La ca­hute, la mi­cro-mai­son mo­bile

Le Pays Malouin - - A La Une Habiter Autrement - Rens. : www.chaute.eu N.E.

Le Bria­cin Tho­mas Lon­ghi a lan­cé l’an der­nier son en­tre­prise Ca­hute, du nom de son pro­duit phare : une mi­cro­mai­son mo­bile. Il vient d’ins­tal­ler son ate­lier de pro­duc­tion à La Ri­char­dais. Ce char­pen­tier me­nui­sier spé­cia­liste de l’éco-ha­bi­tat pro­pose une autre fa­çon de vivre son ha­bi­tat. Ren­contre.

LPM : La ca­hute, c’est quoi ? Tho­mas Lon­ghi : Le dé­fi consis­tait à faire une mi­cro-mai­son mo­bile, en­tiè­re­ment avec des ma­té­riaux na­tu­rels, mais en res­tant as­sez lé­gère pour la dé­pla­cer fa­ci­le­ment. La ca­hute est ain­si cons­truite en bois mas­sif et uti­lise comme iso­lants du car­ton al­véo­laire et du liège ex­pan­sé. Elle est so­li­de­ment fixée sur un châs­sis en acier. Il s’agit d’un châs­sis haut de gamme, qui va du­rer dans le temps. La toi­ture est en alu­mi­nium. Pour l’uti­li­ser il suf­fit d’avoir une at­tache sur sa voi­ture, comme pour une ca­ra­vane.

Quelle sur­face à l’in­té­rieur ? Sur le mo­dèle que je sou­haite dé­ve­lop­per en pe­tite sé­rie, 10,5 m2, sa­chant que le lit est en mez­za­nine. Vous avez une pièce de vie avec un es­pace cui­sine, une table re­pliable, un ca­na­pé­lit et di­vers ran­ge­ments. Et, sé­pa­ré, un es­pace avec des toi­lettes sèches et une salle d’eau. Elle est conçue pour qu’un couple avec deux en­fants puisse y dor­mir. Elle est ho­mo­lo­guée ? Oui. Nous avons d’ailleurs com­men­cé par ce­la. Je vou­lais évi­ter d’éven­tuels pro­blèmes d’as­su­rance pour les clients. Nous avons donc com­men­cé par tra­vailler avec les ser­vices de l’Etat pour dé­fi­nir un ca­hier des charges pré­cis, afin de ga­ran­tir qu’il n’y a pas de dan­ger à la mettre sur la route. Il se­ra donc fait men­tion sur la carte grise « mi­cro-mai­son » et vous pour­rez al­ler la faire as­su­rer comme une mai­son.

Elle est en bois mais vous avez uti­li­sé une tech­nique bien pré­cise et an­ces­trale…

Je crai­gnais que les vi­bra­tions fra­gi­lisent une os­sa­ture bois clas­sique. J’ai donc re­pris la tech­nique an­ces­trale du co­lom­bage. Les mon­tants et les tra­verses sont donc as­sem­blés par en­cas­tre­ment, il n’y a pas de clou ni de vis. C’est col­lé à la colle à la ca­séine, qui est uti­li­sée pour les pla­neurs et les ULM car elle est très ré­sis­tante et lé­gère.

Pour­quoi avoir choi­si une fa­çon de faire de type éco-ha­bi­tat ?

Par convic­tion éthique d’abord. Ce­la m’in­té­resse de trans­mettre et mo­der­ni­ser des tech­niques an­ciennes. Il y a aus­si un cô­té in­té­res­sant, tout sim­ple­ment, car il n’est pas simple de tra­vailler avec des ma­té­riaux an­ciens. En­suite, le point faible des ha­bi­tats en gé­né­ral, ce sont les pol­luants do­mes­tiques, avec du plas­tique et du PVC par­tout. C’est d’ailleurs aus­si l’une des dif­fé­rences ma­jeures avec une ca­ra­vane. La ca­hute, si l’on lui re­tire son toit et son châs­sis, elle est com­plè­te­ment com­pos­table.

Quelles sont les autres dif­fé­rences avec une ca­ra­vane ?

L’épais­seur des murs. Ceux de la ca­hute me­surent 6 cm d’épais­seur, alors qu’on tourne au­tour d’1,5 cm pour une ca­ra­vane. En plus, là, on a un mur qui res­pire. C’est-à-dire, que s’il y a trop d’hu­mi­di­té, au lieu de se conden­ser, la va­peur d’eau peut tra­ver­ser. Donc, à l’in­té­rieur, c’est tou­jours sec. C’est un de nos points forts car ce­la si­gni­fie que l’on peut uti­li­ser la ca­hute toute l’an­née.

