Guillaume Millet, des bancs de Char­lieu au pays de Mo­zart

Guillaume Millet, pia­niste de Saint­ger­main­les­pi­nasse, fe­ra sa ren­trée en Au­triche, au mois d’oc­tobre

Le Pays Roannais (Charlieu) - - La Une - Ch­ris­tian Verdet ch­ris­tian.verdet@cen­tre­france.com

Guillaume Millet va re­joindre la pres­ti­gieuse Uni­ver­sität Mu­si­ken­schaft, à Vienne, en Au­triche, pour y suivre un Mas­ter 1 dans le cadre du pro­gramme Eras­mus. Une pre­mière.

Il est des ren­contres qui dé­cident de toute une vie. C’est bien ce qui est ar­ri­vé à Guillaume Millet, en 2009, quand sa route a croi­sé celle de Lau­rence Fa­ri­cier, sa prof de mu­sique. « Toutes les an­nées, au ly­cée Notre­dame, à Char­lieu, nous jouions des co­mé­dies mu­si­cales, se rap­pelle Guillaume. C’est ce qui m’a don­né l’en­vie de faire de la mu­sique. Dans ces spec­tacles, nous fai­sions un peu de co­mé­die, un peu de chant. » Le jeune pia­niste a ain­si en­dos­sé le rôle de Ma­rius dans une adap­ta­tion des Mi­sé­rables, puis ce­lui de la bête dans « La Belle et la bête. « Des rôles so­lides, ex­plique Guillaume, j’ai aus­si joué Les en­fants de la mine au puits Cou­riot, à Saint-Étienne. » Pa­ral­lè­le­ment, l’ar­tiste en de­ve­nir com­mence le pia­no, en cours par­ti­cu­liers, avec Li­liane Na­gros­ky : « Mes deux pa­rents sont mu­si­ciens, c’était lo­gique pour moi de pra­ti­quer un ins­tru­ment. »

En 2014, l’ado­les­cent vient de pas­ser son bac­ca­lau­réat : « J’hé­si­tais sur la suite à don­ner à mes études quand j’ai ren­con­tré le père de Lau­rence ­ sa pro­fes­seure de Notre­dame ­, pia­niste à Lyon. Nous avons dis­cu­té mu­sique et il m’a par­lé de la fa­cul­té de mu­si­co­lo­gie. Je ne sa­vais pas que ça exis­tait. Il m’a ex­pli­qué que je se­rai bien sui­vi, bien en­ca­dré. »

Guillaume dé­cide alors de suivre cette voie, « mais à Saint-Étienne, parce que je connais­ sais un prof qui en­sei­gnait là­bas : le pia­niste des co­mé­dies de Notre­dame. »

Ar­ri­vé dans la pré­fec­ture de la Loire, le dé­sor­mais étu­diant, pour me­ner de concert sa li­cence et les cours au conser­va­toire, doit faire ses armes avec les cycles : « Je ne con­nais­sais pas le sys­tème des cycles au conser­va­toire, je ne sa­vais pas où al­ler en pia­no, alors j’ai pas­sé un test. J’ai joué de­vant un pro­fes­seur une oeuvre im­po­sée et un autre mor­ceau au choix. » À l’is­sue de cette au­di­tion, il est ac­cep­té dans le troi­sième cycle en pia­no et en deuxième cycle pour le sol­fège.

At­ti­ré par la culture ger­ma­nique

Son par­cours se pour­suit sans pro­blèmes no­tables : « J’ai va­li­dé mon troi­sième cycle, ob­te­nu mon CEM, Cer­ti­fi­cat études mu­si­cales, et j’ai com­men­cé à étu­dier le vio­lon­celle. »

En juin 2017, Guillaume ar­rive à un tour­nant de ses études et, avec lui, se posent les ques­tions qui ac­com­pagnent la dé­ci­sion de conti­nuer dans un Mas­ter 1 de mu­si­co­lo­gie : « Je me suis dit que c’était la meilleure pé­riode pour par­tir. Le M1 est très gé­né­ral, c’est en deuxième an­née que l’on se spé­cia­lise. »

La culture ger­ma­nique l’ha­bite de­puis long­temps : « À la base, je re­gar­dais plu­tôt du cô­té de l’al­le­magne, car j’y suis beau­coup al­lé de­puis que je suis en cin­quième. J’ap­pré­cie leur sys­tème sco­laire, leur em­ploi du temps qui laisse du temps pour faire d’autres ac­ti­vi­tés, comme du sport ou de la mu­sique, après les cours. »

Mais c’est sans comp­ter l’in­ter­ven­tion d’un de ses pro­fes­seurs, Marc Desmet, maître de confé­rence en mu­si­co­lo­gie et res­pon­sable des re­la­tions étran­ gères, qui lui glisse à l’oreille : « Pour­quoi tu ne ten­te­rais pas Vienne ? » L’idée est sé­dui­sante, d’au­tant plus que Marc Desmet connaît bien ses ho­mo­logues vien­nois. Il va s’oc­cu­per des dé­marches. Rien d’im­pos­sible à pre­mière vue. Mais le hic, c’est qu’il n’existe au­cun par­te­na­riat entre Saint­étienne et la ca­pi­tale au­tri­chienne. « Il n’y avait au­cun pro­gramme Eras­mus entre les deux villes dans ce do­maine, alors il a été créé pour moi. »

« Im­pa­tient et in­tri­gué »

Au­jourd’hui, le jeune mu­si­cien, qui re­join­dra l’uni­ver­sität Wien Mu­sik­wis­sen­schaft dès le mois d’oc­tobre, se dit « im­pa­tient et in­tri­gué » par ce qu’il es­père être « une belle ex­pé­rience ». Nul doute à ce su­jet car en plus d’être une ville étu­diante, Vienne offre à notre ar­tiste lo­cal toutes les fa­ci­li­tés pour me­ner ses études : « Je dois ré­di­ger, lors de mon M1, un mé­moire sur un mu­si­cien. J’ai choi­si d’étu­dier un com­po­si­teur vien­nois, An­ton Bru­ck­ner, et par­ti­cu­liè­re­ment tout ce qui tourne au­tour de la re­li­gion dans ses oeuvres vo­cales. En face de l’uni­ver­si­té, il y a une ca­thé­drale où l’on jouait beau­coup de pièces de Bru­ck­ner. Ce se­ra bien pour la dé­cou­verte de l’ar­tiste et m’im­pré­gner de son oeuvre. »

« Ce par­te­na­riat Eras­mus entre Vienne et SaintÉ­tienne n’exis­tait pas, il a fal­lu le créer pour moi »

GRAN­DEUR. Pour Guillaume Millet, « Vienne, c’est l’âme ger­ma­nique, avec une his­toire mu­si­cale en plus ».

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