Le ser­vice de ra­dio­thé­ra­pie innove

De­puis le mois de juin, le ser­vice de ra­dio­thé­ra­pie du centre hos­pi­ta­lier de Roanne dis­pose d’une nou­velle tech­nique : l’arc­thé­ra­pie dy­na­mique. Elle per­met de ga­gner en pré­ci­sion et en ra­pi­di­té dans le trai­te­ment des tu­meurs.

Le Pays Roannais (Charlieu) - - Vie Régionale L'actu - Etienne Chaize etienne.chaize@cen­tre­france.com

Cette tech­no­lo­gie in­no­vante, le Dr Jean­phi­lippe Su­chaud et son équipe l’at­ten­daient de­puis long­temps. Il faut dire que l’arc­thé­ra­pie dy­na­mique, à l’oeuvre de­puis une di­zaine d’an­nées main­te­nant, offre des avan­tages consi­dé­rables dans le trai­te­ment des tu­meurs.

« Elle per­met d’adap­ter beau­coup mieux le trai­te­ment au vo­lume de la tu­meur », ex­plique le chef du ser­vice de ra­dio­thé­ra­pie. Pour vul­ga­ri­ser, grâce à l’arc­thé­ra­pie, il est dé­sor­mais pos­sible de « mou­ler » le fais­ceau des rayons au­tour de la tu­meur. La ma­chine tourne au­tour du pa­tient et dé­livre de ma­nière ul­tra­pré­cise les doses né­ces­saires. « Le trai­te­ment est beau­coup plus pré­cis, et offre une meilleure pro­tec­tion des or­ganes au­tour de la tu­meur », pointe le Dr Su­chaud.

Ce­la per­met alors aux pra­ti­ciens de dé­li­vrer des doses plus fortes, mais plus lo­ca­li­sées, en épar­gnant les tis­sus sains. Ré­sul­tat, le temps d’ir­ra­dia­tion est lar­ge­ment ré­duit. « On peut ga­gner 5 à 6 mi­nutes sur le temps de fais­ceau », ex­plique l’on­co­logue. Pour l’exemple, le temps d’ir­ra­dia­tion pour un can­cer ORL passe de 9 à 3 mi­nutes. « Il y a moins d’in­con­fort pour le pa­tient ».

Que l’on ne s’y trompe pas, ce gain de temps n’a pas pour but de per­mettre d’ac­cueillir plus de pa­tients par jour. « Le but, c’est de mieux trai­ter les gens », in­siste le Dr Su­ chaud. Si les temps de trai­te­ment sont ré­duits, les séances, elles, durent qua­si­ment aus­si long­temps et les temps de pré­pa­ra­tion, eux, sont plus longs. Là où il s’écou­lait trois jours entre une pre­mière consul­ta­tion et une pre­mière séance, il faut dé­sor­mais comp­ter jus­ qu’à trois se­maines entre les deux. « C’est une tech­no­lo­gie qui prend du temps », confirme l’un des ra­dio­phy­si­ciens roan­nais.

Pour l’ins­tant, seule l’une des deux ma­chines du ser­vice est équi­pée de l’arc­thé­ra­pie et concerne 20 à 30 pa­tients chaque jour. En prio­ri­té ceux dont les tu­meurs sont lo­ca­li­sées dans des zones qui pré­sentent plus d’in­té­rêt que d’autres à bé­né­fi­cier de l’arc­thé­ra­pie, comme le cer­veau, les pou­mons, la pros­tate, l’uté­rus…

En clair, des lo­ca­li­sa­tions pro­fondes où la pré­ci­sion est ap­pré­ciée pour pro­té­ ger les or­ganes au­tour de la tu­meur.

Une ma­chine sur deux équi­pées

À terme, avec l’ac­qui­si­tion pro­bable d’une ma­chine neuve d’ici quelques an­nées, le ser­vice « tend à trai­ter tous les pa­tients avec cette tech­nique ».

« Notre but n’est pas de trai­ter plus de gens, mais de mieux les trai­ter »

PHOTO : E. C.

RA­PI­DI­TÉ.

Si l’arc­thé­ra­pie offre un gain cer­tains en terme de temps d’ir­ra­dia­tion, cette tech­nique n’a pas pour but de per­mettre de prendre en charge plus de pa­tients. « On veut sur­tout mieux les trai­ter », in­siste le Dr Jean-phi­lippe Su­chaud, chef du ser­vice de ra­dio­thé­ra­pie.

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