L’après-Par­ker com­mence main­te­nant

Or­phe­line de son joueur le plus em­blé­ma­tique et pri­vée de plu­sieurs cadres, l’équipe de France en­tend prou­ver qu’elle reste com­pé­ti­tive.

Le Parisien (Yvelines) - - SPORTS - PAR JU­LIEN LE­SAGE ET ERIC MI­CHEL

IL FUT PEN­DANT QUINZE ANS leur guide su­prême. Le sher­pa qui les a por­tés sur le toit de l’Eu­rope en 2013 et dans le cercle des cinq meilleures na­tions du monde. To­ny Par­ker a quit­té la mai­son bleue un après-mi­di d’août 2016 à Rio, en quarts de fi­nale des JO, juste après la pire dé­cu­lot­tée de sa fan­tas­tique car­rière contre l’Es­pagne (92-67). Le qua­druple cham­pion NBA a pris sa re­traite in­ter­na­tio­nale pour pro­fi­ter de ses étés et de ses deux en­fants.

L’Eu­ro, qui com­mence au­jourd’hui en Fin­lande pour les Bleus, ouvre donc une nou­velle ère. Une nou­velle donne aus­si. « On ne va pas faire re­ve­nir To­ny, c’est im­pos­sible, confesse son frère d’armes Bo­ris Diaw. Il faut donc main­te­nant qu’on s’ha­bi­tue à jouer sans lui. C’est comme ça et ce n’est pas un pro­blème. Nous ne sommes pas per­dus pour au­tant. Ça ne nous em­pêche pas de vi­ser au moins une mé­daille dans cet Eu­ro. »

Sans Florent Pié­trus (230 sé­lec­tions) ni Mi­ckaël Ge­la­bale (156), qui ont ac­com­pa­gné le gé­né­ral dans sa re­traite, pri­vée de Ni­co­las Ba­tum et Ru­dy Go­bert, les deux spor­tifs fran­çais les mieux payés, qui ont dé­ci­dé de faire l’im­passe sur le ren­dez­vous conti­nen­tal, la France se pré­sente amoin­drie. D’autres sé­lec­tions dé­plorent des ab­sences, certes, mais celle de Par­ker in­ter­pelle sur les ca­pa­ci­tés du bas­ket tri­co­lore à re­bon­dir. « Son ab­sence ? C’est juste un truc de jour­na­liste, glisse son suc­ces­seur Tho­mas Heur­tel. Nous, ça ne nous per­turbe pas : on sa­vait que ça al­lait ar­ri­ver. To­ny est tou­jours là der­rière nous. On a des contacts avec lui. »

« TOUT FONC­TIONNE AUS­SI BIEN, NE VOUS IN­QUIÉ­TEZ PAS » VINCENT COL­LET, SÉ­LEC­TION­NEUR DE L’ÉQUIPE DE FRANCE

Même dis­cours du cô­té d’Evan Four­nier. « Entre nous, on ne parle pas des ab­sents, ex­plique le joueur de l’Or­lan­do Ma­gic et l’un des trois re­pré­sen­tants de la NBA pré­sents en équipe de France. Les deux ou trois der­nières cam­pagnes, ce n’était dé­jà plus le To­ny qu’on a pu voir par le pas­sé, mais c’est la fi­gure em­blé­ma­tique. La tran­si­tion a com­men­cé de­puis quelques an­nées dé­jà, pas de­puis cet été. Ce­la fait quatre-cinq ans que des joueurs ont in­té­gré l’équipe de France. Ça se voit peut-être plus cette an­née avec le re­trait de cer­tains ou le for­fait d’autres mais le groupe est là de­puis un cer­tain mo­ment. L’ob­jec­tif est de ga­gner l’Eu­ro. De toute fa­çon, tu ne fais pas une com­pé­ti­tion pour fi­nir troi­sième. »

Le re­trait du pa­tron per­met au groupe de jouer dif­fé­rem­ment. « Les joueurs savent que les res­pon­sa­bi­li­tés sont re­dis­tri­buées, cer­tains se­ront peut-être li­bé­rés, ana­lyse Ste­phen Brun, exin­ter­na­tio­nal qui a com­men­té les matchs de pré­pa­ra­tion à l’Eu­ro pour SFR. Il y a plus de créa­tion, plus de par­tage du bal­lon avec Nan­do (De Co­lo) et Tho­mas (Heur­tel). Il y a plus de passes dé­ci­sives. Certes, ça peut faire bi­zarre de ne plus voir To­ny Par­ker mais le grand pu­blic doit dé­cou­vrir cette belle équipe et les ex­cel­lents joueurs qui la com­posent. »

« Vous pen­siez qu’avant c’était To­ny qui était le seul boss de l’équipe ? Pas du tout : les tâches étaient bien re­par­ties, confie le sé­lec­tion­neur Vincent Col­let, qui rap­pelle qu’en 2014 ses Bleus ont ob­te­nu leur meilleur ré­sul­tat au Mon­dial (3e) sans Par­ker, res­té à la mai­son. Elles le sont tou­jours au­jourd’hui et les

membres du 5 ma­jeur (NDLR : Heur­tel, De Co­lo, Four­nier,

Diaw, Lau­vergne) ont pris les rênes de l’équipe pour se ré­par­tir les res­pon­sa­bi­li­tés. Tout fonc­tionne aus­si bien, ne vous in­quié­tez pas. » Sur le po­dium eu­ro­péen de­puis 2011, l’équipe de France bri­gue­ra une 4e mé­daille conti­nen­tale de suite. Même sans Par­ker. Vincent Col­let a an­non­cé hier que l’in­té­rieur Louis La­bey­rie était le 12e sé­lec­tion­né pour l’Eu­ro. Il a été pré­fé­ré à Kim Tillie.

LE CA­LEN­DRIER

Pa­lais des sports d’Or­léans, le 8 août. Tho­mas Heur­tel, ici face à la Croa­tie en match de pré­pa­ra­tion, est ce­lui qui au­ra la lourde tâche de rem­pla­cer To­ny Par­ker dans le cinq ma­jeur.

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