 166 mi­nutes de jeu qui se pré­sente ce soir sur la pe­louse du Stade de France avec Griez­mann (67 mi­nutes avec l’At­lé­ti­co en un seul match) et Gi­roud (99 mi­nutes ré­par­ties en quatre ren­contres). « Ils se­ront à 100 % du mo­ment, ré­sume jo­li­ment Di­dier Des- champs. Ne pas être à 100 % de son po­ten­tiel, ça pose moins de pro­blème sur un match que sur un en­chaî­ne­ment de matchs. »

Les contraintes du mo­ment s’ajoutent aux ques­tions de la fin du prin­temps. Un an après son Eu­ro glo­ba­le­ment réus­si, la sé­lec­tion tri­co­lore ne dé­gage plus le même sen­ti­ment de force, de so­li­di­té et de ca­pa­ci­té à s’ex­tir­per d’un piège ou à ap­puyer là où ça fait mal chez l’ad­ver­saire. Contre l’Es­pagne, les Bleus ont pris une le­çon puis se sont en­fouis dans la nuit sué­doise sans ré­ac­tion col­lec­tive ni du sé­lec­tion­neur, trop long à sor­tir Payet, trop gen­til avec Sis­so­ko, qui a dis­pu­té toute la par­tie. A deux couacs, la thèse de l’ac­ci­dent tient-elle tou­jours ? « Je ne suis pas en alerte, ex­plique le pa­tron des A. Ce ré­sul­tat (NDLR : en Suède) ne nous met pas dans la si­tua­tion qu’on es­pé­rait, mais on est tou­jours dans la même op­tique de se qua­li­fier. »

En re­trou­vant sa fo­lie créa­trice — l’apa­nage d’un Pog­ba, l’es­pé­rance pla­cée en Le­mar et Co­man —, en ima­gi­nant en­fin Griez­mann à son ni­veau et en mi­sant sur Gi­roud, plus à l’aise en bleu qu’à Arsenal, l’équipe de France pous­sée par un Stade de France bouillant peut re­trou­ver le che­min de la Rus­sie alors qu’elle s’est en­fer­rée dans un dé­tour qu’il ne faut pas trans­for­mer en im­passe. « On va se surpasser pour es­sayer de battre les Pays-Bas », avance le ca­pi­taine Hugo Lloris, peu en­clin à em­ployer en gé­né­ral les grands mots.

Les Bleus doivent faire comme des grands, sans un cadre par ligne (Va­rane, Ma­tui­di, Payet), un soir où les clubs ten­te­ront en­core d’en joindre cer­tains même s’ils sont sur la pe­louse pour fi­na­li­ser un trans­fert, avec la plus forte pres­sion de­puis la fi­nale de l’Eu­ro 2016 et sans une se­maine com­plète de pré­pa­ra­tion pour en lais­ser quelques grammes en route. Le dé­fi est consi­dé­rable.

En oc­tobre der­nier, Paul Pog­ba avait of­fert la vic­toire aux Bleus (1-0) face aux Pays-Bas.

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