TADL : « Au­cune rai­son de dis­pa­raître »

Le Pays Roannais (Charlieu) - - La Une - Sé­bas­tien Agasse se­bas­tien.agasse@hot­mail.fr

À la tête de la so­cié­té de­puis le dé­but de l’an­née, Laurent Mai­naud re­vient sur les rai­sons de cette re­prise et ses es­poirs pour l’ave­nir, mal­gré un contexte com­pli­qué.

Pla­cée en re­dres­se­ment ju­di­ciaire l’an der­nier, la so­cié­té char­lien­dine TADL (Tis­sage et ameu­ble­ment de Lyon), spé­cia­li­sée dans la créa­tion de tis­sus des­ti­nés au mar­ché de l’ameu­ble­ment haut de gamme, a été ra­che­tée fin jan­vier 2017 par Bayart Va­nou­tryve, so­cié­té de tex­tile du nord de la France di­ri­gée par Laurent Mai­naud. Dix mois après, l’en­tre­pre­neur et re­pre­neur ori­gi­naire de Char­lieu fait le point.

Quelle était votre mo­ti­va­tion der­rière la re­prise de

TADL ? Étant très at­ta­ché à Char­lieu et par­ta­geant moi­même la cul­ture de la soie­rie, j’avais à coeur avec cette re­prise de conser­ver les ex­pres­sions de sa­voir­faire de TADL et de main­te­nir le po­ten­tiel de pro­duc­tion et d’ac­ti­vi­té in­dus­trielle sur ce site de Char­lieu qui pour moi n’avait au­cune rai­son de dis­pa­raître ou de dé­mé­na­ger.

« Re­lan­cer la créa­tion »

Et puis il y a une vraie com­plé­men­ta­ri­té entre TADL et Bayart Va­nou­tryve, tant au ni­veau com­mer­cial que du sa­voir­faire. L’in­té­rêt est jus­te­ment d’ap­por­ter des com­plé­men­ta­ri­tés d’offres pro­duits à nos clients, qui fi­na­le­ment sont les mêmes.

Quelles ont été vos prio­ri­tés ces der­niers mois ?

J’ai me­né toute une ré­or­ga­ni­ sa­tion nou­velle au sein de TADL, afin de re­lan­cer la créa­tion et de re­po­si­tion­ner l’en­tre­prise sur son coeur de mé­tier et ses com­pé­tences propres en ma­tière de tis­sage. Nous tra­vaillons ac­tuel­le­ment sur un plan de col­lec­tion as­sez créa­tif, qui s’ap­puie sur les sa­voir­faire des seize sa­la­riés re­pris et sur la tra­di­tion et le sa­voir­faire his­to­rique de l’en­tre­prise.

J’ai aus­si ap­pli­qué un vrai chan­ge­ment de cul­ture ma­na­gé­riale. L’équipe ici à TADL est re­mar­quable et ma vo­lon­té est de re­don­ner à cha­cun de l’au­to­no­mie et la ca­pa­ci­té d’ex­pri­mer leur com­pé­tence.

J’ai en­fin re­lan­cé un plan d’in­ves­tis­se­ment pour faire « re­vivre » l’en­tre­prise, amé­lio­rer les condi­tions de tra­vail et pré­pa­rer l’ave­nir, avec no­tam­ment la re­mise à ni­veau de ma­chines et l’ac­qui­si­tion de ma­té­riels, un plan d’or­ga­ni­sa­tion ran­ge­ment­pro­pre­té, un tra­vail sur les stocks, etc.

Dix mois après votre re­prise, comment se porte TADL ?

Je ne vais pas ca­cher que la sé­quence de re­tour­ne­ment est dif­fi­cile. Mais je ne m’ins­cris pas sur un re­tour­ne­ment à six mois mais à trente­six mois. Il y a des op­por­tu­ni­tés de dé­ve­lop­pe­ment im­por­tantes, et je vois poindre un re­tour à la confiance chez les clients qui j’es­père va se concré­ti­ser en 2018.

Des tis­sus pour l’hô­tel Ritz à Pa­ris

TADL vient par exemple de fa­bri­quer plu­sieurs cen­taines de mètres de tis­sus pour la ré­no­va­tion de l’hô­tel Ritz à Pa­ris. Par contre, il faut comp­ter 12 à 18 mois entre le mo­ment où l’on dé­ve­loppe et crée un pro­duit et le mo­ment où il est com­mer­cia­li­sé. Ce pro­ces­sus est long et il faut réus­sir à te­nir fi­nan­ciè­re­ment.

L’ob­jec­tif cette an­née était le main­tien plus ou moins de l’ac­ti­vi­té de l’an der­nier, ce qui de­vrait être le cas. Même si l’en­tre­prise n’est pas pro­fi­table pour cet exer­cice, j’ai bon es­poir que l’on ar­rive à faire re­tour­ner l’an pro­chain le mo­dèle éco­no­mique et à le faire per­du­rer.

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