Ils font la chasse aux ac­ci­dents

L’an­tenne seine-et-mar­naise de la Fé­dé­ra­tion des chas­seurs a fait de la sé­cu­ri­té l’une de ses prio­ri­tés. Une sen­si­bi­li­sa­tion me­née au­près des jeunes chas­seurs, en for­ma­tion cette se­maine à Bréau.

Le Pays Briard - - A La Une - Tho­mas BA­RON

De­puis l’ou­ver­ture de la chasse, le 17 sep­tembre, plu­sieurs ac­ci­dents émaillent la sai­son. Le pre­mier jour, un ado­les­cent a suc­com­bé à ses bles­sures pro­vo­quées par une balle ti­rée par son grand-père, en Ven­dée. Et lun­di, un chas­seur sep­tua­gé­naire est dé­cé­dé après avoir re­çu trois balles, l’un de ses com­pa­gnons de chasse ayant cru aper­ce­voir un san­glier dans un bos­quet.

Le nombre d’ac­ci­dents en baisse

La chasse n’est pas l’ac­ti­vi­té la plus meur­trière qui soit, mais les ac­ci­dents mor­tels in­ter­pellent for­cé­ment et ac­cablent les chas­seurs dé­jà vic­times de pré­ju­gés peu flat­teurs. Se­lon l’Of­fice na­tio­nal de la chasse et de la faune sau­vage (ONCFS), 143 ac­ci­dents de chasse ont été re­le­vés entre le 1er juin 2016 et le 31 mai 2017, dont 18 ont été mor­tels. « Un chiffre en baisse par rap­port à ce­lui de la sai­son pré­cé­dente, qui s’ins­crit éga­le­ment dans la ten­dance bais­sière ob­ser­vée de­puis près de 20 ans », com­mente l’ONCFS.

En Seine-et-Marne, un ter­ri­toire plu­tôt pré­ser­vé, la Fé­dé­ra­tion des chas­seurs s’or­ga­nise. « Nous ne de­vons pas at­tendre

la ca­tas­trophe pour se re­mettre en ques­tion. Nous nous for­mons pour at­teindre le risque zé­ro, même

s’il n’existe pas », ex­plique le di­rec­teur de la FDC 77 Bruno Mol­lot. C’est pour­quoi les opé­ra­tions de sen­si­bi­li­sa­tion se mul­ti­plient de­puis plu­sieurs an­nées. Cette se­maine, les ses­sions de for­ma­tion s’en­chaînent au siège des chas­seurs seine-et-mar­nais, à Bréau. Le nombre de chas­seurs est en hausse constante (+10 % par an) et la FDC 77 as­sure for­mer entre 350 et 400 can­di­dats chaque an­née.

Les for­ma­tions re­posent sur trois piliers : sé­cu­ri­té, ma­nie­ment de l’arme et sen­si­bi­li­sa­tion. « L’ac­cent est mis sur la sé­cu­ri­té des per­sonnes et des biens », sou­tient Bruno Mol­lot. « Il faut tou­jours pen­ser à soi mais aus­si aux autres », ex­plique Laurent, tech­ni­cien en charge du per­mis de chas­ser, face aux ap­pren­tis chas­seurs. « Il faut tou­jours prendre en

compte son en­vi­ron­ne­ment, re­gar­der droit de­vant soi, pour­suit Bruno Mol­lot. Les deux tiers de l’exa­men sont liés à la sé­cu­ri­té, puis les connais­sances sont éva­luées à par­tir

d’un ques­tion­naire. » Une mau­vaise ré­ponse sur la sé­cu­ri­té ou la ré­gle­men­ta­tion sur les es­pèces pro­té­gées est éli­mi­na­toire. Même chose sur les ate­liers en lien avec la sé­cu­ri­té. La Fé­dé­ra­tion des chas­seurs se montre in­tran­si­geante sur le su­jet. Bruno Mol­lot : « Il faut ex­pli­quer que la chasse est utile et né­ces­saire, mais elle est en­ca­drée par des règles de sé­cu­ri­té. Le ma­nie­ment d’une

arme de­mande un code de conduite par­fait. Nous dé­non­ce­rons tou­jours les ex­cès ».

Les chas­seurs aguer­ris peuvent aus­si suivre la for­ma­tion « sé­cu­ri­té à la chasse » ayant pour but d’amé­lio­rer et de par­faire ses connais­sances pen­dant l’acte de chasse (pe­tits et grands gi­biers, in­di­vi­duel et bat­tue). Ces ses­sions, or­ga­ni­sées toute l’an­née, réunissent la FDC 77, un avo­cat spé­cia­li­sé dans le droit pé­nal et ci­vil sur la chasse, un as­su­reur et un sa­peur-pom­pier res­pon­sable des for­ma­teurs en se­cou­risme. « Soyez ri­di­cules de pru­dence »

Cette vi­gi­lance par­ti­cu­lière est liée à la to­po­gra­phie de la Sei­neet-Marne, un dé­par­te­ment pé­ri-ur­bain mê­lants axes rou­tiers ma­jeurs, loi­sirs en tous genres et fo­rêts do­ma­niales où la cueillette des cham­pi­gnons est en­core pri­sée. Bruno Mol­lot l’as­sure : « Le chas­seur a com­pris qu’il doit par­ta­ger l’es­pace. Mais les chas­seurs sont bien sou­vent sur des do­maines pri­vés pour

les­quels ils paient un droit de chasse et où le pu­blic n’a rien

à faire. » L’une des règles qui ré­git la chasse est de ne pas ti­rer en di­rec­tion d’une ha­bi­ta­tion ou d’une route pré­sentes à moins de 150 mètres. Mais l’éthique en­cadre aus­si cette dis­ci­pline. Par exemple, la FDC 77 in­siste sur le fait de ne pas ti­rer près des ha­bi­ta­tions, même si le fu­sil est poin­té dans une di­rec­tion in­verse. Un ques­tion de ci­visme et de ré­duc­tion du risque d’ac­ci­dent. « Je dis aux chas­seurs : ’’soyez ri­di­cules de pru­dence.’’ Le fait de ne pas ti­rer est aus­si un acte de chasse. »

« Nous dé­non­ce­rons les ex­cès »

Laurent, tech­ni­cien en charge du per­mis de chas­ser, for­mait un groupe d’ap­pren­tis chas­seurs au ma­nie­ment d’un fu­sil, mar­di.

À ce jour, 13 000 per­sonnes pos­sèdent le per­mis de chas­ser en Seine-et-Marne.

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