L’hi­ver, il fait quand même froid par chez nous par­fois. Com­ment on chauffe cette mi­cro-mai­son ?

On chauffe par éner­gie, en uti­li­sant une pierre ré­frac­taire par exemple. J’ai ins­tal­lé une ga­zi­nière por­ta­tive. Il suf­fit juste que je fasse chauf­fer une brique pen­dant 10 mi­nutes et en­suite, je dis­po­se­rai d’en­vi­ron 4 heures de cha­leur. En fait dès que l’on a une source de cha­leur, celle-ci reste. Il suf­fit de presque rien, par exemple en se fai­sant un thé. Et on gar­de­ra une tem­pé­ra­ture au­tour de 19°c. C’est dû à l’iso­la­tion. Nous avons re­cou­vert toute la mai­son de liège ex­pan­sé, ce qui nous per­met de ne pas avoir de rup­ture ther­mique.

Il n’y a donc au­cun in­con­vé­nient ? Elle a un toit, donc elle est haute (3,90 m). Sur la route, c’est donc un in­con­vé­nient. At­ten­tion, elle reste moins haute qu’un poids lourd, on passe sous tous les ponts tra­di­tion­nels, il faut juste faire at­ten­tion. Mais le dé­faut, c’est sur­tout la prise au vent. On ne va donc pas rou­ler à 110 sur l’au­to­route. On va pri­vi­lé­gier de pe­tits dé­pla­ce­ments, en ne rou­lant pas trop vite.

Après, elle est très stable car le châs­sis et la mai­son sont com­plè­te­ment en­cas­trés l’un dans l’autre. Et puis la hau­teur a aus­si des avan­tages : elle per­met la mise en place d’une mez­za­nine pour le cou­chage et ce­la offre du vo­lume. A l’in­té­rieur, on se sent dans une pe­tite mai­son, pas dans une ca­ra­vane.

Et en terme d’au­to­no­mie éner­gé­tique ? Le mo­dèle que je sou­haite dé­ve­lop­per dis­pose d’un ré­seau éner­gé­tique grâce à des pan­neaux so­laires, qui vont ali­men­ter une bat­te­rie et as­su­rer le chauf­fage de l’eau. La mai­son dis­pose aus­si, au cas où, d’en­trées élec­triques ex­té­rieures et d’un sys­tème d’en­trée/sor­tie d’eau.

A qui s’adresse la ca­hute ? On com­mence juste à lan­cer la pro­duc­tion. Donc on va le dé­cou­vrir au fur et à me­sure, car c’est un pro­duit to­ta­le­ment nou­veau. A mon avis, elle peut avoir plu­sieurs pu­blics. Ce qui est sûr, c’est que l’on peut ins­tal­ler la ca­hute par­tout, comme une ca­ra­vane. Elle rentre bien aus­si dans une lo­gique d’éco­tou­risme. Nous avons d’ailleurs un pro­jet dans ce cadre avec la ré­gion Bre­tagne.

Com­bien coûte-t-elle ? Le mo­dèle stan­dard coûte 23 400 eu­ros HT. Après, on peut choi­sir des ver­sions dif­fé­rentes un peu moins chères, sans pan­neau so­laire et bat­te­rie par exemple, donc juste avec l’en­trée élec­trique ex­té­rieure. Il peut aus­si y avoir quelques va­riantes au ni­veau de la fi­ni­tion, pour la pein­ture par exemple. Nous avons aus­si deux autres mo­dèles plus pe­tits, dont un d’ins­pi­ra­tion ja­po­naise et nous pou­vons faire du sur-me­sure.

Nous n’avons pas en­core lan­cé la pro­duc­tion, nous ve­nons d’ar­ri­ver dans nos lo­caux à la Ri­char­dais. Mais nous avons dé­jà sept com­mandes. Il y a des gens qui veulent s’en ser­vir comme ré­si­dence se­con­daire, un autre qui veut na­vi­guer entre chez lui et ses en­fants mais en gar­dant tou­jours son chez-soi… Une autre l’a choi­si pour cadre de son ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle qui est iti­né­rante. On peut aus­si pen­ser que des pro­fes­sion­nels du tou­risme se­ront in­té­res­sés, pour les louer en­suite.

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