C’est la guerre à Pa­ris

Lol­la­pa­loo­za, Down­load, So­li­days, Rock en Seine… Il n’y a ja­mais eu au­tant de gros ras­sem­ble­ments mu­si­caux dans la ca­pi­tale que cet été. Bi­lan d’une sai­son où la concur­rence a été rude.

Le Parisien (Yvelines) - - LOISIRS - PAR

ROCK EN SEINE a eu chaud le week-end der­nier. Dans tous les sens du terme. Sous des cieux clé­ments, le der­nier fes­ti­val pa­ri­sien de mu­sique de l’été — si l’on omet la Fête de l’Hu­ma­ni­té du 15 au 17 sep­tembre — a rem­pli in ex­tre­mis le parc de Saint-Cloud avec 110 000 spec­ta­teurs en trois jours. Mais pour la 2e an­née de suite, l’évé­ne­ment n’est pas com­plet. Il marque le pas, tant en termes de pro­gram­ma­tion que d’af­fluence. « C’était une an­née de tran­si­tion », re­con­naît Fran­çois Mis­son­nier, co­fon­da­teur et di­rec­teur du fes­ti­val ra­che­té fin mars par Mat­thieu Pi­gasse. Et c’est le ban­quier ro­ckeur, pré­sident des Eu­ro­ckéennes et pro­prié­taire des « In­rocks » et de Ra­dio No­va, qui est en train d’en écrire l’ave­nir. Un fu­tur où la concur­rence est de plus en plus rude dans la ca­pi­tale.

IL N’Y A JA­MAIS EU AU­TANT DE FES­TI­VALS

3 , 2 4 et 25 juin (1 9e é di ti o S’il n’a pas été à pro­pre­ment par­ler meur­trier, l’été a bous­cu­lé la donne. « Il y a trop de fes­ti­vals à Pa­ris, es­time Luc Bar­ruet, le fon­da­teur de So­li­days, ras­sem­ble­ment 9 , 1 0 e t 1 1 ju in (2 mu­si­cal de l’as­so­cia­tion So­li­da­ri­té si­da qui a lieu chaque an­née à Long­champ. Ce­la tend la si­tua­tion pour tout le monde. » Le doyen et plus gros fes­ti­val pa­ri­sien créé en 1999 a per­du 50 000 spec­ta­teurs par rap­port à l’édi­tion re­cord de l’an der­nier. Et son di­rec­teur est in­quiet. « C’est chaque an­née plus com­pli­qué de pro­gram­mer l’af­fiche. Car il n’y a pas plus d’ar­tistes en tour­née et les ca­chets flambent de­puis deux ans. »

« Nous n’avons pas pu nous payer La­na Del Rey parce qu’il y a eu sur­en­chère d’offres », abonde Ma­rie Sa­bot, la di­rec­trice de We Love Green, qui a lan­cé avec 110 000 fes­ti­va­liers fin juillet. « Contrai­re­ment à ce que tout le monde di­sait, nous n’avons tué per­sonne, ré­pond An­ge­lo Go­pee, le pa­tron de Live Na­tion France. Et pour cause, nous avons at­ti­ré 50 % d’étran­gers et 30 % de pro­vin­ciaux. La concur­rence n’est pas entre nous, mais avec les fes­ti­vals du nord et de l’est de l’Eu­rope qui, avec 80 000 spec­ta­teurs par jour et d’énormes spon­sors, peuvent of­frir jus­qu’à 3 M€ à une tête d’af­fiche. La France a quinze ans de re­tard. » « Quand on ne peut pas lut­ter, il faut culti­ver sa sin­gu­la­ri­té, re­bon­dit Be­noit Brayer, le di­rec­teur du Fnac Live, fes­ti­val gra­tuit qui a af­fi­ché com­plet dé­but juillet avec près de 90 000 per­sonnes sur trois jours. On est à un vi­rage, il y a de la place pour tous. La clé du suc­cès, pour les pe­tits comme pour les gros, est d’avoir une af­fiche, un lieu et une ex­pé­rience uniques. Les fes­ti­vals qui res­tent sur une ac­cu­mu­la­tion d’ar­tistes vivent leurs der­nières heures. » é d .)

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