Le de­ve­nir in­cer­tain de­puis un mois de la dé­pouille de Da­niel

Il y a un mois, le ca­davre de Da­niel, tué au pis­to­let 18 mois plus tôt, était re­trou­vé à La Clayette. Il n’a tou­jours pas été in­ci­né­ré ni in­hu­mé.

Le Pays Roannais (Charlieu) - - La Une - Pierre-fran­çois Che­tail pierre-fran­cois.che­tail@cen­tre­france.com

Voi­là près d’un mois que Paul Joas­son (en charge des ser­vices fu­né­raires) conserve cette dé­pouille. Celle de Da­niel, un homme de 60 ans tué par sa femme Valérie, d’après les aveux de cette der­nière, en mars 2016. Et en­ter­ré dans le bois de la Ga­renne de La Clayette avant que les gen­darmes ne re­trouvent son corps, le 3 oc­tobre der­nier.

Un ca­davre « dans un état pas très jo­li »

Dans un « état pas très jo­li » après 18 mois pas­sés sous terre, le ca­davre a été dans un pre­mier temps em­me­né à Di­jon pour une au­top­sie par les pompes fu­nèbres de Chauffailles. Où le corps a été rap­por­té peu de temps après, dans la nuit du 5 au 6 oc­tobre.

En­suite, le gé­rant de l’en­tre­prise fu­né­raire chauf­faillonne s’est re­trou­vé bien em­bê­té. La fa­mille du dé­funt, avec qui ce der­nier était en froid

(lire ci­des­sous), ne sou­hai­tait pas, dans un pre­mier temps, payer les ob­sèques. 1.580 eu­ros en­vi­ron la cré­ma­tion, dans un cer­cueil au prix le plus bas pos­sible, sans ca­pi­ton.

Paul Joas­son ap­pelle d’abord le maire de Bau­de­mont, où ha­bi­tait de son vi­vant le dis­pa­ru, avec son épouse et ses quatre en­fants. « Pas ques­tion de payer, il n’est pas mort sur notre ter­ri­toire », lui ré­ pond­on alors.

Le re­fus ca­té­go­rique est le même du cô­té de la mai­rie de La Clayette, où le dé­cès est dé­cla­ré. S’il ar­rive par­fois à la mu­ni­ci­pa­li­té clayet­toise de prendre en charge les fu­né­railles de per­sonnes in­di­gentes, dans ce cas pré­cis, le dé­funt a une fa­mille…

Per­sonne ne veut donc payer, et l’au­to­ri­sa­tion d’in­hu­mer le corps n’est pas don­née par la pré­fec­ture : « Rien ne bou­geait, té­moigne Paul Joas­son. Je ne sa­vais pas quoi en faire. Je n’al­lais pas le gar­der ad vi­tam ae­ter­nam » dans une cel­lule fri­go­ri­fique.

Face à cette si­tua­tion pour le moins dé­rou­tante, le Chauf­faillon contacte le ser­vice ju­ri­dique des pompes fu­nèbres. D’après lui, dans ce genre de si­tua­tion, lé­ga­le­ment, la mai­rie est obli­gée de prendre en charge le coût des fu­né­railles. Avec la pos­si­bi­li­té de se re­tour­ner contre l’épouse de l’homme dé­cé­dé. Ce qui, dans ces cir­cons­tances, au­rait tout de même sem­blé pour le moins dé­li­cat.

Paul Joas­son re­çoit même un coup de fil de la nièce du sexa­gé­naire mort, lui de­man­dant de ne pas faire dé­bour­ser d’ar­gent à sa ma­man. Cette der­nière, soeur du dé­funt, vi­vant dans une si­tua­tion fi­nan­cière dif­fi­cile, vient pour­tant il y a quelques jours d’ac­cep­ter de si­gner un chèque. Tout comme deux de ses frères.

Pour, en­fin, mettre un terme à cette his­toire qui, es­timent­ils, les a sa­lis. Ils en ont marre et ne veulent plus en en­tendre par­ler. Ils as­sis­te­ront tou­te­fois, peu­têtre dans les jours qui viennent, à la cré­ma­tion. Celle­ci se pas­se­ra sans re­cueille­ment avant que le cer­cueil n’entre dans le four. Les cendres se­ront en­suite dis­per­sées dans la na­ture…

En­core faut­il que la jus­tice l’au­to­rise. Lors de crimes, elle peut pro­cé­der à une obli­ga­tion d’in­hu­mer le corps (au cas où de nou­velles ana­lyses doivent être pra­ti­quées des­sus, NDLR). Si c’était le cas, la mai­rie de La Clayette se­rait contrainte de cé­der un petit bout de ter­rain dans son ci­me­tière. Ce­la semble tou­te­fois peu pro­bable, la juge en charge de ce dos­sier dis­po­sant d’aveux cir­cons­tan­ciés de la cou­pable pré­su­mée.

Ce­la se fera sans re­cueille­ment, en très petit comité

P.-F. C.

EN­TER­RÉ. Le corps de Da­niel avait été re­trou­vé au bois de la Ga­renne il y a un mois.

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