Parce que le vrai cham­pion reste Pou­pou

Le Pays Roannais (Charlieu) - - Sports - Ben­ja­min Ber­thol­let ben­ja­min.ber­thol­let@cen­tre­france.com

Dé­di­caces, in­ter­ven­tions ver­bales… Ray­mond Pou­li­dor a mar­qué de sa pré­sence la course cy­cliste de Four­neaux. L’éter­nel se­cond a fait ce que les gens ap­pré­cient le plus chez lui : du Pou­li­dor.

Il re­pré­sente une cer­taine France. Il sym­bo­lise aus­si une époque. À 81 ans, Ray­mond Pou­li­dor pos­sède une po­pu­la­ri­té su­pé­rieure à son pal­ma­rès. C’est dire si sa cote d’amour est im­por­tante. Le gé­né­ral De Gaulle di­sait même que « Pou­li­dor, est un nom de Pre­mier mi­nistre ». Voi­là qui plante un homme.

L’au­ra du cham­pion a pu se vé­ri­fier à Four­neaux lors du Grand Prix cy­cliste or­ga­ni­sé par le CR4C et le cy­clo­club de la Groasse, di­manche 1er oc­tobre. La foule était nom­breuse sur le bord de la route. La pré­sence de Ray­mond Pou­li­dor y est pour beau­coup. « Je viens ex­cep­tion­nel­le­ment sur des courses », ra­conte ce­lui qui a ter­mi­né trois fois à la deuxième place du Tour de France. L’ami­tié avec Jean­claude Com­by le spea­ker, ex­plique le dé­pla­ce­ment. « Si­non, je se­rais sol­li­ci­té de par­tout », plai­sante­t­il.

À Four­neaux, Ray­mond Pou­li­dor a fait ce qu’il fal­lait pour en­tre­te­nir sa po­pu­la­ri­té. Il est res­té lui­même. Ja­mais avare de mots, le vain­queur du Tour d’es­pagne 1964 a fait rire le pu­blic. Même si Ar­nold Rei­fler s’est im­po­sé, la star du jour était bien “l’éter­nel se­cond”. L’écran géant si­tué à l’ar­ri­vée a re­trans­mis ses ex­ploits pas­sés. « Saint­la­ry en 1974 », com­mente le cham­pion. « Ce jour­là, Mer­ckx était à trois mi­nutes », dit­il avec le sou­rire. Le cham­pion belge avait fi­ni à 1’49” de Ray­mond Pou­li­dor. Qu’im­porte la pré­ci­sion des sou­ve­nirs, le Creu­sois est comme chez lui par­tout où il passe.

Di­manche, il a sui­vi la course puis il a dé­di­ca­cé son der­nier livre en ayant un mot pour cha­cun. « Et vous sa­viez que du­rant ma jeu­nesse, je fai­sais par­tie de la Ré­sis­tance ? » Vé­ri­fi­ca­tion faite, le hé­ros po­pu­laire a peut­être un peu for­cé le trait puisque dans son livre, il fait sur­tout men­tion d’un lot de gre­nades dé­cou­vert avec sa bande de co­pains. « On s’amu­sait à les dé­gou­piller et à les lan­cer.* »

Le re­cord du nombre de tours en vue

Le Grand Prix a ain­si pu bé­né­fi­cier de la bon­ho­mie du cham­pion qui garde tou­jours un oeil sur le cy­clisme. « Je suis le vé­lo de A à Z », as­sure­t­il. « J’ai fait 54 Tours de France, dont 14 en tant que cou­reurs, et je compte bien battre le re­cord l’an­née pro­chaine. »

En ef­fec­tuant plu­sieurs fois le par­cours de l’épreuve en voi­ture, Ray­mond Pou­li­dor a construit son ana­lyse. « C’est une course ter­rible », juge­t­il. « Il n’y au­ra pas be­soin de photo fi­nish à l’ar­ri­vée. » Le scé­na­rio a confir­mé ses pro­pos. Dé­ci­dé­ment “Pou­pou” sait tou­jours vi­ser juste.

RÉ­SEAU. Ray­mond Pou­li­dor a ac­cep­té de ve­nir à Four­neaux par ami­tié pour Jean-claude Com­by, spea­ker. PHOTO B.B

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.