On a trou­vé l’In­ter­net des arbres

Le Parisien (Yvelines) - - VIE QUOTIDIENNE -

UN DES POINTS FORTS du livre « Ecoute les arbres par­ler » est de pro­po­ser des ex­pé­riences à faire en fa­mille pour tou­cher, sen­tir ou voir la vie se­crète des arbres. Par­mi elles : trouver l’In­ter­net de la fo­rêt. Car si, bien évi­dem­ment, les arbres ne savent pas ce que sont les or­di­na­teurs ni les té­lé­phones, d’après Pe­ter Wohl­le­ben, les grands vé­gé­taux éloi­gnés les uns des autres peuvent s’en­voyer des mes­sages à l’aide des cham­pi­gnons qui vivent dans les sous-bois, exac­te­ment comme les hu­mains uti­lisent In­ter­net. Pa­ro­diant le World Wide Web, Pe­ter Wohl­le­ben parle de « Wood Wide Web » (« le ré­seau du bois »). Quand un arbre a un mes­sage à trans­mettre, il en­voie en fait du li­quide à tra­vers ses ra­cines et les cham­pi­gnons font cir­cu­ler l’in­fo. En sui­vant les conseils de l’au­teur, nous avons donc vou­lu ten­ter l’ex­pé­rience qui le prouve : il faut dé­ni­cher des pe­tits fi­la­ments blan­châtres qui se croisent à l’ar­rière des feuilles mortes « dès que l’on voit de la terre hu­mide et quelques feuilles pour­ries », parce qu’ils forment le câble cen­tral grâce au­quel les arbres peuvent com­mu­ni­quer.

Pour com­men­cer, on a grat­té le sol au pe­tit bon­heur la chance. Fa­cile ? Pas tant que ça près des hêtres et des chênes de l’es­pace Ram­bouillet (Yve­lines), très en­tre­te­nu. D’ailleurs, les en­fants ont bien ri en nous voyant je­ter en l’air des pel­le­tées de feuilles mortes. Nous beau­coup moins quand des or­ties nous ont pi­qués.

Après avoir fait chou blanc, nous avons donc de­man­dé l’aide de l’agent en uni­forme vert de l’Office na­tio­nal des fo­rêts. « Bien sûr, vous n’avez rien trou­vé. Ce n’est que le dé­but de l’au­tomne, il faut que vous cher­chiez des zones où les vieux tas datent de l’an­née der­nière et où les feuilles ont eu le temps de moi­sir, c’est là que se forment les cham­pi­gnons. » Et où on les trouve ces « vieux tas » ? « Ici on passe les souf­fleuses pour écar­ter les feuilles mortes, les tas les plus an­ciens se­ront dans les en­droits les plus iso­lés. » Nous avons donc cher­ché hors des sen­tiers bat­tus. C’est fi­na­le­ment dans le par­king, à deux pas de notre voi­ture, que nous avons trou­vé les plus beaux spé­ci­mens de câ­blage. On n’était pas peu fiers. Pa­rions que vos en­fants se­ront aus­si ex­ci­tés que nous si vous faites la même ex­pé­rience.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.