En­vi­ron­ne­ment : in­quié­tudes au ha­meau de Beau­val

Une en­quête pu­blique est ac­tuel­le­ment ou­verte sur l’ex­ten­sion d’un mé­tha­ni­seur ins­tal­lé de­puis 2016 dans le bourg. Au ha­meau de Beau­val, les ha­bi­tants s’in­quiètent.

Le Pays Briard - - La Une -

À Ussy-sur-Marne, plus pré­ci­sé­ment au ha­meau de Beau­val, c’est le branle-bas de com­bat. De­puis quelques jours, les ha­bi­tants s’in­quiètent en ef­fet de l’ave­nir de leur ha­meau et de sa tran­quilli­té. Une af­fi­chette dis­crète a mis le feu aux poudres, avant que la ru­meur ne s’épar­pille. « C’est vrai­ment par ha­sard que j’ai pris connais­sance du pro­jet, ex­plique une ha­bi­tante du ha­meau. Aus­si­tôt, nous avons fait le rap­pro­che­ment avec cer­taines nui­sances que nous avons connues cet été. » En l’oc­cur­rence, des odeurs, par­ti­cu­liè­re­ment lors de la jour­née du 15 août. Odeurs qui pro­vien­draient de la société O’Terres éner­gies, im­plan­tée dans le bourg et qui, au­jourd’hui, sou­haite étendre ses ins­tal­la­tions.

De­puis 2013, Jean-Fran­çois De­laitre, agri­cul­teur, pro­duit en ef­fet du bio­gaz près de sa ferme, rue du Châ­teau. Un pro­cé­dé éco­lo­gique qui per­met de pro­duire du mé­thane et de ré­cu­pé­rer des ma­tières or­ga­niques qui peuvent en­ri­chir les sols et li­mi­ter l’em­ploi d’en­grais chi­miques. L’agri­cul­teur, au­jourd’hui chef d’en­tre­prise, en­vi­sage à pré­sent de pas­ser de 10 000 à 23 000 tonnes de dé­chets trai­tés. C’est pour­quoi il vient de sol­li­ci­ter une en­quête pu­blique au titre de la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et de l’ur­ba­nisme.

Pro­blème, alors que l’ins­tal­la­tion compte au­jourd’hui une uni­té de mé­tha­ni­sa­tion et une la­gune, dans quelques mois, une se­conde uni­té pour­rait être cons­truite près de la pre­mière tan­dis qu’une nou­velle la­gune se­rait dé­ployée plus haut, à 700 mètres des pre­mières mai­sons du ha­meau de Beau­val. « Nous ne sommes pas contre les ac­ti­vi­tés de M. De­laitre, mais sou­hai­tons pou­voir vivre en paix, as­surent les ha­bi­tants, prêts à mon­ter un col­lec­tif de dé­fense si né­ces­saire. Outre les odeurs, nous crai­gnons aus­si l’aug­men­ta­tion du tra­fic des ca­mions qui trans­por­te­ront les boues d’épan­dage. » Au­tant de mo­tifs d’in­quié­tude qu’ils ont d’ores et dé­jà si­gna­lés au com­mis­saire en­quê­teur lors de ses per­ma­nences en mai­rie.

Un sou­tien qui s’étend

Pour les ap­puyer dans leur dé­marche, les ha­bi­tants du ha­meau ont re­çu le sou­tien d’un ha­bi­tant du bourg, voi­sin des ins­tal­la­tions exis­tantes de JeanF­ran­çois De­laitre, sur les­quelles il avait dé­jà émis des ré­serves au mo­ment de leur construc­tion. Ce dont se sou­vient Jean-Fran­çois De­laitre qui, plus que ja­mais, veut ba­layer les doutes. «À l’époque, je n’étais pas te­nu de de­man­der une en­quête pu­blique mais j’ai néan­moins or­ga­ni­sé des réunions pu­bliques pour pré­sen­ter mon pro­jet. Les Us­sois avaient en ef­fet peur du mot bio­gaz… Au­jourd’hui, si je sol­li­cite une en­quête pu­blique, c’est bien par vo­lon­té d’agir dans la trans­pa­rence. Il ar­rive par­fois qu’il y ait des odeurs, c’est jus­te­ment pour ce­la qu’il me faut amé­lio­rer mes ins­tal­la­tions. Et croyez-moi, ha­bi­tant sur place, je sou­haite aus­si y re­mé­dier » .

Bref, la guerre entre le ha­meau et l’agri­cul­teur au­ra-t-elle lieu ? Les deux par­ties comptent bien trou­ver un ter­rain d’en­tente et, pour­quoi pas, en pré­sence du com­mis­saire en­quê­teur.

« La la­gune pré­vue dans notre ha­meau pour­rait être ins­tal­lée à cô­té de la pre­mière, près de l’au­to­route A4. Les ins­tal­la­tions peuvent aus­si être re­cou­vertes, comme ce­la se fait ailleurs… » , es­pèrent les ha­bi­tants. De son cô­té, le chef d’en­tre­prise est confiant sur les mo­da­li­tés de l’en­quête pu­blique et ne sou­haite pas sus­ci­ter la po­lé­mique : « ma porte est et res­te­ra tou­jours ou­verte à ceux qui veulent voir » , in­dique-t-il.

Au fi­nal, c’est le pré­fet qui au­ra le der­nier mot, après l’exa­men du rap­port re­mis par le com­mis­saire en­quê­teur à l’is­sue de ses per­ma­nences. En cas d’avis fa­vo­rable, les construc­tions pour­raient com­men­cer dès le prin­temps.

Fa­bien HERRAN ■ Pro­chaine per­ma­nence du com­mis­saire en­quê­teur, sa­me­di 25 no­vembre, de 9 h à 12 h, en mai­rie d’Ussy-surMarne.

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