Ces pré­si­dents au grand coeur

La fonction prend du temps et n’est pas tou­jours simple au quo­ti­dien. Mais la pas­sion guide les pré­si­dents de club.

Le Pays Roannais (Charlieu) - - Sports Magazine - Ben­ja­min Ber­thol­let ben­ja­min.ber­thol­let@cen­tre­france.com

Les mul­tiples ré­seaux d’une co­pré­si­dence

Ils sont là sur le bord, ja­mais bien loin des ac­teurs du ter­rain. Ils veillent avec pas­sion au bon dé­rou­le­ment de la vie du club, de leur club. La pré­si­dence, c’est avant tout une pré­sence. Ce­lui qui gère le club doit en­tre­te­nir les liens : avec ses li­cen­ciés, mais pas seule­ment. « Son rôle est de fé­dé­rer », ré­sume Ja­cky Be­lot, pré­sident du club de foot de Loire Sor­nin. « Il doit créer une équipe ac­tive et ef­fi­cace. Il est très im­por­tant d’avoir un bon se­cré­taire et un bon tré­so­rier », pré­cise ce­lui qui oc­cupe ses fonc­tions de­puis cinq ans. Mais il n’y a pas que ça. La fonction com­porte de nom­breuses mis­sions. « Il faut ré­pondre aux cour­riers de la Dé­lé­ga­tion et du Dis­trict. Il faut vé­ri­fier que les joueurs ont tous les pa­piers pour leur li­cence », énu­mère Pierre Royer, pré­sident du club de foot de Roanne Ma­tel de­puis 18 ans. « Il faut éga­le­ment voir avec les élus en cas de sou­ci d’ins­tal­la­tion… »

« Être bien ma­rié... ou ne pas l’être ! »

La fonction né­ces­site du temps. « Il faut être bien ma­rié... ou ne pas l’être », s’amuse Ja­cky Be­lot, élec­tri­cien dans le ci­vil. La re­cherche de fi­nan­ce­ment et de spon­sors fait aus­si par­tie du pa­ckage, sans par­ler des dif­fé­rentes réunions.

Avec le temps, la pré­si­dence peut s’avé­rer usante. « C’est vrai qu’on dit que la pre­mière mis­sion d’un pré­sident est de trou­ver son suc­ces­seur », dé­clare Ja­cky Be­lot, qui gère une struc­ture d’en­vi­ron 300 li­cen­ciés. Point com­mun entre tous, les pré­si­dents ont un mo­teur in­cre­vable ou presque : la pas­sion. À l’ori­gine, Ja­cky Be­lot ne se voyait pas dans ce cos­tume. « Je fai­sais par­tie d’un bu­reau, il y a eu une fu­sion et il fal­lait quel­qu’un », ra­conte­t­il. « On m’a dit que ce­la se­rait simple et qu’il n’y au­rait pas grand chose à faire ! » Au­jourd’hui, Ja­cky Be­lot n’hé­site pas à re­mettre en cause la vé­ra­ci­té des pro­pos. « Mais je prends du plai­sir, car il y a un bon groupe. »

Face aux mul­tiples mis­sions ,cer­tains clubs ont op­té pour une co­pré­si­dence. C’est le cas de L’AS Roanne rug­by. Un choix qui a sur­tout été dic­té par le contexte. Jean Prin­ci­pa­to, Gé­rard Ga­con et Ch­ris­tophe Bar­nay ont re­pris en juin 2016, au mo­ment où L’ASR était proche de dé­po­ser le bi­lan en rai­son de gros pro­blèmes fi­nan­ciers. « C’était un peu trop lourd pour un seul homme », as­sure Jean Prin­ci­pa­to.

Cha­cun dis­pose de son champ d’ac­tion. Jean Prin­ci­pa­to se charge de l’ad­mi­nis­tra­tif, Gé­rard Ga­con du spor­tif et Ch­ris­tophe Bar­nay des fi­nances et de l’école de rug­by. « Cha­cun pos­sède ses propres ré­seaux, ce­la per­met de mul­ti­plier les le­viers », constate Jean Prin­ci­pa­to. Pour être en phase, les trois hommes com­mu­niquent beau­coup.

Pour les pré­si­dents, en so­lo, en duo ou en trio, le but ul­time reste le même : la bonne san­té de leur club.

PHOTO GEORGES BURELLIER

ORIEN­TA­TION. En juin 2016, L’AS Roanne rug­by était confron­tée à de gros pro­blèmes fi­nan­ciers. Face à cette dif­fi­cul­té, le club a choi­si d’op­ter pour une co-pré­si­dence. Ch­ris­tophe Bar­nay (ici avec Pan Carp l’entraîneur de la une), Gé­rard Ga­con et Jean Prin­ci­pa­to (de dos) ont re­pris les rênes du club.

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