Eve­lyne Ri­vol­lier, brefs souvenirs du Sé­nat

Pen­dant seule­ment neuf mois, l’an­cienne maire de Mars a sié­gé sur les bancs du Sé­nat

Le Pays Roannais (Charlieu) - - La Une - Etienne Chaize etienne.chaize@cen­tre­france.com

MARS. Rem­pla­çante de Jean­claude Fré­con après son dé­cès, l’élue n’au­ra été sé­na­trice que briè­ve­ment.

SÉNATORIALES. Celle qui s’ap­prête à quit­ter le Pa­lais du Luxem­bourg semble sa­tis­faite des ré­sul­tats du scru­tin.

Celle qui avait pris la place de Jean-claude Fré­con, après son dé­cès en décembre, achève un bref man­dat de sé­na­trice. « Une ex­pé­rience fa­bu­leuse ».

Cer­tains disent qu’il faut au moins deux ans d’exer­cice avant de vrai­ment connaître les ar­canes du Sé­nat. Éve­lyne Ri­vol­lier n’a pas eu tout ce temps. Ses neufs mois de man­dat, ponc­tués par deux pe­tites ses­sions par­le­men­taires en­tre­cou­pées par les élec­tions pré­si­den­tielles et lé­gis­la­tives, sont pas­sés à toute vitesse. Si la briè­ve­té de son ex­pé­rience au Pa­lais du Luxem­bourg en­traîne for­cé­ment quelques frus­tra­tions, la quin­qua­gé­naire ve­nue de Mars re­tient sur­tout l’op­por­tu­ni­té qui lui a été of­ferte de vivre une ex­pé­rience hors du com­mun. Sous les do­rures de la Ré­pu­blique, Éve­lyne Ri­vol­lier a mis les pieds sur une autre pla­nète. « Tout est fait pour qu’on tra­vaille dans les meilleures condi­tions pos­sibles », com­mente celle qui a mis un point d’hon­neur à ne lou­per au­cune séance et à s’in­ves­tir au­tant que pos­sible, sur le ter­rain comme au par­le­ment.

Qua­trième sur la liste de JeanC­laude Fré­con (PS), elle a été ap­pe­lée à prendre sa place en décembre der­nier, le len­de­main de son dé­cès. « Ça a été la stu­pé­fac­tion. En pre­mier lieu, j’ai beau­coup pen­sé à Jean­claude et à sa fa­mille », se sou­vient­elle. Une grosse jour­née d’hé­si­ta­tion plus tard, en­cou­ra­gée par ses proches, la voi­là qui pre­nait la di­rec­tion de Pa­ris pour se frot­ter au tra­vail lé­gis­la­tif aux cô­tés, no­tam­ment, de Cé­cile Cu­kier­man et du groupe com­mu­niste. Dé­çue de la po­li­tique du gou­ver­ne­ment Hol­lande, cette femme po­li­tique ja­mais en­car­tée a en ef­fet pré­fé­ré af­fir­mer une ligne claire, bien à gauche. « Je suis une élue ru­rale, je suis d’abord au ser­vice de la po­pu­la­tion »

Fille d’ou­vrier, pe­tite­fille d’agri­cul­teurs et de com­mer­çants, Éve­lyne Ri­vol­lier, cadre à la caisse d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales, a tou­jours af­fi­ché cette sen­si­bi­li­té, le fruit, sans doute, du « mi­lieu mo­deste » dans le­quel elle a gran­di. Pour au­tant, les par­tis po­li­tiques ne l’ont ja­mais at­ti­ré. Trop contrai­gnants. « Je suis une élue ru­rale, je suis d’abord au ser­vice de la po­pu­la­tion », dé­fend celle qui n’a ja­mais vou­lu faire de la chose pu­blique une car­rière. Son par­cours, bien rem­pli, té­moigne sur­tout d’une en­vie d’en­ga­ge­ment. D’abord as­so­cia­tif, au dé­but des an­nées 80. Puis po­li­tique, dès 1989, comme conseillère mu­ni­ci­pale, puis maire de Mars, de 2008 à 2014, mais éga­le­ment comme sup­pléante de René La­pal­lus, alors conseiller gé­né­ral du can­ton de Char­lieu.

C’est vrai­sem­bla­ble­ment son sens du de­voir qui l’a conduit, cette an­née, à me­ner cam­pagne de nou­veau pour les sénatoriales, en troi­sième po­si­tion sur la liste de Cé­cile Cu­kier­man. L’oc­ca­sion de vivre une cam­pagne « for­mi­dable et in­tense », ryth­mée par de nom­breuses ren­contres avec les élus du dé­par­te­ment, que les sé­na­teurs re­pré­sentent. Pour­quoi avoir sui­vi Cé­cile Cu­kier­man plu­tôt que Jean­claude Tis­sot, pour­tant adou­bé par Jean­claude Fré­con ? « Parce que Cé­cile n’a ja­mais tra­hi la gauche. Compte te­nu du contexte po­li­tique, je ne me sen­tais pas vrai­ment proche du so­cia­lisme », ex­plique­telle, ra­vie de l’is­sue du scru­tin.

« La gauche n’est pas morte ! »

« Je suis su­per contente pour Cé­cile. C’est une re­con­nais­sance de son tra­vail. Elle ar­rive quand même deuxième der­rière Ber­nard Bonne. C’est bien aus­si que Jean­claude Tis­sot ait été élu. Beau­coup nous ont dit qu’on était fous de par­tir avec deux listes, qu’il n’y au­rait au­cun élu de gauche… Le ré­sul­tat prouve que la gauche n’est pas morte ! »

Lorsque le Sé­nat lui a ou­vert ses portes, Éve­lyne Ri­vol­lier était ran­gée de la po­li­tique de­puis plu­sieurs an­nées. Son ex­pé­rience à la Chambre haute du par­le­ment lui a re­mis le pied à l’étrier. Aus­si, la fin de ce man­dat pour­rait bien ne pas si­gner l’épi­logue de sa vie pu­blique. « J’ai be­soin de re­pos, mais je ne pense pas avoir ter­mi­né. Je de­vrais m’in­ves­tir de nou­veau, au moins dans l’as­so­cia­tif ». Au calme, à Mars, elle se tient prête à re­par­tir.

PHOTO : E. C.

Eve­lyne Ri­vol­lier, an­cienne maire de Mars, a sié­gé au Sé­nat pen­dant neuf mois.

PHOTO : E. C.

RE­GRET. Éve­lyne Ri­vol­lier es­time que la sup­pres­sion de l’en­ve­loppe par­le­men­taire est une er­reur. « Sur un man­dat, ce­la re­pré­sen­tait plus de 3 millions d’eu­ros in­ves­tis dans le dé­par­te­ment. Même si j’ad­mets les risques de clien­té­lisme, dans la Loire, cha­cun, peu im­porte le bord po­li­tique, a veillé à ce que cette en­ve­loppe soit au ser­vice des com­munes ru­rales pour ai­der des pro­jets struc­tu­rants », in­siste-t-elle.

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