Il de­mande des pho­tos dé­nu­dées à de jeunes ado­les­centes

Le qua­dra­gé­naire vou­lait en­suite dif­fu­ser les images, di­sait­il, sur un site por­no­gra­phique

Le Pays Roannais (Charlieu) - - Justice - Pierre-fran­çois Che­tail

Le tri­bu­nal de Ville­fran­che­sur-saône a condam­né le pré­ve­nu no­tam­ment à huit mois de pri­son.

Au moins, il ne ca­chait pas ses in­ten­tions. En 2012 et 2013, ce qua­dra­gé­naire a pro­po­sé à trois jeunes filles, âgées de 13, 14 et 15 ans, d’être prises en pho­to nues, en échange de 80 eu­ros et quelques pa­quets de ci­ga­rettes. L’ob­jec­tif af­fi­ché était an­non­cé aux ado­les­centes : dif­fu­ser les cli­chés sur un site in­ter­net por­no­gra­phique. Et, ap­puyait­il pour les in­ci­ter à par­ti­ci­per à ce bu­si­ness, les com­men­taires pré­su­més flat­teurs des in­ter­nautes vi­sion­nant les images de­vaient en­suite leur per­mettre de mieux se sen­tir dans leur corps.

« Une pho­to où on voit que t’es vierge »

L’ar­gu­ment n’a pas suf­fi à convaincre ces mi­neu­ res, voi­sines du pré­ve­nu à l’époque des faits (et chez qui elles avaient l’ha­bi­tude d’al­ler no­tam­ment pour uti­li­ser son or­di­na­teur). Mal­gré son in­sis­tance… « Vous étiez dé­ter­mi­né ! Pour­quoi avoir fait ces pro­po­si­tions ? » a de­man­dé la juge, ce mar­di au tri­bu­nal de Ville­franche, à l’homme, ha­bi­tant dé­sor­mais dans le Beau­jo­lais Vert, à qui les faits sont re­pro­chés. Ce der­nier, pe­naud, n’avait pas vrai­ment d’ex­pli­ca­tions convain­cantes à four­nir : « Je ne sais pas ce qui m’a pris ; je m’ex­cuse, je n’au­rais ja­mais dû », a­t­il sim­ple­ment ré­pon­du, mal à l’aise à l’évo­ca­tion d’une conver­sa­tion Fa­ce­book qu’il a eue avec l’une des trois filles : « C’est de l’ar­gent très fa­cile à ga­gner, lui écri­vait­il. À toi de ré­flé­chir, ma ché­rie. » Avant de ré­cla­mer « une pho­to où on voit que tu es vierge ».

Dé­non­çant des « mé­ca­ nismes de type per­vers », la pro­cu­reure a re­quis à son en­contre huit mois de pri­son, un sui­vi so­cio­ju­di­ciaire de cinq ans, et l’in­ter­dic­tion de ren­trer en con­tact avec des mi­neurs. Son avo­cate, elle, a dé­crit « un homme à la per­son­na­li­té fra­gile. On n’a pas à faire là à un pré­da­teur ou un ma­ni­pu­la­teur. » Une per­sonne qui, consciente de la gra­vi­té de ses actes, ré­clame en ef­fet des soins, no­tam­ment d’ordre psy­cho­lo­gique.

Cette dé­fense n’a pas em­pê­ché le tri­bu­nal de suivre les ré­qui­si­tions du mi­nis­tère pu­blic : huit mois de pri­son ferme, obli­ga­tion de soins avec cinq ans de sui­vi (avec une peine de deux ans de pri­son ferme en cas de son non­res­pect), et l’in­ter­dic­tion de toute ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle ou bé­né­vole avec des mi­neurs.

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