Ré­veille-toi ! GRIEZ­MANN Rob­ben

Si pré­cieux pen­dant l’Eu­ro 2016, la star des Bleus, moins en verve dans cette cam­pagne de qua­li­fi­ca­tions, se­ra par­ti­cu­liè­re­ment at­ten­due ce soir.

Le Parisien (Yvelines) - - FOOTBALL - FRÉ­DÉ­RIC GOUAILLARD (AVEC D.S.)

AN­TOINE GRIEZ­MANN vient de chan­ger de coupe de che­veux, et cette mo­di­fi­ca­tion ca­pil­laire af­fole ces der­niers jours les ré­seaux so­ciaux et la presse people. De­puis l’Eu­ro 2016 et son titre de meilleur joueur, le look et, plus lar­ge­ment, la vie de l’at­ta­quant de 26 ans sont scru­tés et ana­ly­sés comme s’il s’agis­sait d’une dé­ci­sion po­li­tique d’im­por­tance. La ran­çon du suc­cès ? Les dé­rives du star-sys­tème ? Un peu de tout ça.

Cô­té foot­ball, en re­vanche, l’ama­teur de beaux gestes et d’ef­fi­ca­ci­té peut s’es­ti­mer lé­sé. Non pas que la der­nière sai­son de Gri­zou soit à je­ter aux or­ties, mais son ren­de­ment à l’At­lé­ti­co Ma­drid et chez les Bleus est en de­çà de ce qu’on peut at­tendre du troi­sième au der­nier Bal­lon d’or. « Il a beau­coup joué ces der­nières sai­sons, peut-être

trop, même, sur­tout dans un sys­tème très exi­geant en club. A un mo­ment, c’est nor­mal qu’il soit un peu moins bien, ex­plique l’an­cien Bleu Ro­bert Pi­rès. Ses stats sont tou­jours in­té­res­santes (NDLR : 26 buts avec l’At­lé­ti­co et 3 en équipe de France la sai­son der­nière as­sor­tis de 14 passes

dé­ci­sives) mais dans le conte­nu il est un peu moins per­for­mant. Ce­la ar­rive à chaque joueur dans une car­rière. Il a por­té les Bleus à l’Eu­ro 2016 et il y a aus­si un peu un risque de dé­com­pres­sion après ça. »

DI­GÉ­RER SON CHAN­GE­MENT DE STA­TUT

Si Griez­mann su­bit une baisse de régime propre à tous les grands joueurs, celle-ci coïn­cide aus­si avec l’an­née de tous les chan­ge­ments pour le na­tif de Mâ­con (Saône-et-Loire). Faut-il lier les deux ? Dif­fi­cile à dire, mais l’at­ta­quant des Bleus a mul­ti­plié, en 2016 et 2017, les col­la­bo­ra­tions pu­bli­ci­taires avec de grandes marques (8 au to­tal, dont des mas­to­dontes comme L’Oréal, Pu­ma, Elec­tro­nic Arts…). Une dis­per­sion que Di­dier Des­champs ne goûte guère. Le sé­lec­tion­neur l’a même gen­ti­ment re­ca­dré en juin après ses pres­ta­tions en dents de scie. Dans le jeu, le pa­tron des Bleus re­grette aus­si la pro­pen­sion de son lea­deur d’at­taque à se dis- per­ser un peu trop sur le ter­rain et à moins pe­ser, de fait, dans la zone de vé­ri­té.

Der­niè­re­ment, l’at­ta­quant a choi­si de se sé­pa­rer de son conseiller Eric Ol­hats, quelques mois après avoir écar­té son agent d’image, Sé­bas­tien Bellencontre, pour le rem­pla­cer par sa soeur et plus glo­ba­le­ment se re­cen­trer sur sa cel­lule fa­mi­liale. « Il est trop fa­cile d’af­fir­mer que ce sont les con­trats pu­bli­ci­taires qui ex­pliquent sa baisse de régime, ana­lyse Bellencontre. An­toine a aus­si vé­cu des évé­ne­ments ex­tra­spor­tifs comme la nais­sance de sa fille ou son ma­riage, dans le­quel il s’est beau­coup im­pli­qué. Et puis, il est cer­tai­ne­ment le joueur of­fen­sif qui a par­cou­ru le plus de ki­lo­mètres sur le ter­rain ces deux der­nières sai­sons. Mais sur­tout, je crois qu’il a be­soin de di­gé­rer son chan­ge­ment de sta­tut. Ce n’est pas fa­cile de de­ve­nir du jour au len­de­main une star pla­né­taire. »

Une star à la­quelle Di­dier Des­champs conti­nue de té­moi­gner sa confiance. Le sé­lec­tion­neur n’a d’ailleurs pas pré­vu de se pas­ser de son at­ta­quant ve­dette ce soir face aux Pays-Bas (il avait connu contre les Néer­lan­dais la pre­mière de ses 43 sé­lec­tions, le 5 mars 2014). Il croit à un re­tour de flamme « En fin de sai­son, il était comme d’autres fa­ti­gué. Je sais ce qu’il est ca­pable de faire, je ne vais pas m’in­quié­ter pour lui. »

Clai­re­fon­taine (Yve­lines), lun­di. An­toine Griez­mann compte dé­jà 43 sé­lec­tions en équipe de France.

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