EN MARCHE !

Le Parisien (Yvelines) - - POLITIQUE -

Une cen­taine de per­sonnes qui avaient adhé­ré à En Marche !, à l’époque où Em­ma­nuel Ma­cron l’a créé, ont an­non­cé hier dans une tri­bune qu’ils cla­quaient la porte, faute d’y trouver « dé­mo­cra­tie » et « éthique ». Ré­vé­lé par Fran­cein­fo, ce texte, dont les si­gna­taires res­te­ront ano­nymes jus­qu’à ven­dre­di, veille du « conseil » de la Ré­pu­blique en marche qui doit plé­bis­ci­ter l’ar­ri­vée de Ch­ris­tophe Cas­ta­ner à sa tête, a été ré­di­gé à l’ini­tia­tive d’un col­lec­tif, les Mar­cheurs de la Ré­pu­blique. Ces par­tants sont com­po­sés « à 80 % » de can­di­dats aux lé­gis­la­tives qui n’ont pas ob­te­nu l’in­ves­ti­ture, mi­ni­mise-t-on au sein du par­ti. AU­RAIT-IL (en­fin) pris la me­sure de l’ur­gence ? Un mois après le cri d’alarme lan­cé à Gri­gny par 150 maires de ban­lieue et alors qu’il est taxé par ses ad­ver­saires de « pré­sident des riches », Em­ma­nuel Ma­cron s’est ap­pli­qué à pour­fendre cette image qui lui colle à la peau. Près d’une heure et de­mie du­rant, face à un par­terre d’élus nor­distes et de res­pon­sables d’as­so­cia­tions, le chef de l’Etat a don­né sa vi­sion de la po­li­tique de la ville à Tour­coing. Point de nou­veau plan Mar­shall, jure le chef de l’Etat, ni de « po­li­tique spé­ci­fique » pour ces ter­ri­toires, mais une nou­velle mé­thode s’ap­puyant sur les ac­teurs de ter­rain. « Je veux que les vi­sages de nos quar­tiers aient chan­gé d’ici la fin du quin­quen­nat, lance-t-il, on au­ra réus­si quand il n’y au­ra plus be­soin d’uti­li­ser l’ex­pres­sion

»

RE­NOUER LES LIENS

De l’am­bi­tion et du souffle à la me­sure des at­tentes ? La « bru­ta­li­té » des coups de ra­bot sur l’APL et la sup­pres­sion des em­plois ai­dés ont lais­sé les élus si­dé­rés… Il fal­lait bien ces deux jours de dé­pla­ce­ment en Seine-Saint-De­nis et dans les Hauts-de-France ain­si que de longues heures de di­plo­ma­tie en cou­lisses pour re­nouer les liens… « Pas­ser du temps, écou­ter, res­pec­ter, conduire en­semble » sont dé­sor­mais les lignes de conduite du pré­sident. « Il y a une chose que la Ré­pu­blique, constam­ment, vous don­ne­ra, c’est cette consi­dé­ra­tion. Vous n’êtes pas des ci­toyens de se­conde zone. » Avec tou­jours en fi­li­grane l’ob­ses­sion de convaincre que sa po­li­tique ne pri­vi­lé­gie pas les plus fa­vo­ri­sés : « Je ne sais pas ce que veut dire avoir une po­li­tique pour les riches », lâche-t-il, aga­cé par cette for­mule qui « fait fu­reur » et à la­quelle il veut « tordre le cou ».

Pas de ca­ta­logue d’ou­tils spé­ci­fiques à des­ti­na­tion des quar­tiers ? Ma­cron parle de « ré­no­va­tion mo­rale », mais dans les faits, il dé­cline bel et bien une bat­te­rie de me­sures ci­blées : cré­dits sanc­tua­ri­sés, dou­ble­ment de la do­ta­tion de l’Anru (l’Agence na­tio­nale pour la ré­no­va­tion ur­baine), plan de lutte contre les dis­cri­mi­na­tions à l’em­bauche en pé­na­li­sant les en­tre­prises fau­tives, prise en charge du per­mis de conduire

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