De très pré­cieux rem­pla­çants agri­coles

Toute l’an­née, et par­ti­cu­liè­re­ment l’été, les ex­ploi­tants peuvent re­cou­rir à leurs ser­vices

Le Pays Roannais (Charlieu) - - Vie Régionale -

Lae­ti­tia Plas­sard est pré­si­dente, pour le nord du dé­par­te­ment, du ser­vice de rem­pla­ce­ment agri­cole de la Loire. Une struc­ture qu’elle connaît bien pour avoir été el­le­même rem­pla­çante, il y a vingt ans. Ch­ris­tian ver­det «L e ser­vice de rem­pla­ce­ment s’est dé­par­te­men­ta­li­sé en 2009. Avant il tour­nait avec des bé­né­voles, mais ceux­ci s’es­souf­flaient », ex­plique Lae­ti­tia Plas­sard, agri­cul­trice ins­tal­lée à Écoche, avec son ma­ri.

Au­jourd’hui la struc­ture, ba­sée à Feurs, « au centre du dé­par­te­ment », semble avoir pris sa vi­tesse de croi­sère, même si « c’est plus com­pli­qué de trou­ver des rem­pla­çants qu’avant. »

« Le ser­vice de rem­pla­ce­ment c’est 72 équi­va­lents temps plein en 2016, conti­nue la pré­si­dente Loire­nord, par­mi les­quels des CDD et des CDI. Le CDI c’est sou­vent quel­qu’un qui a une autre ac­ti­vi­té à cô­té, alors nous tra­vaillons beau­coup avec des CDD, des mis­sions avec des jeunes à l’école, qui ef­fec­tuent des ser­vices à cô­té. »

Lae­ti­tia ne ta­rit d’ailleurs pas d’éloges sur un sys­tème qu’elle consi­dère comme « le plus for­ma­teur. C’est­ce que l’on veut mettre en avant en re­cru­tant des jeunes qui veulent s’ins­tal­ler. Il n’y a a pas meilleure for­ma­tion que le rem­pla­ce­ment. Les études c’est bien, mais c’est sur le ter­rain que ça se passe. »

Le mo­tif le plus fré­quent de rem­pla­ce­ment : la ma­la­die

Même s’il est ras­su­rant pour un ex­ploi­tant de sa­voir que sa ferme peut conti­nuer de fonc­tion­ner, cer­tains ont du mal à « lâ­cher » le rem­pla­çant. « Bien sûr ça fait peur de confier son ex­ploi­ta­tion comme ça, ex­plique la res­pon­sable Loire­nord, mais ça dé­pend du ca­rac­tère de cha­cun : cer­tains agris ap­pellent tous les jours, d’autres non. Dans le pre­mier cas, c’est com­pli­qué pour le rem­pla­çant de tou­jours avoir une ombre der­rière lui. »

Pra­ti­que­ment, l’agri­cul­teur doit s’ac­quit­ter d’une co­ti­sa­tion de 12 € par an pour ac­cé­der au ser­vice de rem­pla­ce­ment.

« Il y a plu­sieurs rai­sons qui amènent l’ex­ploi­tant agri­cole à avoir re­cours au rem­pla­ce­ment, dé­taille Lae­ti­tia Plas­sard, le plus fré­quent res­tant la ma­la­die, ou l’ac­ci­dent. Après viennent les va­cances, les évé­ne­ments fa­mi­liaux, les ab­sences pour rai­sons pro­fes­sion­nelles, comme la for­ma­tion, les man­dats, mais aus­si les congés ma­ter­ni­té et pa­ter­ni­té. Nous avons éga­le­ment créé un mo­tif en­fant ma­lade qui per­met de bé­né­fi­cier de trois jours de rem­pla­ce­ment ai­dés. »

Tous ces mo­tifs per­mettent d’avoir droit à une dis­po­si­tion dite « congé Raf­fa­rin » : l’agri­cul­teur paye 164 € par jour, mais il lui re­vient 50 % de cette somme en cré­dit d’im­pôts.

« Les études c’est bien, mais c’est sur le ter­rain que ça se passe ! »

PHOTO C. VER­DET

PER­SON­NEL. « Notre bas­sin de re­cru­te­ment ? Les écoles de Res­sins, Pré­cieux, Cher­vé, mais aus­si les MFR (mai­sons fa­mi­liales et ru­rales) de la Loire, dé­taille Lae­ti­tia Plas­sard. Après on va cher­cher dans les MFR du Rhône qui touchent le dé­par­te­ment, mais en concer­ta­tion avec nos col­lègues du 69, car eux aus­si ont be­soin de rem­pla­çants. »

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