L’es­cape game en réa­li­té vir­tuelle

In­édit ! Vir­tual Ad­ven­ture lance le pre­mier jeu vi­déo en 4D de France, au Car­ré Sé­nart, à Lieu­saint. Une ex­pé­rience im­mer­sive et in­ter­ac­tive que nous avons tes­tée en avant-pre­mière.

Le Pays Briard - - L’actu Du Département - Va­nes­sa RELOUZAT

C’est une pe­tite ré­vo­lu­tion dans le monde du jeu vi­déo ! Le Car­ré Sé­nart, à Lieu­saint, vient d’ac­cueillir Vir­tual Ad­ven­ture, le pre­mier es­cape game en 4D de France. Un pas de géant dans le loi­sir du futur.

Un réa­lisme à cou­per le souffle

Faux ro­chers, larges portes en gris mé­tal­li­sé, pas­se­relle d’em­bar­que­ment. Le dé­cor lu­naire, dès l’en­trée, met dans l’am­biance. Ou­ver­ture de la porte fu­tu­riste dans un souffle syn­chro­ni­sé avec l’en­voi de fu­mées. La par­tie n’a pas com­men­cé et dé­jà, cer­tains dé­tails laissent poindre une to­tale im­mer­sion. Dans le sas, le game-mas­ter nous équipe d’un back­pack - ce sac à dos connec­té pour se li­bé­rer des fils - de cap­teurs sur les pieds, de contrô­leurs qui per­met­tront de créer les mains vir­tuelles et de sai­sir des ob­jets et, en­fin, d’un casque de réa­li­té vir­tuelle avec une vue à 360 de­grés et des écou­teurs. De na­ture claus­tro­pho­bique, je n’en mène pas large quand mon casque af­fiche un ri­deau en­tiè­re­ment blanc de­vant mes yeux. Je suis dé­jà cou­pée du monde. Dans les écou­teurs, fusent les com­men­taires des autres joueurs dont l’em­bal­le­ment est com­mu­ni­ca­tif. Les bras ten­dus en avant, je me laisse gui­der par le game mas­ter qui me fait faire quelques pas. Ca­li­bra­tion des joueurs. En un clic, nos ava­tars ap­pa­raissent les uns à cô­té des autres. Étrange sen­sa­tion que d’aper­ce­voir nos corps vir­tuels mou­lés dans des com­bi­nai­sons spa­tiales.

« Une im­mer­sion op­ti­male »

Notre équipe se­ra scin­dée en deux groupes. Avec Pierre, nous par­ti­rons en re­con­nais­sance sur le vais­seau Eclipse I, tan­dis que nos co­équi­piers ser­vi­ront d’ap­pui sur Eclipse II. Le dé­compte a dé­mar­ré. La par­tie peut com­men­cer. Le dé­cor ap­pa­raît et ins­tan­ta­né­ment, pro­pul­sée dans un uni­vers fu­tu­riste, j’ou­blie que je suis dans une salle, ou du moins que mon corps est phy­si­que­ment à Lieu­saint. Car mon cer­veau, lui, est dé­jà par­ti à des mil­lions de ki­lo­mètres. Nous sommes en­fer­més cha­cun dans un cryo­pode dont le réa­lisme, digne des plus grands films de science-fic­tion, est à cou­per le souffle. Brui­tages d’ou­ver­ture des portes. Une voix ro­bo­tique fé­mi­nine donne les pre­mières ins­truc­tions. Nous sommes in­vi­tés à prendre un as­cen­seur pour mon­ter à bord du vais­seau. En haut, en bas, à gauche, à droite, de­vant, der­rière, je me tords le cou pour ad­mi­rer les dé­tails. J’ai un peu l’im­pres­sion de jouer Neo, dans Ma­trix.

« Avec 60 à 90 images par se­conde, alors que la per­sis­tance ré­ti­nienne at­tri­bue à l’oeil la ca­pa­ci­té de per­ce­voir 25 images par se­conde, on ar­rive à une im­mer­sion op­ti­male », ex­plique Fré­dé­ric Cus­sey, ma­na­ger et l’un des concep­teurs chez Ba­ckLight. C’est vrai qu’on s’y croi­rait. Top-ch­ro­no, nous avons 35 mi­nutes pour sau­ver le monde.

Une tech­no­lo­gie à la pointe

Dans l’as­cen­seur, la sen­sa­tion d’une im­pul­sion est trou­blante de réa­lisme. De basses fré­quences sont en­voyées dans le sol et le font vi­brer à la juste dose. Les ré­flexes na­tu­rels d’équi­libre in­terne font le reste. Le dé­cor dé­file verticalement. Pierre et moi nous re­trou­vons dans le cock­pit avec une vue gran­diose sur le so­leil. Éclai­rages en mou­ve­ment, lu­mière sa­vam­ment do­sée, ombres. Les de­si­gners ont par­fai­te­ment su re­créer l’am­biance d’un vais­seau spa­tial. Mo­de­leurs 3D, dé­ve­lop­peurs, dé­co­ra­teurs 3D, in­gé­nieurs du son, au­teurs, concep­teurs ar­tis­tiques, réa­li­sa­teurs, in­té­gra­teurs : une cin­quan­taine de per­sonnes ont tra­vaillé sur le pro­jet Vir­tual Ad­ven­ture. L’aven­ture se passe dans un siècle. L’er­go­no­mie du futur, sans être dé­rou­tante pour le joueur de 2017, est bluf­fante d’un point de vue créa­tif. Ré­fé­rences à Alien, Sun­shine et autres grands clas­siques ci­né­ma­to­gra­phiques et lit­té­raires. Lors des érup­tions so­laires aveu­glantes, il me semble res­sen­tir de la cha­leur. À moins que mes sens ne me jouent un tour. Sur les pas­se­relles, j’ai la sen­sa­tion d’avan­cer. Je prends soin de ne pas trop me pen­cher pour ne pas me faire hap­per par le vide.

En tout, nous par­cour­rons 340 m2 de dé­cors, avec l’aide de nos co­équi­piers res­tés sur Eclipse II et dont nous sui­vons les ins­truc­tions dans nos écou­teurs. Énigmes dé­chif­frées avec suc­cès, par­fois (sou­vent) avec l’aide du game-mas­ter, il faut bien l’avouer. Notre mis­sion ac­com­plie de jus­tesse, nous nous re­trou­vons à nou­veau tous les quatre dans les cryo­podes pour un re­tour sur Terre. Nous al­lons re­joindre la réa­li­té. Je n’ai pas vu pas­ser le temps. C’est un peu à contre­coeur que je re­tire mon masque et me re­trouve entre quatre murs, dans une pièce de… 15 m2, avec l’im­pres­sion d’avoir par­cou­ru des ki­lo­mètres et la sa­tis­fac­tion d’avoir en­fin la pos­si­bi­li­té de jouer à nou­veau, sans res­ter seule dans mon sa­lon.

REN­SEI­GNE­MENTS

Vir­tual Ad­ven­ture, centre com­mer­cial Car­ré Sé­nart. Tél. : 06 23 76 12 04. Web : vir­tual-ad­ven­ture.fr À par­tir de 12 ans.

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