L’éter­nelle me­nace

Les Pays-Bas comp­te­ront ce soir sur leur at­ta­quant de 33 ans, sou­vent di­mi­nué par les bles­sures mais tou­jours ef­fi­cace et mo­ti­vé comme ja­mais face aux Bleus.

Le Parisien (Yvelines) - - FOOTBALL - DE NOTRE COR­RES­PON­DANT ALAIN JOUTEAU À BER­LIN (AL­LE­MAGNE)

AU STADE DE FRANCE, les Pays-Bas jouent gros. Tou­jours dans la course à la qua­li­fi­ca­tion après leur suc­cès contre le Luxem­bourg (3-0) dé­but juin, les Oranje comptent bien in­fli­ger aux Bleus une deuxiè- me dé­faite de rang (après celle en Suède) qui re­lan­ce­rait to­ta­le­ment ce groupe si ho­mo­gène et qui les pla­ce­rait psy­cho­lo­gi­que­ment en po­si­tion fa­vo­rable avant les trois der­niers matchs de ces éli­mi­na­toires, et no­tam­ment la der­nière jour­née avec la ré­cep­tion de la Suède.

Plu­tôt que de craindre un scé­na­rio ca­tas­trophe avec une deuxième éli­mi­na­tion consé­cu­tive après avoir man­qué la phase fi­nale de l’Eu­ro 2016 en France, les co­équi­piers d’Ar­jen Rob­ben pré­fèrent voir le bon cô­té des choses. « Son­ger à une éven­tuelle éli­mi­na­tion ne m’a pas une seule fois ef­fleu­ré l’es­prit, ex­pli­quait l’ai­lier droit du Bayern Mu­nich, pro­mu ca­pi­taine des Pays-Bas en août 2015. Si notre vic­toire contre les Luxem­bour­geois nous a re­mis en course, la dé­faite des Fran­çais en Suède nous a da­van­tage fait du mal sa­chant que nous n’avons pas notre des­tin entre nos mains. »

IL CROIT AU COME-BACK DES PAYS-BAS DANS CES ÉLI­MI­NA­TOIRES

Sou­vent per­tur­bé par d’in­nom­brables bles­sures ces der­nières an­nées, Rob­ben aborde ce ren­dez­vous cru­cial avec beau­coup d’en­vie et d’am­bi­tions, bien que son dé­but de sai­son avec le Bayern ait été gâ­ché par une lé­sion à un mol­let, puis par des dou­leurs mus­cu­laires à une cuisse. La preuve en a été ap­por­tée le week-end der­nier lors­qu’il s’est en­traî­né seul au centre d’en­traî­ne­ment du club mu­ni­chois lors d’un jour de re­pos afin de res­ter dans le rythme. « Dé­fier la France, fi­na­liste de l’Eu­ro, est ex­ci­tant. Quand vous re­gar­dez notre groupe, nous avons in­con­tes­ta­ble­ment le po­ten­tiel pour nous im­po­ser. Avec Ro­bin Van Per­sie, Mem­phis De­pay, Wes­ley Snei­j­der, Eric Wi­j­nal­dum et Ke­vin Stroot­man, notre sé­lec­tion a de la gueule. » Fi­na­liste de la Coupe du monde 2010 et de­mi-fi­na­liste du Mon­dial 2014 avec la sé­lec­tion ba­tave, Rob­ben n’ima­gine en au­cun cas ache­ver sa car­rière in­ter­na­tio­nale sur un cui­sant échec. « Nos chances d’al­ler en Rus­sie ne sont pas éle­vées, mais j’y crois. Si nous rem­por­tons nos quatre der­niers matchs, je suis in­ti­me­ment convain­cu que nous au­rons dé­cro­ché notre ti­cket pour la phase fi­nale. »

Ce soir, il va ho­no­rer sa qua­tre­vingt-trei­zième sé­lec­tion. Connais­sant l’ego sur­di­men­sion­né du per­son­nage, une cen­tième l’ob­sède, mais elle ne se­rait pos­sible que lors… de la Coupe du monde dans dix mois, sa­chant qu’à 33 ans, le voir pour­suivre avec les Pays-Bas jus­qu’à l’Eu­ro 2020 semble illu­soire.

Pour re­tour­ner une si­tua­tion bien mal em­bar­quée dans ces éli­mi­na­toires, il compte sur le re­tour de l’ex­pé­ri­men­té Dick Ad­vo­caat comme sé­lec­tion­neur pour re­don­ner un nou­vel élan à une équipe na­tio­nale en per­di­tion. Il y a qua­torze ans, Rob­ben avait fê­té ses dé­buts en sé­lec­tion avec… Ad­vo­caat sur le banc. « A l’époque, j’étais le pe­tit jeune qui cô­toyait des monstres tels que Jaap Stam, les frères de Boer, Cla­rence See­dorf ou en­core Marc Over­mars qui sont tous de­ve­nus en­traî­neurs. Là, c’est mon rôle de gui­der nos joueurs en de­ve­nir », as­su­rait Rob­ben. A 69 ans, Ad­vo­caat di­rige les Pays-Bas pour la troi­sième fois de sa car­rière. Il mise plus que ja­mais sur Rob­ben pour ter­ras­ser les Bleus. A n’en pas dou­ter, il consti­tue­ra son plus gros dan­ger.

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