Sur­veillez votre lan­gage

Le Pays Roannais (Charlieu) - - Zapping - Pierre-oli­vier Vé­rot Ré­dac­teur en chef

Ils ont sou­vent tout fait pour être là où ils sont et, si l’on en croit l’adage po­pu­laire, « la place doit être bonne » pour qu’ils se ba­garrent au­tant. Mais re­con­nais­sons qu’homme ou femme po­li­tique n’est pas tou­jours un mé­tier de tout re­pos. Que l’on de­mande beau­coup à ceux qu’in fine nous avons choi­sis pour nous re­pré­sen­ter et/ou nous gou­ver­ner. Et que nous ne sommes par­fois pas à une contra­dic­tion près au mo­ment de les ju­ger. Ain­si, com­bien de fois peut-on en­tendre que le per­son­nel po­li­tique est « hors sol », qu’il ne nous res­semble pas, que ses pré­oc­cu­pa­tions et ses codes sont bien éloi­gnés des nôtres ? Mais en même temps ex­pres­sion à la mode en « Ma­cro­nie » - tout le monde s’in­digne lors­qu’ils se mettent à par­ler un peu comme nous. Ni­co­las Sar­ko­zy s’était fait tom­ber des­sus pour son « casse toi pauv’con », son « Kar­cher » ou ses « ra­cailles ». Au­jourd’hui, Em­ma­nuel Ma­cron est sus­pec­té d’at­ti­tude mé­pri­sante en­vers les « fai­néants » et les res­pon­sables du « bor­del », ain­si qu’il qua­li­fie de fa­çon ca­va­lière les ma­ni­fes­ta­tions de rue. Dans les conver­sa­tions fa­mi­liales ou au bis­trot, ces termes sû­re­ment mal­adroits fe­raient presque fi­gure de mots doux. Sans doute que l’on at­tend des plus illustres re­pré­sen­tants de la Na­tion une cer­taine hau­teur et qu’ils gardent la tête froide en toutes cir­cons­tances. C’est lé­gi­time. Mais quand Fran­çois Hol­lande avait plu­tôt choi­si de ne fâ­cher per­sonne, de rendre sa pa­role rare, le peuple a trou­vé que sa tié­deur ren­dait le cos­tume de chef d’état trop grand pour lui. Dé­ci­dé­ment, Pré­sident, c’est pas tous les jours évident…

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