Avec Bu­chet, ça dé­pote

Le Pays Roannais (Charlieu) - - La Une - Au­ré­lie Mar­cha­dier aurelie.prud­homme@cen­tre­france.com

ÉPAN­DAGE. Ins­tal­lée de­puis ses dé­buts à Tan­con, la so­cié­té Bu­chet construc­teur est de­ve­nue une ré­fé­rence na­tio­nale sur le mar­ché ul­tra poin­tu des épan­deurs agri­coles.

PRI­MÉE. Pour gar­der une lon­gueur d’avance, l’en­tre­prise in­ves­tit dans l’in­no­va­tion et la cer­ti­fi­ca­tion. Un en­ga­ge­ment ré­com­pen­sé à de mul­tiples re­prises.

Du mé­tier de char­ron à la construc­tion d’épan­deurs ul­tra­tech­niques, la fa­mille Bu­chet a su évo­luer, gé­né­ra­tion après gé­né­ra­tion, jus­qu’à de­ve­nir un des lea­ders de son mar­ché. Un élan por­té par un re­gard vi­sion­naire et le goût de l’in­no­va­tion, qui vient d’être ré­cem­ment pri­mé.

Qu’il semble loin l’épan­dage la­bo­rieux du fu­mier avec la vieille re­morque qui ser­vait à toutes les tâches ou presque dans les champs et sur l’ex­ploi­ta­tion. Dans un monde agri­cole de­ve­nu ul­tra­concur­ren­tiel, ou chaque ma­tière doit être op­ti­mi­sée, place à « la va­lo­ri­sa­tion des en­grais de ferme avec un épan­dage pré­cis et ré­gu­lier ». C’est le cre­do de la so­cié­té Bu­chet.

À Tan­con, l’en­tre­prise fa­brique chaque an­née une quin­zaine d’épan­deurs de grande tech­ni­ci­té. As­so­ciant la mé­ca­nique, l’hy­drau­lique et l’au­to­ma­tisme, ces en­gins pro­mettent aux agri­cul­teurs une maî­trise to­tale des amen­de­ments ap­por­tés aux par­celles. « L’en­tre­prise fa­mi­liale fa­brique des épan­deurs de­puis 55 ans, re­trace Phi­lippe Bu­chet, à sa tête de­puis 1995. Il a fal­lu, au fil du temps, nous adap­ter, in­no­ver sans cesse ». « Au dé­part, les ex­ploi­tants avaient be­soin de ma­chines plu­tôt po­ly­va­lentes, quitte à prendre du temps pour les mo­di­fier entre chaque opé­ra­tion, ra­conte son père Hen­ri, au­jourd’hui à la re­traite. Mais, très vite, avec l’es­sor et la mo­der­ni­sa­tion du monde agri­cole, la né­ces­si­té d’ou­tils spé­cia­li­sés s’est ren­for­cée ». Les Cu­ma no­tam­ment (Co­opé­ra­tives d’uti­li­sa­tion de ma­té­riel agri­cole), avec qui com­merce es­sen­tiel­le­ment Bu­ chet, se sont ra­pi­de­ment orien­tées vers des ma­té­riels spé­ci­fiques.

« À par­tir des an­nées qua­tre­vingt­dix, les pre­miers clients nous ont ré­cla­mé un “do­sage hec­tare”. Jusque­là, on cher­chait à épandre vite et large, mais un autre type de ges­tion est ap­pa­rue », dé­taille Phi­lippe Bu­chet.

Pour ne pas ra­ter le train en marche, la so­cié­té in­ves­tit. Nou­veau lo­cal en 2000, tou­jours à Tan­con, nou­velles tech­ni­ci­tés aus­si : cen­trales hy­drau­liques, cal­cu­la­teurs, ta­bliers ac­com­pa­gna­teurs… Bu­chet mise sur l’in­no­va­tion et la cer­ti­fi­ca­tion, quitte par­fois à bous­cu­ler un peu le monde agri­cole.

« On est très en avance dans le do­maine du “do­sage hec­tare”, y com­pris par rap­port à nos concur­rents. Cer­tains agri­cul­teurs disent en­core : “on sait bien à peu près ce qu’on épand dans nos champs. Et puis, le fu­mier, après tout, on en a”. Mais ces dis­cours évo­luent, sou­ligne le gé­rant. Les pro­fes­sion­nels sont de plus en plus convain­cus de l’im­por­tance d’une ges­tion ré­gu­lière de l’épan­dage, no­tam­ment par rap­port à l’im­pact sur l’en­vi­ron­ne­ment et à d’éven­tuelles pol­lu­tions aux ni­trates ». Et Phi­lippe Bu­chet d’ima­ger : « Épandre son fu­mier sans connaître le do­sage pré­cis, c’est comme avoir une voi­ture à qui on a ou­blié de mettre le comp­teur ! Quand les agri­cul­teurs ont goû­té aux der­nières tech­niques ­ per­met­tant par exemple de gé­rer la pe­sée, mais aus­si l’ou­ver­ture des vo­lets ou en­core la vi­tesse d’avan­ce­ment de fa­çon au­to­ma­tique ­, peu ont en­vie de re­ve­nir en ar­rière ».

« Res­ter en alerte »

Grâce à son es­prit d’an­ti­ci­pa­tion et son in­gé­nio­si­té, la pe­tite so­cié­té tan­con­naise s’est fait un nom dans ce mar­ché de niche. Mais, elle n’en­tend pas re­lâ­cher la garde. « Tout va très vite. Il faut res­ter en alerte pour de­meu­rer une ré­fé­rence », conclut Phi­lippe Bu­chet. Et gar­der, tou­jours, un temps d’avance.

Bien gé­rer son épan­dage pour li­mi­ter les pol­lu­tions aux ni­trates

AU­RÉ­LIE MAR­CHA­DIER

COM­PA­RAI­SON. Pour Phi­lippe Bu­chet, qui a pris les rênes de l’en­tre­prise fa­mi­liale en 1995, « épandre son fu­mier sans connaître le do­sage pré­cis, c’est comme avoir une voi­ture à qui on a ou­blié de mettre le comp­teur ! »

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