Des for­ma­tions pro­fes­sio­nelles dès 14 ans

Ven­dre­di 27 oc­tobre, la MFR d’anzy-le-duc te­nait son as­sem­blée gé­né­rale. L’oc­ca­sion de faire le point sur les pro­jets de la struc­ture.

Le Pays Roannais (Charlieu) - - La Une - Mé­la­nie Petit

Créée en 1969, la mai­son fa­mi­liale ru­rale d’anzy­le­Duc pro­pose une for­ma­tion d’un autre genre. Entre les stages et la for­ma­tion théo­rique à l’école une se­maine sur deux, elle offre une fa­çon de dé­cou­vrir dès le plus jeune âge, le monde pro­fes­sion­nel de fa­çon concrète. Dès la classe de qua­trième, sous ré­serve d’avoir 14 ans, « les jeunes viennent dé­cou­vrir un mé­tier », ex­plique Arnaud De­com­poix, di­rec­teur de la struc­ture. Huit ados l’an­née der­nière avaient été sé­duits par ce sys­tème. Ils fonc­tion­naient sur cer­tains cours avec les 17 élèves ins­crits en classe de troi­sième. Une dé­ci­sion prise par l’équipe à la vue de leur petit nombre.

50 % école, 50 % stage

Les bacs pro­fes­sion­nels pro­po­sés par la mai­son fa­mi­liale d’anzy­le­duc se comptent au nombre de trois. Conduite et ges­tion d’une ex­ploi­ta­tion agri­cole (soit bo­vins soit gi­biers) et amé­na­ge­ments pay­sa­gers. Les élèves passent une se­maine en mi­lieu pro­fes­sion­nel par le biais de stage puis une se­maine à l’école. L’oc­ca­sion de faire le point avec l’équipe pé­da­go­gi­ que, d’ac­qué­rir des com­pé­tences théo­riques et de par­ti­ci­per à des pro­jets et sor­ties : som­met de l’éle­vage à Cour­non, vi­site d’ex­ploi­ta­tions, vi­site de l’ar­bo­re­tum de Re­nai­son et bien d’autres.

De­puis sep­tembre 2012, la struc­ture forme éga­le­ment des adultes au mé­tier d’ache­teur es­ti­ma­teur de bé­tail. Un contrat de spé­cia­li­sa­tion, pro­po­sé à des per­sonnes ayant ob­te­nu le bac et « ba­sé uni­que­ment sur du concret et de la pra­tique », pré­cise la mai­son fa­mi­liale. Un sys­tème que la MFR vou­drait dé­ve­lop­per en créant une autre for­ma­tion dans le do­maine de l’agri­cul­ture.

Un sys­tème qui fi­na­le­ment fait ses preuves puisque 92 % des élèves se pré­sen­tant à un exa­men à la mai­son fa­mi­liale l’ont ob­te­nu en 2017. Une fa­çon de lut­ter contre les a prio­ri et d’« en­cou­ra­ger à ne pas avoir honte de l’al­ter­nance », le sou­hait du di­rec­teur du site.

La struc­ture nour­rit un autre pro­jet. Ce­lui de la créa­tion, en par­te­na­riat avec le CFA de Gueu­gnon, d’un BTS ACSE (Ana­lyse et conduite de sys­tèmes d’ex­ploi­ta­tion). « Nous vou­lons ré­pondre à une de­mande, cer­tains jeunes ne font pas de BTS, sim­ple­ment parce qu’ils n’en trouvent pas ici », ar­gu­mente Arnaud De­com­poix.

« Des jeunes ne veulent pas être à l’école à plein­temps »

La de­mande, dé­jà for­mu­lée l’an­née pré­cé­dente n’a pas ob­te­nu gain de cause au­près de la di­rec­tion ré­gio­nale de l’agri­cul­ture et de la fo­rêt, qui re­fuse en avan­çant qu’il existe dé­jà des for­ma­tions de ce genre dans la ré­gion. « Les for­ma­tions qui existent sont des for­ma­tions sco­laires à plein­temps, dis­cute le di­rec­teur de la mai­son fa­mi­liale. Ce ne sont pas les mêmes élèves que l’on touche en al­ter­nance. Lorsque les jeunes ont goû­té au tra­vail, il leur est dif­fi­cile de pas­ser tout leur temps sur une chaise. Cette for­ma­tion ré­pond à la de­mande des jeunes qui ne veulent pas être à l’école à plein­temps ».

Alors, les deux éta­blis­se­ments re­pré­sen­te­ront leur pro­jet cette an­née, pour peut­être, ac­cueillir à la ren­trée 2019, une quin­zaine de jeunes sous contrat, en pro­po­sant un re­cru­te­ment, une an­née sur deux, puis­qu’il n’y au­ra sans doute pas as­sez d’ef­fec­tif pour consti­tuer une pro­mo­tion tous les ans.

« C’est nou­veau de voir le pri­vé et le pu­blic tra­vailler main dans la main mais il ne nous est pas pos­sible de le faire seul, soit on monte le pro­jet à deux, soit on laisse tom­ber. Il nous faut mettre nos res­sources en com­mun », conclut le di­rec­teur.

VIVRE EN­SEMBLE. « Il y a une bonne am­biance au sein de la MFR », té­moigne Li­sa, élève en se­conde pro­fes­sion­nelle. Les élèves ont réa­li­sé une mo­saïque sur le mur du bâ­ti­ment. Un pro­jet com­mun qui leur a per­mis de s’im­pli­quer dans la vie de la struc­ture. « Et ça rend bien », fé­li­cite le di­rec­teur.

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