Mai­son de re­traite, le rôle de fa­ci­li­ta­teur

Com­ment les Eh­pad ac­com­pagnent­ils leurs « ré­si­dents/élec­teurs » en ces pé­riodes élec­to­rales ?

Le Pays Roannais (Charlieu) - - Dossier - Au­ré­lie Mar­cha­dier au­re­lie.prud­homme@cen­tre­france.com PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION A.G.

Faire le re­lais pour per­mettre l’éta­blis­se­ment des pro­cu­ra­tions : c’est la prin­ci­pale me­sure prise par les éta­blis­se­ments hé­ber­geant des per­sonnes âgées dé­pen­dantes (Eh­pad), à l’ap­proche des élec­tions. Exemple au Co­teau.

La mé­ca­nique semble bien hui­lée. À chaque échéance élec­to­rale, en fonc­tion des be­soins ex­pri­més par les ré­si­dents, l’ad­mi­nis­tra­tion de La Pro­vi­dence dé­croche son té­lé­phone. Ob­jec­tif : sol­li­ci­ter les ser­vices de la dé­lé­guée du com­mis­sa­riat en charge des pro­cu­ra­tions.

As­ser­men­tée par le tri­bu­nal, celle­ci se dé­place au sein même de l’ins­ti­tu­tion pri­vée. Cette der­nière lui four­nit alors une at­tes­ta­tion de ré­si­dence de la per­sonne sou­hai­tant éta­blir sa pro­cu­ra­tion ain­si qu’une pho­to­co­pie de sa pièce d’iden­ti­té. L’aî­né n’a plus qu’à si­gner le do­cu­ment of­fi­ciel, sans avoir eu à sor­tir de la struc­ture. Un ac­com­pa­gne­ment ad­mi­nis­tra­tif qui reste ce­ pen­dant, en gé­né­ral, peu sol­li­ci­té. Sur les 180 ré­si­dents ici, sept laïcs ont de­man­dé le sé­same ces der­nières se­maines ain­si que quatre soeurs de la Com­ pa­gnie des filles de la cha­ri­té sur la cin­quan­taine qu’abrite l’ins­ti­tu­tion. « Il est très im­por­tant pour les soeurs d’al­ler vo­ter et elles sont sou­vent les pre­mières à s’in­té­res­ser à la ques­tion », sou­ligne Lau­ra Fre­min, res­pon­sable ad­mi­nis­tra­tive et comp­table de la struc­ture gé­rée par l’as­so­cia­tion « San­té et Bie­nêtre ». « Les soeurs sont aus­si, en gé­né­ral, plus alertes et au­to­nomes phy­si­que­ment que les autres ré­si­dents ».

« Pas for­cé­ment concer­nés »

Fa­ci­li­ter l’ac­cès aux pro­cu­ra­tions, c’est bien le prin­ci­pal dis­po­si­tif mis en oeuvre ici. L’état de san­té du pu­blic ac­cueilli ne fa­vo­rise pas tou­jours les dé­pla­ce­ments en bu­reau de vote, re­con­naît­on. « Cer­tains aus­si ne se sentent pas for­cé­ment concer­nés. Ils peuvent res­sen­tir un cer­tain dé­ca­lage ».

Aus­si, pour que ces « ré­si­dents­élec­teurs » gardent un lien avec l’ac­tua­li­té, la thé­ma­tique ci­toyenne est ré­gu­liè­re­ment abor­dée à tra­vers no­tam­ment les ate­liers de lec­ture de presse pro­po­sés par le Pa­sa (Pôle d’ac­ti­vi­tés et de soins adap­tés, lire ci­des­sous). C’est l’une des prin­ci­pales sources d’in­for­ma­tion au sein de la struc­ture. « Le but est qu’ils échangent, qu’ils par­ti­cipent », note Lau­ra Fre­min.

Ici, les 23 avril et 7 mai pro­chains, il n’y au­ra pas de dé­pla­ce­ment col­lec­tif jus­qu’au bu­reau de vote. « Les fa­milles peuvent bien évi­dem­ment ve­nir cher­cher leurs proches ». Com­bien se­ront­elles ? « C’est très dif­fi­cile à me­su­rer. On n’est pas for­cé­ment au cou­rant », confie l’ad­mi­nis­tra­tion. Toute la li­mite avec la vie pri­vée.

■ RE­PÈRES

AC­COM­PA­GNE­MENT AD­MI­NIS­TRA­TIF. À La Pro­vi­dence, on fa­vo­rise l’éta­blis­se­ment des pro­cu­ra­tions pour les ré­si­dents qui le sou­haitent.

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