L’hô­pi­tal a 700 ans : un éta­blis­se­ment en ré­vo­lu­tion per­ma­nente

Les pro­fes­sion­nels de san­tés sont à l’hon­neur pen­dant une se­maine

Le Pays Roannais (Charlieu) - - La Une - Etienne Chaize etienne.chaize@cen­tre­france.com

Ch­ris­tine Gau­the­ron, in­fir­mière anes­thé­siste, a vu, de­puis 1981, l’hô­pi­tal de Roanne se trans­for­mer et les pra­tiques évo­luer « dans le bon sens ».

Du haut de ses 59 ans, Ch­ris­tine Gau­the­ron au­rait bien du mal à évo­quer sept siècles de pra­tique hos­pi­ta­lière dans le Roan­nais. Mais en 36 an­nées d’exer­cice, cette in­fir­mière qui se des­ti­nait à l’hu­ma­ni­taire, as­sure avoir as­sis­té à de vé­ri­tables « ré­vo­lu­tions » au sein de l’hô­pi­tal pu­blic.

Des salles com­munes à un ac­cueil « proche de l’hô­tel­le­rie »

Les salles com­munes te­nues par les soeurs ont lais­sé place à un ac­cueil « proche de l’hô­tel­le­rie », avec du « per­son­nel for­mé ». Les ser­vices ne portent plus le nom des chi­rur­giens qui les di­rigent et on n’af­fûte plus les ai­guilles pour les réuti­li­ ser ; l’usage unique est la norme. « En moins d’un de­mi­siècle, les fa­çons de tra­vailler ont to­ta­le­ment chan­gé », as­sure cette pro­fes­sion­nelle de san­té.

Étu­diante en 1977, elle a in­té­gré l’hô­pi­tal de Roanne en 1981, au sein du ser­vice de ré­ani­ma­tion, où elle avait fait un stage de for­ma­tion. « J’ai eu un coup de coeur pour cette spé­cia­li­té », se sou­vient Ch­ris­tine Gau­the­ron. En 1986, elle re­joi­gnait les rangs du SMUR et, 10 ans d’une ex­pé­rience riche plus tard, elle re­trou­vait les bancs de l’école pour se for­mer au mé­tier D’IADE ; le sigle dé­si­gnant le mé­tier d’in­fir­mière anes­thé­siste.

De­puis 1998, Ch­ris­tine Gau­the­ron en­dort donc les pa­tients, en lien avec les mé­de­cins anes­thé­sistes de l’hô­pi­tal. « C’est un vrai tra­vail d’équipe », se ré­jouit celle qui a dé­bar­qué dans le mé­tier au mo­ment même où de nou­velles mé­thodes s’ins­tal­laient. « En terme de prise en compte de la dou­leur, on com­men­çait à créer une vraie re­la­tion avec le pa­tient, qui n’exis­tait pas 20 ou 30 ans au­pa­ra­vant. On a éga­le­ment créé des consul­ta­tions pé­dia­triques pour amé­lio­rer la prise en charge des en­fants, les ras­su­rer », dé­roule­t­elle. La ré­gle­men­ta­tion, plus stricte, a ac­com­pa­gné ces chan­ge­ments. Pour le mieux, à l’en­tendre.

« On ne fait que pro­gres­ser »

Dé­sor­mais, suite aux tra­vaux im­por­tants de l’hô­pi­tal, les in­fra­struc­tures sont éga­le­ment plus adap­tées, avec un bloc cen­tral fonc­tion­nel, fu­sion­né avec le bloc de la ma­ter­ni­té. Les tech­niques, aus­si, n’ont ces­sé d’évo­luer, entre l’ap­pa­ri­tion des lo­co­ré­gio­naux (qui per­mettent de n’en­dor­mir qu’une par­tie du corps) ou le dé­ve­lop­pe­ment, en cours à Roanne, de l’hyp­nose. L’ac­cent mis sur l’am­bu­la­toire a éga­le­ment mo­di­fié en pro­fon­deur les fa­çons de faire. « Il a fal­lu se ré­or­ga­ni­ser et trou­ver des so­lu­tions, mais ça va dans le bon sens », in­siste Ch­ris­tine Gau­the­ron. « On ne fait que pro­gres­ser ». Et ça fait 700 ans que ça dure.

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SOUVENIRS. Ch­ris­tine Gau­the­ron (à droite) a tra­vaillé au sein du SMUR de 1986 à 1996.

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